AVIGNON OFF 2011 : Hélas pas de miracles !

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Un bilan plutôt mitigé pour cette édition 2011, morne et sans surprise. Hélas, il semble bien qu’il n’y ait pas eu de miracles, ni dans les salles, ni dans la rue…

Une fréquentation en berne, quoiqu’en dise de manière surréaliste Greg Germain, beaucoup de salles ayant perdu environ 10% de leur taux de remplissage par rapport à l’an passé. Les soi-disant 100 000 visiteurs en plus du président d’AF&C, chiffre estimé plus qu’à la louche mais au bulldozer, ne sont dans la réalité qu’une vue de l’esprit ou un pieux souhait.

Nous ne reviendrons pas sur les raisons qui font que ce Off est de plus en plus boudé par un public informé du théâtre, exigeant, et qui désespère de la médiocrité des propositions… Nous en avons déjà largement évoqué les causes, et malheureusement rien n’a changé en 2011 : les mêmes causes produisant les mêmes effets…

Côté spectacles, donc pas de miracles : le niveau moyen des propositions est vraiment au plus bas : spectacles rejoués depuis 10 ans sans ciller, et sans en changer un millimètre, comédies vulgaires en abondance, solos indigents, sont malheureusement de plus en plus la “marque” du Off d’Avignon.

Pour notre part, et en guise de mise au point à l’adresse des mauvaises langues (ou des mauvais coucheurs), nos six chroniqueurs spectacles, de sensibilité et de ligne esthétique différentes, ont vu dans le Off 2011, après une présélection serrée mais ouverte, plus de 120 propositions, en ont chroniqué 80, pour en retenir au final 42 qu’ils ont réellement appréciées. Autant dire que ce n’est pas Bysance !

Hélas, trois fois hélas, le manque d’imagination de ces compagnies qui ne se servent du Off que comme d’un marché, au détriment de la recherche et de la créativité, est à mettre en cause au premier chef. La paresse intellectuelle des uns et des autres, les programmateurs comme le public, achevant de nous conforter dans cette mauvaise impression qu’il ne se passe, désormais, plus grand chose d’excitant dans le Off.

Certes, quelques très bons spectacles ont relevé ce sentiment d’abandon généralisé du théâtre, au profit des mauvais marchands de soupe : nous les avons chroniqués avec enthousiasme, et ils figurent en bonne place dans notre “Top des Spectacles”. Citons, pour mémoire, les excellents Urgent Crier, Seconde surprise de l’amour, Rhinocéros, Si Siang Ki, Forever Young, Pansori Brecht, The Keyman, Premier amour ou La Fête… qu’il fallait voir absolument. Sans oublier certains tout aussi bons, La Mastication des morts, Grammaire des mammifères, Le Songe d’une nuit d’été, On ne paie pas !… et quelques autres encore qui font notre sélection définitive.

Mais de réelle découverte, ce petit miracle tant attendu, hélas point. Dommage, car le Off devrait être ce territoire fabuleux de défrichage du théâtre de demain, un lieu ouvert aux découvertes et aux surprises. Il le fut, jadis, et nous regrettons tous ce qu’il est devenu… Espérons le retrouver ainsi bientôt, fort, puissant et beau, et débarrassé de tout ce qui le salit.

Souhaitons donc que l’édition 2012 compense la déception vécue dans celle-ci, un Off 2011 un peu raté, qui ne restera pas dans les mémoires.

Longue vie au Off ! Et à l’année prochaine…

Sophie Héliot, ce 31 juillet 2011

Photo : le superbe Au moins j’aurai laissé un beau cadavre de Vincent Macaigne, création pour le 65e Festival d’Avignon.

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AF&C : Compagnies, pour la défense du Off, adhérez avant ce soir !

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C’est aujourd’hui 31 juillet la date limite d’adhésion à AF&C ! Compagnies et artistes, de votre implication dans AF&C en tant qu’adhérent, dépendent les changements indispensables que le Off et tout son public attendent de vous !

Un petit pouvoir qui peut tout bouleverser : à commencer par balayer la mauvaise équipe dirigeante d’AF&C, prévaricatrice et inutile… Des dates du Off qui ne vous conviennent pas (est évoqué un Off 2012 qui terminerait le 4 août ! une aberration) ? Une “organisation” que vous jugez, comme nous, défectueuse, uniquement au service de son président et de ses lieutenants ? Une politique de location de salles scandaleuse ? Une communication qui ne sert ni les artistes ni les compagnies, ni les spectacles ? un accueil déplorable ? Une qualité des spectacles en berne, due à la trop grande prolifération de spectacles racoleurs et vulgaires ?…

Tout ceci et plus encore est donc entre vos mains. Amis des compagnies, impliquez-vous, adhérez à AF&C avant ce soir et allez voter !

Bonjour à tous,
Pour 2011-2012, nous vous rappelons que les demandes d’adhésion à l’association Avignon Festival & Compagnies – Le OFF seront clôturées le dimanche 31 juillet 2011, à la fin du festival.
Si vous souhaitez adhérer, merci de nous retourner rapidement le bulletin de demande d’adhésion complété (en document-joint) accompagné du chèque d’adhésion (d’un montant de 70 € pour les théâtres et de 30 € pour les compagnies) aux bureaux d’AF&C : 64, rue Thiers – Bâtiment A 84 000 Avignon AVANT le dimanche 31 juillet 2011.

Sophie Héliot, ce 31 juillet

AVIGNON OFF 2011 : AF&C, ou le combat perdu des dates du festival

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Nous avons décidé de publier avec son accord ce point de vue de Frédéric Muhl Valentin, metteur en scène des Carboni (actuellement au Théâtre des Carmes avec leur “Sarvil”), qui vient de nous parvenir :

AF&C a perdu un combat mené depuis des années, le combat des dates du festival.

Un off est toujours une manifestation en marge d’un événement officiel. Le Off d’Avignon a toujours existé en parallèle du Festival d’Avignon et sensiblement sur les même dates. Il a extraordinairement grossi, devenant par la même plus important, en nombre de spectacles et en retombés économiques.

Greg Germain et Bernard Le Corff ont vu le coup à jouer en décalant les dates du festival, malheureusement des centaines de compagnies ont perdu du public la dernière semaine. AF&C a ignoré l’alerte. A coup de centaines de milliers d’euros monsieur Le Corff veut faire croire que le festival off est le plus grand festival du monde. Mais ce 26 juillet France Inter et France Info annoncent la fin du festival. Pire, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat en charge du Commerce et du Tourisme à côté de Marie-Josée Roig, annonce lui aussi la fin du festival.

Nous pensions que Greg Germain avait mieux cadré les esprits de ses amis politiques. Nous avions pensé que Greg Germain manipulait tout cela dans des officines médiatiques. Eh bien non, Greg Germain n’est que le général en déroute d’un journal qui a du mal à fédérer ce qui pourrait être le plus grand festival du monde.

Frédéric Muhl Valentin
Metteur en scène des Carboni.
Ancien vice président des cies d’AF&C.

AF&C : Une Charte pour le Off ? Mon oeil !

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LE BILLET d’A. Héliot

Poudre aux yeux et foutage de gueule. Y a pas à dire, AF&C s’y entend pour mener le chaland en bateau ! Un culot monstrueux et une mauvaise foi totale qui, s’ils impressionnent les naïves compagnies qui font le Off pour la première fois, ne trompent pas les vieux briscards, publics ou artistes du Off aguerris, échaudés par la gestion calamiteuse de ce Off depuis quelques années, qui ne ressemble plus qu’à une très mauvaise foire au bénéfice de quelques profiteurs, loueurs de salles et “producteurs” réunis en confrérie d’AF&C.

Une Charte du Off donc, véritable Mireille du Off d’Avignon depuis toutes ces années de fonctionnement sous la bannière AF&C, déjà inscrite dans les carnets d’Alfa, la précédente association “organisatrice”, et jamais réalisée. Mais que l’on continue d’agiter comme un hochet au nez des compagnies et du public, hier 28 juillet encore une fois, sans concrétisation aucune.

Et pour cause. Car, quel intérêt les patrons d’AF&C auraient-ils à l’existence d’une charte “morale”, alors qu’ils sont les premiers responsables de la déliquescence de ce festival, et du virage pris, voulu par eux, vers un marché dans ce qu’il a de plus capitalistique et de plus vulgaire ? Le fric, le fric, le fric…

Et le pouvoir. Plutôt qu’hypocritement prôner une moralisation du Off à l’usage exclusif des autres, AF&C ferait mieux de commencer par faire le ménage dans ses propres rangs. En tout premier lieu cet exécrable Bernard Le Corff, patron repus et vaniteux du Collège de la Salle, qu’il sous-loue à prix d’or aux compagnies, 64 créneaux vendus cette année ! Et dont la vacuité intellectuelle et l’inculture n’ont d’égale que la vénalité qu’il affiche dans la presse sans complexe.

Une Charte du Off, oui, mais sous la forme d’un grand coup de balai à ces marchands du temple sans scrupules, qui dirigent AF&C à seule fin de leurs intérêts bien compris. Commençons par là déjà, et ensuite nous pourrons reparler d’une nécessaire moralisation du Off.

Armand Héliot ce 29 juillet

Photo : la fine équipe des administrateurs d’AF&C…

AVIGNON OFF 2011 : Dernière sélection, en ce 29 juillet…

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A deux jours de la clôture du Off d’Avignon, voici la liste définitive de ce que nous avons retenu du Off 2011, actualisée au 29 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent ce 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (Attention ! clôturent aujourd’hui 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On n’aura pas raté : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé / 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Electre (Présence Pasteur) Eloge de l’oisiveté (Doms), Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que deux jours… Bonne et festive fin de festival !

Sophie Héliot, ce 29 juillet 2011

Photo : FOREVER YOUNG / Jean-François Matignon / Cie Fraction / La Manutention du 12 au 22 juillet

 

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LE TOP du OFF 2011 : La Seconde surprise de l’amour à Villeneuve-en-scène

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La Seconde surprise de l’Amour, Compagnie Tandaim, à Villeneuve-en-scène, librement adaptée de Marivaux et Sophie Calle. Dernière ce soir 27 juillet…

VOIR AUSSI LA VIDEO :
http://www.dailymotion.com/embed/video/xeqclu
La seconde surprise de l'amour – MARIVAUX par CieTandaim

AVIGNON OFF 2011 : Notre sélection actualisée au 26 juillet

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DERNIERE SELECTION DANS LE OFF 2011

En ce jour de clôture du 65e Festival d’Avignon, voici la liste resserrée de ce que nous avons retenu du Off 2011, non définitive, actualisée au 26 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent le 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture (attention ! spectacles terminant le 28) : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (clôturent le 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène (terminent le 27) : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que quelques jours… Bonne fin de festival !

Sophie Héliot, ce 26 juillet 2011

Photo : Seconde surprise de l’amour / Compagnie Tandaim / Villeneuve-en-scène (DR)

AVIGNON OFF 2011 : Le goût amer de la défaite…

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L’HUMEUR d’A. Héliot

Nous voici arrivés à la 3e semaine de ce Off, presque une fin déjà. Qu’en conserverons-nous pour souvenir ? Une certaine impression de défaite… Voilà résumée en un seul terme toute la “saveur” de ce Off 2011. Le mot est fort certes, mais juste : défaite du Théâtre, d’abord, puisque désormais ce Off appartient à 90 % (comme le dit tout autant que nous Willem, hier dans La Provence) à la retape la plus vulgaire qu’il soit et aux mauvais spectacles…

Défaite du public, également, puisque celui-ci boude ostensiblement les salles. Et défaite des professionnels : programmateurs et journalistes, qui repartent vite fait de ce Off 2011, sans jamais n’avoir connu le moindre frisson…

Et puis, le jeu de mots est trop tentant, nous parlerons également de dé-fête… En ce sens que la fête festivalière qui caractérisait jusqu’alors ce Off d’Avignon, qui célèbre (!) cette année ses 44 ans, cette joie palpable qui animait la rue et la nuit d’Avignon au mois de juillet, n’est plus vraiment là non plus. Défaite encore, et désertion de ce public lassé d’un niveau plus que médiocre côté spectacles, et d’un accueil plus que limite des “organisateurs” de ce Off, l’association AF&C qui ne fait rien pour en améliorer et l’image et la qualité.

Exécrable Off 2011, qui ne donne plus rien à voir que sa propre misère, artistique, intellectuelle, morale, théâtrale… et un appétit outré pour les jeux de pouvoir et de fric.

Défaite absolue, oui. Pas ou peu de découvertes réelles, très peu de très bons spectacles tout court, à l’exception des 5 ou 6 (sur 1143 !) dont nous vous avons parlé… Où est le Théâtre dans tout cela, où est l’Art ? En réalité, le Off, une si belle idée à sa naissance, est devenu, “grâce” aux petits calculs d’AF&C, une foire mercantiliste qui vire au cauchemar…

Il suffit de se balader rue de la République pour constater combien le pire du Off s’est accaparé la voie publique, avec les parades racoleuses et misérables de ces salles lamentables, que sont le Paris ou le Palace (entre autres), qui phagocytent ce Off avec leurs spectacles indignes, et avec un état d’esprit qui n’a plus rien à voir avec l’énergie première de ce Festival…

La faute aux vraies bonnes compagnies, qui désertent Avignon (mais on les comprend), aux loueurs de salles, qui accumulent les richesses sans complexes, et surtout à l’association AF&C, en la personne de son président et de ses sbires, qui ne veut pas faire le tri, et cautionne donc, de fait, cette énorme et désolante farce qui ne fait plus rire personne.

Une défaite absolue dont l’équipe dirigeante d’AF&C doit rendre compte, l’indigence artistique et les intérêts de pouvoir et d’argent les caractérisant plus que jamais. Mais cela, seuls les artistes peuvent en décider vraiment, en reprenant leur destin en mains… S’ils le veulent.

Armand Héliot

LIEUX du OFF : Le Balcon

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LIEUX du OFF : La Manufacture

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OFF 2011 : Notre sélection des spectacles Off, actualisée au 22 juillet…

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On attaque la dernière semaine du Off, et jusqu’à présent du moins, rien n’est venu vraiment bouleverser nos chroniqueurs, nulle véritable découverte, même si certains spectacles sont excellents. Un Off mitigé donc, dont la qualité moyenne et la trop grande abondance, qui confine à l’absurde, ne font rien pour enthousiasmer le spectateur lambda, déjà fort morose cette année, si l’on s’en réfère à une rue sans entrain, désertée fort tôt nuitamment…

Voici donc notre nouvelle sélection, réactualisée, toujours non exhaustive et ouverte bien sûr, ce que nous vous conseillons vraiment dans cette édition 2011. Mise à jour au 22 juillet :

Au Théâtre des Halles : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Ruines vrai refuge (Théâtre Hongrois de Cluj), Que d’espoir ! (Du jour au lendemain) et peut-être le Don Juan que nous n’avons pas encore vu…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Drive In (Appel d’Air) une expérience en drive-in chorégraphique à tenter, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant…

Au Théâtre du Chêne Noir : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe, Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

A La Luna : Les Lois de la gravité (jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique…

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

A la Caserne des Pompiers : La Cantatrice chauve (Solentiname)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Maman revient pauvre orphelin (Stephane Valensi), Horowitz (mis) en pièces (Les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi, sans doute : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, La Résistible ascension d’Arturo Ui (Cie Umbral / Présence Pasteur), Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Eloge de l’oisiveté (Doms), Coalition (Doms), Notre politique de l’amour (Girasole), Résister c’est exister (François Bourcier / Collège de la salle), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Bonne fin de festival !

Sophie Héliot ce 22 juillet 2011

Photo : La Fête du Collectif De Quark à La Manufacture

AVIGNON OFF 2011 : L’arnaque copieuse du soi-disant Prix AF&C aux compagnies : décryptage

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L’HUMEUR d’a. héliot.

Pauvres compagnies ! Et pauvre Théâtre ! Ce Off, depuis qu’il fut phagocyté par Greg Germain et ses amis de la confrérie des loueurs de salles, n’est plus qu’une arnaque monumentale… Enfumage généralisé, abus de pouvoir, prévarications en tous genres et conflits d’intérêt flagrants et sans complexe animent les orientations de l’association AF&C…

Ainsi, le “Prix AF&C” du Fonds de soutien aux compagnies, attribué ce 14 juillet dernier. Comme l’an passé, allons voir un peu en détails les “heureux lauréats” de cette noble initiative… financée sur le dos du public qui abonde ce sommet de cynisme, à travers l’achat de la fameuse “carte Off” (Y compris et surtout dans les mauvais multiplex du Off, genre Le Paris, dont Greg Germain se félicite qu’ils lui fournissent, par l’intermédiaire de l’achat de la carte Off, une grosse part des recettes d’AF&C. Sans commentaire…).

Comment ça marche ? Il faut savoir que chaque année, un “appel d’offre” singulièrement peu public, est lancé auprès des compagnies susceptibles d’y concourir par l’association organisatrice AF&C. Evidemment, le peu des compagnies dans le secret, s’empressent de soumettre un dossier à cet aréopage “d’experts” qui constituent le jury du-dit prix, parmi lesquels, hormis quelques identités “de paille” servant à cautionner la forfaiture, rien de moins que les membres du bureau de l’association :

Dans l’ordre, Greg Germain (président d’AF&C et patron de la Chapelle du Verbe incarné), Danielle Vantaggioli (Vice-présidente, proprio immobilière et directrice des deux théâtres Le Chien qui fume et Le Petit chien), Isabelle Decroix (Trésorière et lauréate l’an passé avec sa boite de production “ID production” de l’un des 11 prix attribués en 2010), Bernard Le Corff (Secrétaire d’AF&C et directeur du Collège de la Salle), Raymond Yanna (Trésorier-adjointd’AF&C et directeur de l’Espace Alya) …

Passons donc sur leurs goûts de chiottes, pas étonnants lorsque l’on considère la programmation de leurs propres “théâtres”… Ce qui est plus intéressant, c’est à qui vont ces prix, et où ces spectacles se produisent…

Cette année, donc, les heureux lauréats comptent parmi leurs membres, tiens, surprise ! :

“Dancing Color Box”, qui se joue Collège de la Salle, “Enquête sur Hamlet” qui se joue au Petit Chien (Théâtre Le Chien qui Fume), “Vénus” donné à la Chapelle du Verbe Incarné, “Le Porteur d’Histoire”, production Mises en capsules, des copains d’Isabelle Decroix, (Théâtre des Béliers), “Mystère Pessoa, Mort d’un Hétéronyme” du Collectif Hinc&Hunc au Théâtre du Rempart, dont le servile, opportuniste et détestable directeur Sylvain Cano-Clémente, qui s’est démené comme un fou pour se répandre dans la presse régionale sur les scènes conventionnées d’Avignon, est en mal de reconnaissance et vise certainement une place au Collège permanent des théâtres d’AF&C…

Et aussi deux (!) productions de L’Entrepôt (!!) inconnues, données par des compagnies dont on a jamais entendu parler…

Soit sur 10 prix du “fonds de Soutien AF&C”, la moitié au moins qui le sont par pur intérêt, direct ou indirect, des membres dirigeants d’AF&C… Et encore, on ne connaît pas tous les dessous… ;)

Bref, comme l’an passé, il s’agit-là de purs arrangements entre amis, qui, une fois de plus, décrédibilisent complètement le Off, spolient les compagnies, et ne servent que les intérêts bien compris d’AF&C, de leurs dirigeants et de leurs amis…

Une pratique limite délictueuse qu’il va bien falloir un jour faire éclater au plein jour, pour peu que les artistes et la presse s’en préoccupent vraiment, tant cette affaire pue purement et simplement.

A. Héliot.

LA VIE DU OFF : Une édition sans pics, qui ronronne d’une douce torpeur

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LE BILLET de SOPHIE

Effectivement, c’est plutôt mou, dans ce Off 2011… Rien ne vient sortir le spectateur de sa torpeur estivale, pas plus l’ambiance qui cette année, est plutôt calme et sage, trop sage, comme si le spectateur lambda n’avait plus vraiment envie de faire la fête, que du côté des spectacles de ce Off, convenus, sans réelles surprises…

A l’exception de quatre ou cinq vraies et bonnes créations, dont on vous a déjà entretenu, pas de pics dans cette édition, pas ou très peu de ces spectacles qui font le buzz rapidement, et que l’on s’empresse de relayer dans la rue.

Une édition plutôt morne donc, comme si la joie festivalière n’était plus vraiment au rendez-vous. A l’exception de ces troupeaux qui se bousculent devant les plus mauvaises salles du Off, qui elles cartonnent avec le pire “théâtre” privé, genre “Faites l’amour avec un Belge” ou “Ma femme s’appelle Maurice”…

La lie de ce Off qui peu à peu gagne du terrain, un peu plus chaque année, et finira par tout absorber, et faire fuir le festivalier, le vrai, amateur de Théâtre et nostalgique d’une certaine magie avignonnaise… Qui hélas, à l’image du Théâtre, disparaît doucement.

Sophie Héliot

AVIGNON 2011 : Le ballet indécent des politiques, une farce tragi-comique

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LE BILLET DU JOUR

Avignon en quelques jours est devenu le spot favori des politiques. Comme toujours, ceux-ci se font un devoir de visiter leurs (futures) ouailles, afin de leur porter la bonne parole du vent frais de la Culture… Ah ! La Culture ! Voilà un bon sujet, mon cher, prompt à faire rêver les masses, et se réconcilier l’élite pensante de France…

Les Politiques adorent le Festival, car en bon comédiens qu’ils sont, ils comprennent que se joue-là dans ce théâtre gigantesque, tous les enjeux symboliques de la représentation, qu’ils transfèrent à leur propre univers étriqué.

Quelle scène ! Quel théâtre ! Quelle tribune pour ces prétendants à un trône fantasmé… Quel lieu propice à la tragédie qui s’annonce, une tragédie à la Shakespeare, farce énorme où l’on se trahit gaiement, l’on s’assassine en riant, où l’on baise sans compter, le bon peuple culturel comme ses ennemis en infamie, et où l’on finit par se baiser entre amis, dans l’outrance et la démesure… Bouffonnerie, tartufferie, Hamletterie…

Pauvres petits politiciens, qui, s’ils viennent ici avec leur carnet de chèque et des promesses que le mistral aura tôt fait d’emporter, repartiront bien vite vers d’autres scènes, certes plus petites, moins brillantes, oubliant aussitôt leurs discours enflammés, leurs déclarations énamourées à une Culture dont ils aimeraient bien qu’elle les serve, plutôt que de la servir, et qu’au fond ils méprisent profondément…

Une Culture qui le leur rend bien, elle qui par eux-mêmes se fait baiser depuis des décennies, dans l’indifférence générale…

Fin de représentation.

Eléonor Zastavia

Avignon Off 2011 : Comme chaque année, arnaques, prévarications et petites magouilles sont au rendez-vous…

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L’HUMEUR de a. héliot

AF&C a déjà attribué ses “Prix du Off” aux compagnies… On se demande bien comment, en huit jours à peine, ont-ils eu le temps de visionner la cinquantaine de spectacles qui s’étaient inscrits -naïvement- au “concours” de cette vaste fumisterie !

L’an passé déjà, les prix du Off furent attribués -comme par hasard- exclusivement aux spectacles, soit promus par les productions des membres du bureau d’AF&C, soit à ceux passant dans les salles appartenant aux membres de ce même bureau… Un enfumage typique de Greg Germain et de ses sbires aux commandes d’une association qu’ils ont raptée aux artistes et compagnies fondatrices du Off, à commencer par le regretté André Benedetto…. Mais on vous en reparle en détails.

Et puisqu’on parle d’éthique, soi-disant le dada du président auto-proclamé du Off, quand Messieurs Germain, Le Corff et consorts prendront t-il la décision d’exclure définitivement du programme d’AF&C, comme les statuts de l’association le prévoient en ce cas flagrant de manquement moral, ces marchands du temple qui arnaquent le spectateur en lui facturant l’appel résa au prix d’un numéro surtaxé (un 08 qui vous coûte 1,35 euros l’appel + 0,34 centimes la minute supplémentaire) ?

Je demande pour ma part l’exclusion définitive et sans appel de ces tauliers sans scrupules : à commencer par les Chevaliers du Fiel, mauvais humoristes et propriétaires de deux des trois salles les plus putassières du Off : Le Paris et Le Capitole, que le florilège de “spectacles” beaufs et avilissants, par eux-mêmes “programmés”, devrait déjà suffire à virer, et dont le misérable talent d’entrepreneurs de spectacles, si lucratif qu’il soit, n’arrivera jamais à les sauver de l’indigence artistique absolue qui est la marque de leur pratique d’amuseurs publics…

D’autant que les mêmes, déjà l’an dernier, ont bénéficié pour leur installation au Paris d’une scandaleuse subvention (70 000 euros tout de même !) attribuée généreusement sur le dos du contribuable local par Marie-José Roig, leur amie et visiblement fan inconditionnelle. Une forfaiture (il s’agit de deniers publics pour une entreprise privée) que M. Germain n’a jamais daigné dénoncer, comme il se doit…

Mais il est vrai que la mairesse est également une de ses groupies, et qu’elle lui offre libéralement, et depuis trop longtemps, la gratuité de sa salle de “la Chapelle du Verbe incarné” à l’année, qui appartient de fait à la ville et ne sert strictement à personne 11 mois sur 12…

Bref, cette année comme les précédentes, AF&C, “organisateurs” du soi-disant “plus grand théâtre du monde” (tu parles !) continuent, sur le dos des compagnies et du public, ce qu’ils ont entrepris de réaliser depuis le début de la mandature Germain : l’anéantissement pur et simple du Off sous l’ordure de la logique mercantiliste la plus abjecte…

Il faudra bien un jour qu’ils rendent des comptes : cette liquidation pure et simple du théâtre, du vrai, au nom des intérêts de quelques uns a assez duré.

A. Héliot.

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