AF&C : Compagnies, pour la défense du Off, adhérez avant ce soir !

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C’est aujourd’hui 31 juillet la date limite d’adhésion à AF&C ! Compagnies et artistes, de votre implication dans AF&C en tant qu’adhérent, dépendent les changements indispensables que le Off et tout son public attendent de vous !

Un petit pouvoir qui peut tout bouleverser : à commencer par balayer la mauvaise équipe dirigeante d’AF&C, prévaricatrice et inutile… Des dates du Off qui ne vous conviennent pas (est évoqué un Off 2012 qui terminerait le 4 août ! une aberration) ? Une “organisation” que vous jugez, comme nous, défectueuse, uniquement au service de son président et de ses lieutenants ? Une politique de location de salles scandaleuse ? Une communication qui ne sert ni les artistes ni les compagnies, ni les spectacles ? un accueil déplorable ? Une qualité des spectacles en berne, due à la trop grande prolifération de spectacles racoleurs et vulgaires ?…

Tout ceci et plus encore est donc entre vos mains. Amis des compagnies, impliquez-vous, adhérez à AF&C avant ce soir et allez voter !

Bonjour à tous,
Pour 2011-2012, nous vous rappelons que les demandes d’adhésion à l’association Avignon Festival & Compagnies – Le OFF seront clôturées le dimanche 31 juillet 2011, à la fin du festival.
Si vous souhaitez adhérer, merci de nous retourner rapidement le bulletin de demande d’adhésion complété (en document-joint) accompagné du chèque d’adhésion (d’un montant de 70 € pour les théâtres et de 30 € pour les compagnies) aux bureaux d’AF&C : 64, rue Thiers – Bâtiment A 84 000 Avignon AVANT le dimanche 31 juillet 2011.

Sophie Héliot, ce 31 juillet

AF&C : Que de la bouche !

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L’HUMEUR D’A. Héliot

Encore une fois, l’on pince Greg Germain la main dans le sac… de mensonges et d’approximations. Ce coup-ci, c’est dans La Provence d’aujourd’hui 30 juillet que ce monsieur répand sa mégalomanie galopante en une avalanche de chiffres tous plus extrapolés les uns que les autres. Un culot monstrueux dont il aurait effectivement tort de se déprendre, sachant pertinemment que pas un de ses interlocuteurs n’osera mettre sa parole en doute.

Chaque année, la tradition veut que le président d’AF&C dresse le “bilan” de l’édition qui se termine. Et comme à l’accoutumée, il se livre donc à une arithmétique vertigineuse -certes sous conditionnel- cascade de chiffres toujours plus mirobolants, censés prouver “l’excellence” de son magistère.

Hélas, comment croire ses chiffres de fréquentation du Off, lorsque l’on sait que cette information n’est absolument pas vérifiée auprès des principaux intéressés, à savoir les salles de spectacle ! Comment Greg Germain fait-il pour annoncer ces résultats parfaitement fantaisistes (ce monsieur “estime” une augmentaion de 100 000 spectateurs) sans qu’aucune enquête n’ait été réalisée auprès des salles, et sans qu’aucun bilan comptable n’ait été tiré dans les théâtres eux-mêmes ? Et pour cause : 1) le Off n’est pas encore terminé, 2) les comptabilités dans la plupart des salles ne sont pas encore purgées. C’est le cas notamment dans deux gros théâtres d’Avignon, qui viennent tout juste de fermer et n’ont pas encore eu le temps d’analyser leurs comptes. Et encore moins de les communiquer, aucune demande en ce sens ne leur ayant jamais été faite, pas plus cette année que les précédentes…

Autre scandale, celui des cartes Off. Là, effectivement, le chiffre de M. Germain devrait être réputé fiable (quoique, la compta de cette association étant tout sauf transparente…), puisque il intéresse au tout premier chef l’association AF&C, seule bénéficiaire de cette manne considérable. Rappelons que les compagnies, qui supportent seules l’effort de la ristourne concédée aux détenteurs de la carte, ne touchent pas un kopeck en retour de cette opération de com, destinée à remplir copieusement les caisses de l’association ! Mais le scandale réside bien dans cette appropriation autoritaire d’une recette réalisée sur le dos des artistes, dont la destination est plus que jamais au bénéfice exclusif d’AF&C.

Autre mensonge : Monsieur Germain certifie péremptoirement -et sans que le journaliste de La Provence ne le contredise*- que toutes les salles louent leurs créneaux : Faux ! Le plus gros théâtre du Off avec sa jauge de 288 places, le Chêne Noir, pratique exclusivement le partage de recettes, et ce depuis toujours. Un partage des risques, pure coréalisation, sans aucun plancher de recettes, à l’inverse de ce que d’autres salles font, n’hésitant pas à parler à tort de coréalisation. Et ce théâtre (36 000 spectateurs en 2010 à lui seul) n’est pas le seul à Avignon à faire ainsi.

Mais arrêtons là : la liste des mensonges de monsieur Germain** et de son “directoire” est bien trop longue. Ce qui est remarquable, en revanche, c’est que la presse locale jamais n’ose lui opposer un quelconque contredit, prenant ses assertions pour argent comptant…

Un mystère de plus dans cette gestion surréaliste d’AF&C, qui visiblement, n’a de comptes -de vrais- à rendre à personne, et n’en fait qu’à sa tête, au mépris des artistes, des compagnies et du public qui la font vivre.

Armand Héliot

* Joël Rumello : Comment le rédacteur-en-chef adjoint de La Provence peut-il laisser dire cela (à propos des coréalisations) à Greg Germain, sans aucun contredit en encadré, alors qu’il sait pertinemment que ce qu’affirme monsieur Germain est faux ? (Il connaît parfaitement la pratique habituelle du Chêne Noir, Gérard Gelas le lui ayant réaffirmée la veille, sans compter L’Adresse, par exemple, salle autogérée en mutuelle où tout est équitablement partagé entre les compagnies : les salles, le matériel, les techniciens, la com comme les recettes)… Joël Rumello a sa manière à lui de pratiquer le “journalisme”, fort peu déontologique.

** Toujours à ce sujet : Dans ce même papier de La Provence, Greg Germain affirme que lui seul fait réellement de la co-réalisation. Non seulement c’est faux, comme nous l’avons démontré, mais qui plus est, encore heureux que le directeur de la Chapelle du Verbe incarné ne sous-loue pas ses créneaux ! En effet, cette salle lui est gracieusement prêtée à l’année (et donc fermée 11 mois sur 12) par la Ville d’Avignon et sa mairesse. Manquerait plus qu’il la reloue !

AVIGNON OFF 2011 : AF&C, ou le combat perdu des dates du festival

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Nous avons décidé de publier avec son accord ce point de vue de Frédéric Muhl Valentin, metteur en scène des Carboni (actuellement au Théâtre des Carmes avec leur “Sarvil”), qui vient de nous parvenir :

AF&C a perdu un combat mené depuis des années, le combat des dates du festival.

Un off est toujours une manifestation en marge d’un événement officiel. Le Off d’Avignon a toujours existé en parallèle du Festival d’Avignon et sensiblement sur les même dates. Il a extraordinairement grossi, devenant par la même plus important, en nombre de spectacles et en retombés économiques.

Greg Germain et Bernard Le Corff ont vu le coup à jouer en décalant les dates du festival, malheureusement des centaines de compagnies ont perdu du public la dernière semaine. AF&C a ignoré l’alerte. A coup de centaines de milliers d’euros monsieur Le Corff veut faire croire que le festival off est le plus grand festival du monde. Mais ce 26 juillet France Inter et France Info annoncent la fin du festival. Pire, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat en charge du Commerce et du Tourisme à côté de Marie-Josée Roig, annonce lui aussi la fin du festival.

Nous pensions que Greg Germain avait mieux cadré les esprits de ses amis politiques. Nous avions pensé que Greg Germain manipulait tout cela dans des officines médiatiques. Eh bien non, Greg Germain n’est que le général en déroute d’un journal qui a du mal à fédérer ce qui pourrait être le plus grand festival du monde.

Frédéric Muhl Valentin
Metteur en scène des Carboni.
Ancien vice président des cies d’AF&C.

AVIGNON OFF 2011 : Dernière sélection, en ce 29 juillet…

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A deux jours de la clôture du Off d’Avignon, voici la liste définitive de ce que nous avons retenu du Off 2011, actualisée au 29 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent ce 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (Attention ! clôturent aujourd’hui 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On n’aura pas raté : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé / 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Electre (Présence Pasteur) Eloge de l’oisiveté (Doms), Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que deux jours… Bonne et festive fin de festival !

Sophie Héliot, ce 29 juillet 2011

Photo : FOREVER YOUNG / Jean-François Matignon / Cie Fraction / La Manutention du 12 au 22 juillet

 

Retrouvez-nous sue INFERNO, revue des scènes contemporaines

 

AVIGNON OFF 2011 : Notre sélection actualisée au 26 juillet

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DERNIERE SELECTION DANS LE OFF 2011

En ce jour de clôture du 65e Festival d’Avignon, voici la liste resserrée de ce que nous avons retenu du Off 2011, non définitive, actualisée au 26 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent le 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture (attention ! spectacles terminant le 28) : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (clôturent le 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène (terminent le 27) : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que quelques jours… Bonne fin de festival !

Sophie Héliot, ce 26 juillet 2011

Photo : Seconde surprise de l’amour / Compagnie Tandaim / Villeneuve-en-scène (DR)

AVIGNON OFF 2011 : Le goût amer de la défaite…

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L’HUMEUR d’A. Héliot

Nous voici arrivés à la 3e semaine de ce Off, presque une fin déjà. Qu’en conserverons-nous pour souvenir ? Une certaine impression de défaite… Voilà résumée en un seul terme toute la “saveur” de ce Off 2011. Le mot est fort certes, mais juste : défaite du Théâtre, d’abord, puisque désormais ce Off appartient à 90 % (comme le dit tout autant que nous Willem, hier dans La Provence) à la retape la plus vulgaire qu’il soit et aux mauvais spectacles…

Défaite du public, également, puisque celui-ci boude ostensiblement les salles. Et défaite des professionnels : programmateurs et journalistes, qui repartent vite fait de ce Off 2011, sans jamais n’avoir connu le moindre frisson…

Et puis, le jeu de mots est trop tentant, nous parlerons également de dé-fête… En ce sens que la fête festivalière qui caractérisait jusqu’alors ce Off d’Avignon, qui célèbre (!) cette année ses 44 ans, cette joie palpable qui animait la rue et la nuit d’Avignon au mois de juillet, n’est plus vraiment là non plus. Défaite encore, et désertion de ce public lassé d’un niveau plus que médiocre côté spectacles, et d’un accueil plus que limite des “organisateurs” de ce Off, l’association AF&C qui ne fait rien pour en améliorer et l’image et la qualité.

Exécrable Off 2011, qui ne donne plus rien à voir que sa propre misère, artistique, intellectuelle, morale, théâtrale… et un appétit outré pour les jeux de pouvoir et de fric.

Défaite absolue, oui. Pas ou peu de découvertes réelles, très peu de très bons spectacles tout court, à l’exception des 5 ou 6 (sur 1143 !) dont nous vous avons parlé… Où est le Théâtre dans tout cela, où est l’Art ? En réalité, le Off, une si belle idée à sa naissance, est devenu, “grâce” aux petits calculs d’AF&C, une foire mercantiliste qui vire au cauchemar…

Il suffit de se balader rue de la République pour constater combien le pire du Off s’est accaparé la voie publique, avec les parades racoleuses et misérables de ces salles lamentables, que sont le Paris ou le Palace (entre autres), qui phagocytent ce Off avec leurs spectacles indignes, et avec un état d’esprit qui n’a plus rien à voir avec l’énergie première de ce Festival…

La faute aux vraies bonnes compagnies, qui désertent Avignon (mais on les comprend), aux loueurs de salles, qui accumulent les richesses sans complexes, et surtout à l’association AF&C, en la personne de son président et de ses sbires, qui ne veut pas faire le tri, et cautionne donc, de fait, cette énorme et désolante farce qui ne fait plus rire personne.

Une défaite absolue dont l’équipe dirigeante d’AF&C doit rendre compte, l’indigence artistique et les intérêts de pouvoir et d’argent les caractérisant plus que jamais. Mais cela, seuls les artistes peuvent en décider vraiment, en reprenant leur destin en mains… S’ils le veulent.

Armand Héliot

OFF 2011 : Notre sélection des spectacles Off, actualisée au 22 juillet…

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On attaque la dernière semaine du Off, et jusqu’à présent du moins, rien n’est venu vraiment bouleverser nos chroniqueurs, nulle véritable découverte, même si certains spectacles sont excellents. Un Off mitigé donc, dont la qualité moyenne et la trop grande abondance, qui confine à l’absurde, ne font rien pour enthousiasmer le spectateur lambda, déjà fort morose cette année, si l’on s’en réfère à une rue sans entrain, désertée fort tôt nuitamment…

Voici donc notre nouvelle sélection, réactualisée, toujours non exhaustive et ouverte bien sûr, ce que nous vous conseillons vraiment dans cette édition 2011. Mise à jour au 22 juillet :

Au Théâtre des Halles : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Ruines vrai refuge (Théâtre Hongrois de Cluj), Que d’espoir ! (Du jour au lendemain) et peut-être le Don Juan que nous n’avons pas encore vu…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Drive In (Appel d’Air) une expérience en drive-in chorégraphique à tenter, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant…

Au Théâtre du Chêne Noir : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe, Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

A La Luna : Les Lois de la gravité (jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique…

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

A la Caserne des Pompiers : La Cantatrice chauve (Solentiname)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Maman revient pauvre orphelin (Stephane Valensi), Horowitz (mis) en pièces (Les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi, sans doute : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, La Résistible ascension d’Arturo Ui (Cie Umbral / Présence Pasteur), Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Eloge de l’oisiveté (Doms), Coalition (Doms), Notre politique de l’amour (Girasole), Résister c’est exister (François Bourcier / Collège de la salle), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Bonne fin de festival !

Sophie Héliot ce 22 juillet 2011

Photo : La Fête du Collectif De Quark à La Manufacture

AVIGNON OFF 2011 : L’arnaque copieuse du soi-disant Prix AF&C aux compagnies : décryptage

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L’HUMEUR d’a. héliot.

Pauvres compagnies ! Et pauvre Théâtre ! Ce Off, depuis qu’il fut phagocyté par Greg Germain et ses amis de la confrérie des loueurs de salles, n’est plus qu’une arnaque monumentale… Enfumage généralisé, abus de pouvoir, prévarications en tous genres et conflits d’intérêt flagrants et sans complexe animent les orientations de l’association AF&C…

Ainsi, le “Prix AF&C” du Fonds de soutien aux compagnies, attribué ce 14 juillet dernier. Comme l’an passé, allons voir un peu en détails les “heureux lauréats” de cette noble initiative… financée sur le dos du public qui abonde ce sommet de cynisme, à travers l’achat de la fameuse “carte Off” (Y compris et surtout dans les mauvais multiplex du Off, genre Le Paris, dont Greg Germain se félicite qu’ils lui fournissent, par l’intermédiaire de l’achat de la carte Off, une grosse part des recettes d’AF&C. Sans commentaire…).

Comment ça marche ? Il faut savoir que chaque année, un “appel d’offre” singulièrement peu public, est lancé auprès des compagnies susceptibles d’y concourir par l’association organisatrice AF&C. Evidemment, le peu des compagnies dans le secret, s’empressent de soumettre un dossier à cet aréopage “d’experts” qui constituent le jury du-dit prix, parmi lesquels, hormis quelques identités “de paille” servant à cautionner la forfaiture, rien de moins que les membres du bureau de l’association :

Dans l’ordre, Greg Germain (président d’AF&C et patron de la Chapelle du Verbe incarné), Danielle Vantaggioli (Vice-présidente, proprio immobilière et directrice des deux théâtres Le Chien qui fume et Le Petit chien), Isabelle Decroix (Trésorière et lauréate l’an passé avec sa boite de production “ID production” de l’un des 11 prix attribués en 2010), Bernard Le Corff (Secrétaire d’AF&C et directeur du Collège de la Salle), Raymond Yanna (Trésorier-adjointd’AF&C et directeur de l’Espace Alya) …

Passons donc sur leurs goûts de chiottes, pas étonnants lorsque l’on considère la programmation de leurs propres “théâtres”… Ce qui est plus intéressant, c’est à qui vont ces prix, et où ces spectacles se produisent…

Cette année, donc, les heureux lauréats comptent parmi leurs membres, tiens, surprise ! :

“Dancing Color Box”, qui se joue Collège de la Salle, “Enquête sur Hamlet” qui se joue au Petit Chien (Théâtre Le Chien qui Fume), “Vénus” donné à la Chapelle du Verbe Incarné, “Le Porteur d’Histoire”, production Mises en capsules, des copains d’Isabelle Decroix, (Théâtre des Béliers), “Mystère Pessoa, Mort d’un Hétéronyme” du Collectif Hinc&Hunc au Théâtre du Rempart, dont le servile, opportuniste et détestable directeur Sylvain Cano-Clémente, qui s’est démené comme un fou pour se répandre dans la presse régionale sur les scènes conventionnées d’Avignon, est en mal de reconnaissance et vise certainement une place au Collège permanent des théâtres d’AF&C…

Et aussi deux (!) productions de L’Entrepôt (!!) inconnues, données par des compagnies dont on a jamais entendu parler…

Soit sur 10 prix du “fonds de Soutien AF&C”, la moitié au moins qui le sont par pur intérêt, direct ou indirect, des membres dirigeants d’AF&C… Et encore, on ne connaît pas tous les dessous… ;)

Bref, comme l’an passé, il s’agit-là de purs arrangements entre amis, qui, une fois de plus, décrédibilisent complètement le Off, spolient les compagnies, et ne servent que les intérêts bien compris d’AF&C, de leurs dirigeants et de leurs amis…

Une pratique limite délictueuse qu’il va bien falloir un jour faire éclater au plein jour, pour peu que les artistes et la presse s’en préoccupent vraiment, tant cette affaire pue purement et simplement.

A. Héliot.

LA VIE DU OFF : Une édition sans pics, qui ronronne d’une douce torpeur

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LE BILLET de SOPHIE

Effectivement, c’est plutôt mou, dans ce Off 2011… Rien ne vient sortir le spectateur de sa torpeur estivale, pas plus l’ambiance qui cette année, est plutôt calme et sage, trop sage, comme si le spectateur lambda n’avait plus vraiment envie de faire la fête, que du côté des spectacles de ce Off, convenus, sans réelles surprises…

A l’exception de quatre ou cinq vraies et bonnes créations, dont on vous a déjà entretenu, pas de pics dans cette édition, pas ou très peu de ces spectacles qui font le buzz rapidement, et que l’on s’empresse de relayer dans la rue.

Une édition plutôt morne donc, comme si la joie festivalière n’était plus vraiment au rendez-vous. A l’exception de ces troupeaux qui se bousculent devant les plus mauvaises salles du Off, qui elles cartonnent avec le pire “théâtre” privé, genre “Faites l’amour avec un Belge” ou “Ma femme s’appelle Maurice”…

La lie de ce Off qui peu à peu gagne du terrain, un peu plus chaque année, et finira par tout absorber, et faire fuir le festivalier, le vrai, amateur de Théâtre et nostalgique d’une certaine magie avignonnaise… Qui hélas, à l’image du Théâtre, disparaît doucement.

Sophie Héliot

Avignon Off 2011 : Comme chaque année, arnaques, prévarications et petites magouilles sont au rendez-vous…

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L’HUMEUR de a. héliot

AF&C a déjà attribué ses “Prix du Off” aux compagnies… On se demande bien comment, en huit jours à peine, ont-ils eu le temps de visionner la cinquantaine de spectacles qui s’étaient inscrits -naïvement- au “concours” de cette vaste fumisterie !

L’an passé déjà, les prix du Off furent attribués -comme par hasard- exclusivement aux spectacles, soit promus par les productions des membres du bureau d’AF&C, soit à ceux passant dans les salles appartenant aux membres de ce même bureau… Un enfumage typique de Greg Germain et de ses sbires aux commandes d’une association qu’ils ont raptée aux artistes et compagnies fondatrices du Off, à commencer par le regretté André Benedetto…. Mais on vous en reparle en détails.

Et puisqu’on parle d’éthique, soi-disant le dada du président auto-proclamé du Off, quand Messieurs Germain, Le Corff et consorts prendront t-il la décision d’exclure définitivement du programme d’AF&C, comme les statuts de l’association le prévoient en ce cas flagrant de manquement moral, ces marchands du temple qui arnaquent le spectateur en lui facturant l’appel résa au prix d’un numéro surtaxé (un 08 qui vous coûte 1,35 euros l’appel + 0,34 centimes la minute supplémentaire) ?

Je demande pour ma part l’exclusion définitive et sans appel de ces tauliers sans scrupules : à commencer par les Chevaliers du Fiel, mauvais humoristes et propriétaires de deux des trois salles les plus putassières du Off : Le Paris et Le Capitole, que le florilège de “spectacles” beaufs et avilissants, par eux-mêmes “programmés”, devrait déjà suffire à virer, et dont le misérable talent d’entrepreneurs de spectacles, si lucratif qu’il soit, n’arrivera jamais à les sauver de l’indigence artistique absolue qui est la marque de leur pratique d’amuseurs publics…

D’autant que les mêmes, déjà l’an dernier, ont bénéficié pour leur installation au Paris d’une scandaleuse subvention (70 000 euros tout de même !) attribuée généreusement sur le dos du contribuable local par Marie-José Roig, leur amie et visiblement fan inconditionnelle. Une forfaiture (il s’agit de deniers publics pour une entreprise privée) que M. Germain n’a jamais daigné dénoncer, comme il se doit…

Mais il est vrai que la mairesse est également une de ses groupies, et qu’elle lui offre libéralement, et depuis trop longtemps, la gratuité de sa salle de “la Chapelle du Verbe incarné” à l’année, qui appartient de fait à la ville et ne sert strictement à personne 11 mois sur 12…

Bref, cette année comme les précédentes, AF&C, “organisateurs” du soi-disant “plus grand théâtre du monde” (tu parles !) continuent, sur le dos des compagnies et du public, ce qu’ils ont entrepris de réaliser depuis le début de la mandature Germain : l’anéantissement pur et simple du Off sous l’ordure de la logique mercantiliste la plus abjecte…

Il faudra bien un jour qu’ils rendent des comptes : cette liquidation pure et simple du théâtre, du vrai, au nom des intérêts de quelques uns a assez duré.

A. Héliot.

Au Chêne Noir : Quand Weber fait du Weber … Que du bon !

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VU : Eclats de vie / Jacques Weber / Théâtre du Chêne Noir / 19.30 h.

Jacques Weber revient donc vers nous avec ce spectacle, bric-à-brac truculent de textes d’auteurs et de ses propres réflexions. Non pas tant une véritable création qu’un aboutissement, dans cette ville qu’il aime tant, et ce lieu qu’il connaît bien pour y avoir joué, et où le theâtre est roi.

Jacques Weber ne tranche pas entre un theâtre de l’oralité, étalonné sur un Français mythique et fantasmé, et un autre, mieux ancré dans la modernité, qui serait celui du geste, physique ou performatif. En réalité, il se joue de tous les codes, sans ironie, si ce n’est celle qui consiste à franchement rire de lui et de ses frères en humanité… S’appropriant ainsi tout le Théâtre, rien que le Théâtre, dans une connivence certaine avec la salle.

Comme à son habitude le plateau paraît étroit tant le Monsieur prend de la place, son imposante carrure n’y étant pas pour rien, mais cela est surtout dû à cette générosité à l’égard de son public, à ce don à l’autre qui semblent illimités et qui sont vraiment la marque des grands comédiens…

Un Jacques Weber en intimité, d’une totale communion artistique avec ces textes classiques qu’il revisite magnifiquement, démystifiés par son seul talent de passeur… Tout alors devient accessible avec cet homme-là, et même passer du rire à l’émotion en une fraction de seconde, sur le même texte, le temps d’un soupir ou d’un silence.

Pierre Salles

* Pensez a réserver ! La salle est archi-comble. C’est Weber !

LA VIE DU OFF : Un petit tour de cette édition 2011 qui démarre mollement…

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LE BILLET DE SOPHIE

Voici presque une semaine que ce Off a commencé, et se profilent déjà quelques tendances. La rue, par exemple, est plutôt calme, impression générale que tout le public n’est pas encore au rendez-vous. Les salles ne sont pas vraiment pleines non plus, et même les spectacles qui devraient cartonner (style Caubère, Weber…) ne le font pas. Bon, espérons que cela soit simplement un démarrage en douceur, et que les théâtres retrouvent leur public dans les prochains jours…

Pour ce qui est du buzz de ces spectacles dont l’accumulation frise le trop-plein, l’impression, pour l’instant, est que rien ne se détache vraiment de manière aveuglante. Certes, de très bons bruits courent sur le Rhinocéros (excellent) de Timar, sur cette Grammaire des Mammifères qui se joue à La Manufacture, sur ce Demeurées à Villeneuve en Scène, sur également le beau Si Siang Ki de Gelas, ou aussi le Caubère (Urgent Crier) enlevé du Théâtre des Carmes. Mais bon, ce n’est pas encore l’hystérie !

La vie du Off, pour sa part, continue d’être ce qu’elle est chaque année : mauvaise humeur des spectateurs fort mal accueillis au Village du Off, grincements de dents des professionnels pour les mêmes raisons d’un accueil limite de la part d’AF&C ainsi que de nombreuses tracasseries, sans compter de multiples récriminations de la part de compagnies, qui se plaignent de leurs loueurs de salles… Rien que de très ordinaire, hélas, sous la mandature de M. Germain…

Et puis il y a ce scandale des standards de réservation, qu’a soulevé hier 12 juillet notre confrère Armand… Comment ces gens du Capitole, mais aussi du Paris ou du Laurette (ex-Funambule) peuvent-ils être aussi vénaux pour arnaquer le spectateur au moyen d’un numéro surtaxé ? Un petit jeu qui va leur rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le dos du public !

Bref, le Off vire de plus en plus à la foire commerciale, irrégulée, absolument pas arbitrée par ceux dont ce serait pourtant le rôle et qui laissent faire, sans vergogne.

Souhaitons qu’un jour les compagnies (les vraies), les artistes (les vrais) et le public reprennent ce Off en mains, ce festival qui leur appartient, et le ramènent à un destin plus conforme à l’idée qui a présidé à sa naissance, en 1967.

Bonne continuation à tous !

Sophie Héliot

* et en plus, en ce 13 juillet, il peut à grosses gouttes sur Avignon… :(

OFF 2011 : Quand une salle du Off copie TF1 et son standard téléphonique pourri… et très rémunérateur

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L’HUMEUR d’a. héliot

Il fallait l’inventer ! Le Capitole, non content d’être une des pires salles du Off, avec sa programmation lamentable de soi-disant “comédies” parisiennes à deux balles, en réalité un ramassis de pures merdes limite porno, s’est inventé un truc pour amasser encore plus de pognon : le standard de réservation qui rapporte.

Le principe est simple : lorsque vous appelez leur numéro de réservation, l’appel est facturé 1,35 euro au départ puis 34 centimes les minutes suivantes… On croît rêver !

Un bizness très lucratif, qui leur offre de petits à-côtés fort juteux…

Forcément, avec cette mentalité de marchands de viande, qui leur fait programmer tout et n’importe quoi pouvu que ça fasse du fric, il ne fallait pas s’étonner qu’une telle idée germe dans leurs petits cerveaux de maquignons de bas-étage…

Et que penser d’AF&C, qui est censée encadrer ce Off, et qui n’y trouve rien à redire ?

Ce Off atteint décidément les pires profondeurs… d’égout, pour le dire tel que c’est. Beurk.

A. Héliot

AVIS DE TEMPETE ! Lear et son fou au Théâtre des Carmes…

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VU : Lear et son fou / Jean-Claude Drouot/Serge Le Lay / Théâtre des Carmes – André Benedetto / 15h30 (Relâche le 14 juillet)

C’est un roi comme n’importe qui. Tout le monde est roi… sauf les fous.
A bord d’un improbable char à voile que pousse son fou, le roi traverse la lande.
En son propre royaume, déchu, Li n’est plus roi, il n’est plus que son propre fou.

Oublié de tous, vieux, usé et en guenilles, il demande pitié, il réclame justice. Fo, son fou, seul encore à le suivre dans sa déchéance, demeure le dernier balancier qui le maintienne en équilibre précaire au bord de la raison. Précaire, en effet, car « le vieux sanglier a vu ses défenses se tourner contre lui et pénétrer son cerveau ».

Répudié par ses deux filles aînées, qu’il avait faites ses héritières au détriment de la benjamine, Li revient se venger, prêt à déchainer les tempêtes, les ouragans et le feu du ciel sur ses filles. Hélas ! malgré sa fureur, Li ne déchaine rien et les seules craintes qu’il suscite sont celles de Fo pour sa santé.

Avec l’espoir, c’est la raison qu’il perd et la folie qui le gagne. Lorsqu’il arrive tel une Parque dans la robe mortuaire de sa défunte femme pour juger et condamner, c’est son procès qui commence.

Jean-Claude Drouot s’empare du texte de André Benedetto pour le prendre à bras le corps, s’en imprégner complètement et le faire sien ; et de fait il est possédé, il est la folie, il est la colère, il est la fureur… la douleur aussi. La force de son jeu vous cloue une heure et demie durant à votre siège, admiratif. Il place la barre très haut et son partenaire, Serge Le Lay, est à la hauteur du challenge. Il renvoie la balle avec légèreté, stoïque face au maelström.

La mise en scène, d’une redoutable efficacité est appuyée par des lumières et un habillage sonore d’une rare qualité qui donnent au décor minimaliste une profondeur étonnante.

Lear et son fou valent décidément le détour par la place des Carmes, c’est une leçon !

Franck Glatigny

AVIGNON OFF. De circonstance : Urgent Crier !

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VU : Urgent Crier / Caubère joue Benedetto / Théâtre des Carmes – André Benedetto / 20h00 (Relâche le 19 juillet)

Philippe Caubère incarne ici l’acteur, l’auteur, le metteur en scène et l’ami. Il revient ainsi sur près de cinquante ans d’histoire du Théâtre et de l’un de ses piliers, André Benedetto.

Il en évoque les racines et sa condition d’acteur méridional, nourri de soleil, de mer, de vent, de joutes et de taureaux. On sent le bouillonnement du sang, la force et la passion ; la passion et ses vicissitudes, de l’amour et du plaisir à la haine, la déception et la colère qui le pousseront à s’engager sur la voie du théâtre politique et à fonder le Off.

D’anecdotes en digressions savoureuses, Philippe Caubère nous entraine à la rencontre d’Antonin Artaud et Bertold Brecht, entre lesquels André Benedetto avait trouvé sa place, mais aussi de Jean Vilar et de Maïakovski.

Sur fond d’images d’archives et de musique tantôt psychédélique, tantôt andalouse, jusqu’à « The End » des Doors (jouée par Jérémy Campagne, brillant lui aussi), il ponctue cette narration de textes forts et poignants, de clins-d’œil aux régisseurs, il s’interroge, il interpelle, on se régale !

Franck Glatigny

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