AVIGNON FESTIVAL & COMPAGNIES : IMPUISSANCE AFFICHEE

CONFERENCE DE PRESSE D’AF&C du 27 juillet 2012 / AVIGNON FESTIVAL OFF.

Vendredi 27 juillet, AF&C (Avignon Festival & Compagnies) donnait sa conférence de presse habituelle de fin de festival, devant un parterre clairsemé -et bien informé- d’invités. Une conférence en forme de soi-disant bilan, où il n’était question de rien ou presque, pendant laquelle AF&C affichait comme il est de coutume une satisfaction non dissimulée. En apparence seulement.

Passons sur l’accueil réservé à notre stagiaire, qui a bien failli ne pas pouvoir pénétrer l’enceinte du Village du Off, le BDO visiblement étant plutôt non-grata chez nos amis d’AF&C… Cela dit, agresser et tenter de piéger un pauvre jeune stagiaire sous le prétexte qu’il représente un support honni des responsables du Off est plutôt inélégant et surtout maladroit. Passons donc.

Devant donc une assemblée réduite à peau de chagrin soit tout au plus 25 personnes (forcément M. Germain s’est fait spécialité de n’inviter à ses "conférences de presse" que ceux de ses "amis", et encore…), notre cher président Greg Germain a donc exposé le merveilleux "bilan" du Off, bien entendu redevable à l’excellence de l’organisation d’AF&C.

En réalité, de "bilan" point. Ou presque. Comme à leur habitude, les membres du bureau d’AF&C ont beaucoup de mal à exprimer des chiffres. Les seuls chiffres prononcés ayant trait aux fameuses "Cartes du Off", soit paraît-il 46 561 cartes vendues, ainsi que ceux, tout à fait invérifiables, des professionnels et autres journalistes accrédités : soit, toujours selon cette association à la transparence comptable légendaire, 1 476 programmateurs, 1 362 prescripteurs, 623 journalistes et 313 institutionnels.

Inutile de vous dire que pour avoir accès à la réalité de ce chiffrage qui se voudrait impressionnant, ce sera une autre paire de manches. D’ailleurs la compta d’AF&C n’est toujours pas consultable, pas même publiée auprès des membres, et ce malgré l’insistance et les demandes réitérées depuis plusieurs années par un certain nombre d’entre eux, et pas des moindres… Mystère et vertige de la comptabilité d’AF&C…

Visiblement, de problèmes pour cette édition 2012 il n’y avait pas non plus : la chute de fréquentation ? Une vue de l’esprit. La défection de certains des membres de la collégialité ? Mensonge et racontars. Les ennuis avec certaines administrations sourcilleuses de l’Etat ? Calomnies… Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et AF&C se porte au mieux.

Le soi-disant "plus grand théâtre du monde" (il faudrait d’ailleurs cesser d’énoncer cette contre-vérité : le Fringe d’Edinburgh totalise 2200 spectacles, soit le double du Off d’Avignon), tel que le définit Greg Germain, se porterait comme un charme ! La preuve : au 28 juillet, l’on trouve encore des piles de programmes dans les lieux et jusque dans la rue des Teinturiers, alors que l’an passé il n’y en avait plus dès la fin de la deuxième semaine. Un programme imprimé au même tirage que l’an passé…

Quant à l’avenir d’AF&C, nul n’en a parlé. Comme si cela allait de soi, alors que nous savons tous que chacun essaye de quitter le navire avant qu’il ne sombre définitivement, sous la pression de quelques uns et unes plutôt haut-placés, dont le seul désir est de voir renouveler cette équipe dirigeante, qui avoue à chaque instant son incapacité et son impuissance à faire évoluer le Off.

Impuissance qu’assument sans complexe M. Germain et ses dévoués, qui ne peuvent rien à la médiocrité des spectacles, à la baisse de fréquentation, aux arnaques des loueurs de créneaux auprès des compagnies, bref à rien de rien… Et dont on se demande vraiment à quoi -ou qui- ils servent alors.

Marc Roudier

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Comments
3 Responses to “AVIGNON FESTIVAL & COMPAGNIES : IMPUISSANCE AFFICHEE”
  1. C’est plutôt un règlement de comptes qu’un "papier" sur le bilan du Off.
    Peut-être avez-vous de justes reproches à faire à AF&C et à son équipe; peut-être les chiffres de fréquentation sont-ils un peu approximatifs (et même gonflés?), encore que, venant depuis des années au festival et m’y trouvant cette année du 19 au 26, donc après le pic du 14 juillet, j’ai au contraire été frappé par l’abondance du public et le bon remplissage des salles.
    Mais le problème n’est pas là. Il est d’abord dans la médiocrité de nombreux spectacles, qui condamné un spectateur non chevronné et systématique (tenant par exemple un fichier des spectacles vus chaque année, avec nom de la troupe, des interprètes et metteur en scène, auteur – quand ce n’est pas un texte classique ou déjà connu…) à tomber sur des navets ou de calamiteuses interprétations. Et encore, même ainsi, un accident est toujours possible.
    Mais à cela, que peut AF&C ? Faire une sélection ? Sur quels critères ? Ce serait la négation même d’une manifestation ouverte comme le Off. Et se mettre sous la coupe de programmeurs décideurs qui, comme dans le In, imposent ad nauseam leurs conceptions, leurs obsessions, leurs copinages. Merci bien !
    "Le Bruit du Off" nous est utile. Il le serait encore davantage en évitant de jouer aux prescripteurs autoritaires.
    Ne tuez pas le Off en lui demandant de n’être plus lui-même. Aidez-le au contraire à faire émerger le meilleur du théâtre.

    • Nous essayons de l’aider, cher Charles, ne croyez pas le contraire ! C’est pourquoi nous nous attachons à être exigeants, nonobstant les esthétiques et les genres : je ne pense pas que pour autant il ne faille -un peu, avouez- être un minimum critiques et parfois même vindicatifs, à l’égard d’une organisation qui laisse filer les choses comme si elles ne les concernaient pas… Après tout, nul ne les a jamais obligés à en prendre les "commandes".

      Quant au Off, justement, et malgré l’injonction bénedettienne des origines qui consistait à ne prétendre à aucun jugement, aucune censure, aucun interventionnisme, nous pensons au contraire qu’il lui serait fort bénéfique de retrouver un peu de sa substance, et en tout cas de ce qui a présidé à sa naissance : à savoir un laboratoire d’expérience théâtrale, un événement en soi qui fut plus novateur et créatif que ne l’était alors le "In" de l’époque…

      Il se trouve qu’actuellement c’est exactement le contraire : l’expérimentation, la nouveauté, le risque sont dans les créations du "In". Et le Off se meurt pendant ce temps de la soupe misérablement mercantile qu’elle sert, sans idées ni la moindre parcelle de Théâtre. Cruel constat, mais malheureusement exact.

      Enfin, pour en revenir à cette dialectique Sélection/non sélection, et pour achever de vous répondre : nous prenons les devants, et devant l’immobilisme d’AF&C et de ceux qui les agréent, nous avons décidé, de notre propre chef et en toute liberté, de créer LABEL OFF®, un marqueur indépendant et gratuit que nous attribuerons désormais chaque année aux spectacles de qualité -quels que soient leur "genre"- et aux salles qui font leur job, recensés sur un site dédié : http://www.labeloff.net

      Merci pour votre commentaire Charles,
      et merci de lire le BDO…

      Bien à vous,
      E.Z.

      • Bien noté. Votre idée est bonne. Il faut contribuer à porter les bons spectacles et dénoncer les très mauvais.
        Bonne chance dans votre entreprise, donc !
        Bien cordialement à vous,

        Charles

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