AF&C : Que de la bouche !

2 Commentaires

L’HUMEUR D’A. Héliot

Encore une fois, l’on pince Greg Germain la main dans le sac… de mensonges et d’approximations. Ce coup-ci, c’est dans La Provence d’aujourd’hui 30 juillet que ce monsieur répand sa mégalomanie galopante en une avalanche de chiffres tous plus extrapolés les uns que les autres. Un culot monstrueux dont il aurait effectivement tort de se déprendre, sachant pertinemment que pas un de ses interlocuteurs n’osera mettre sa parole en doute.

Chaque année, la tradition veut que le président d’AF&C dresse le “bilan” de l’édition qui se termine. Et comme à l’accoutumée, il se livre donc à une arithmétique vertigineuse -certes sous conditionnel- cascade de chiffres toujours plus mirobolants, censés prouver “l’excellence” de son magistère.

Hélas, comment croire ses chiffres de fréquentation du Off, lorsque l’on sait que cette information n’est absolument pas vérifiée auprès des principaux intéressés, à savoir les salles de spectacle ! Comment Greg Germain fait-il pour annoncer ces résultats parfaitement fantaisistes (ce monsieur “estime” une augmentaion de 100 000 spectateurs) sans qu’aucune enquête n’ait été réalisée auprès des salles, et sans qu’aucun bilan comptable n’ait été tiré dans les théâtres eux-mêmes ? Et pour cause : 1) le Off n’est pas encore terminé, 2) les comptabilités dans la plupart des salles ne sont pas encore purgées. C’est le cas notamment dans deux gros théâtres d’Avignon, qui viennent tout juste de fermer et n’ont pas encore eu le temps d’analyser leurs comptes. Et encore moins de les communiquer, aucune demande en ce sens ne leur ayant jamais été faite, pas plus cette année que les précédentes…

Autre scandale, celui des cartes Off. Là, effectivement, le chiffre de M. Germain devrait être réputé fiable (quoique, la compta de cette association étant tout sauf transparente…), puisque il intéresse au tout premier chef l’association AF&C, seule bénéficiaire de cette manne considérable. Rappelons que les compagnies, qui supportent seules l’effort de la ristourne concédée aux détenteurs de la carte, ne touchent pas un kopeck en retour de cette opération de com, destinée à remplir copieusement les caisses de l’association ! Mais le scandale réside bien dans cette appropriation autoritaire d’une recette réalisée sur le dos des artistes, dont la destination est plus que jamais au bénéfice exclusif d’AF&C.

Autre mensonge : Monsieur Germain certifie péremptoirement -et sans que le journaliste de La Provence ne le contredise*- que toutes les salles louent leurs créneaux : Faux ! Le plus gros théâtre du Off avec sa jauge de 288 places, le Chêne Noir, pratique exclusivement le partage de recettes, et ce depuis toujours. Un partage des risques, pure coréalisation, sans aucun plancher de recettes, à l’inverse de ce que d’autres salles font, n’hésitant pas à parler à tort de coréalisation. Et ce théâtre (36 000 spectateurs en 2010 à lui seul) n’est pas le seul à Avignon à faire ainsi.

Mais arrêtons là : la liste des mensonges de monsieur Germain** et de son “directoire” est bien trop longue. Ce qui est remarquable, en revanche, c’est que la presse locale jamais n’ose lui opposer un quelconque contredit, prenant ses assertions pour argent comptant…

Un mystère de plus dans cette gestion surréaliste d’AF&C, qui visiblement, n’a de comptes -de vrais- à rendre à personne, et n’en fait qu’à sa tête, au mépris des artistes, des compagnies et du public qui la font vivre.

Armand Héliot

* Joël Rumello : Comment le rédacteur-en-chef adjoint de La Provence peut-il laisser dire cela (à propos des coréalisations) à Greg Germain, sans aucun contredit en encadré, alors qu’il sait pertinemment que ce qu’affirme monsieur Germain est faux ? (Il connaît parfaitement la pratique habituelle du Chêne Noir, Gérard Gelas le lui ayant réaffirmée la veille, sans compter L’Adresse, par exemple, salle autogérée en mutuelle où tout est équitablement partagé entre les compagnies : les salles, le matériel, les techniciens, la com comme les recettes)… Joël Rumello a sa manière à lui de pratiquer le “journalisme”, fort peu déontologique.

** Toujours à ce sujet : Dans ce même papier de La Provence, Greg Germain affirme que lui seul fait réellement de la co-réalisation. Non seulement c’est faux, comme nous l’avons démontré, mais qui plus est, encore heureux que le directeur de la Chapelle du Verbe incarné ne sous-loue pas ses créneaux ! En effet, cette salle lui est gracieusement prêtée à l’année (et donc fermée 11 mois sur 12) par la Ville d’Avignon et sa mairesse. Manquerait plus qu’il la reloue !

AVIGNON OFF 2011 : AF&C, ou le combat perdu des dates du festival

Commentaires Fermés

Nous avons décidé de publier avec son accord ce point de vue de Frédéric Muhl Valentin, metteur en scène des Carboni (actuellement au Théâtre des Carmes avec leur “Sarvil”), qui vient de nous parvenir :

AF&C a perdu un combat mené depuis des années, le combat des dates du festival.

Un off est toujours une manifestation en marge d’un événement officiel. Le Off d’Avignon a toujours existé en parallèle du Festival d’Avignon et sensiblement sur les même dates. Il a extraordinairement grossi, devenant par la même plus important, en nombre de spectacles et en retombés économiques.

Greg Germain et Bernard Le Corff ont vu le coup à jouer en décalant les dates du festival, malheureusement des centaines de compagnies ont perdu du public la dernière semaine. AF&C a ignoré l’alerte. A coup de centaines de milliers d’euros monsieur Le Corff veut faire croire que le festival off est le plus grand festival du monde. Mais ce 26 juillet France Inter et France Info annoncent la fin du festival. Pire, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat en charge du Commerce et du Tourisme à côté de Marie-Josée Roig, annonce lui aussi la fin du festival.

Nous pensions que Greg Germain avait mieux cadré les esprits de ses amis politiques. Nous avions pensé que Greg Germain manipulait tout cela dans des officines médiatiques. Eh bien non, Greg Germain n’est que le général en déroute d’un journal qui a du mal à fédérer ce qui pourrait être le plus grand festival du monde.

Frédéric Muhl Valentin
Metteur en scène des Carboni.
Ancien vice président des cies d’AF&C.

AF&C : Une Charte pour le Off ? Mon oeil !

1 Commentaire

LE BILLET d’A. Héliot

Poudre aux yeux et foutage de gueule. Y a pas à dire, AF&C s’y entend pour mener le chaland en bateau ! Un culot monstrueux et une mauvaise foi totale qui, s’ils impressionnent les naïves compagnies qui font le Off pour la première fois, ne trompent pas les vieux briscards, publics ou artistes du Off aguerris, échaudés par la gestion calamiteuse de ce Off depuis quelques années, qui ne ressemble plus qu’à une très mauvaise foire au bénéfice de quelques profiteurs, loueurs de salles et “producteurs” réunis en confrérie d’AF&C.

Une Charte du Off donc, véritable Mireille du Off d’Avignon depuis toutes ces années de fonctionnement sous la bannière AF&C, déjà inscrite dans les carnets d’Alfa, la précédente association “organisatrice”, et jamais réalisée. Mais que l’on continue d’agiter comme un hochet au nez des compagnies et du public, hier 28 juillet encore une fois, sans concrétisation aucune.

Et pour cause. Car, quel intérêt les patrons d’AF&C auraient-ils à l’existence d’une charte “morale”, alors qu’ils sont les premiers responsables de la déliquescence de ce festival, et du virage pris, voulu par eux, vers un marché dans ce qu’il a de plus capitalistique et de plus vulgaire ? Le fric, le fric, le fric…

Et le pouvoir. Plutôt qu’hypocritement prôner une moralisation du Off à l’usage exclusif des autres, AF&C ferait mieux de commencer par faire le ménage dans ses propres rangs. En tout premier lieu cet exécrable Bernard Le Corff, patron repus et vaniteux du Collège de la Salle, qu’il sous-loue à prix d’or aux compagnies, 64 créneaux vendus cette année ! Et dont la vacuité intellectuelle et l’inculture n’ont d’égale que la vénalité qu’il affiche dans la presse sans complexe.

Une Charte du Off, oui, mais sous la forme d’un grand coup de balai à ces marchands du temple sans scrupules, qui dirigent AF&C à seule fin de leurs intérêts bien compris. Commençons par là déjà, et ensuite nous pourrons reparler d’une nécessaire moralisation du Off.

Armand Héliot ce 29 juillet

Photo : la fine équipe des administrateurs d’AF&C…

AVIGNON OFF 2011 : Notre sélection actualisée au 26 juillet

5 Commentaires


DERNIERE SELECTION DANS LE OFF 2011

En ce jour de clôture du 65e Festival d’Avignon, voici la liste resserrée de ce que nous avons retenu du Off 2011, non définitive, actualisée au 26 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent le 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture (attention ! spectacles terminant le 28) : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (clôturent le 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène (terminent le 27) : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que quelques jours… Bonne fin de festival !

Sophie Héliot, ce 26 juillet 2011

Photo : Seconde surprise de l’amour / Compagnie Tandaim / Villeneuve-en-scène (DR)

AVIGNON OFF 2011 : Le goût amer de la défaite…

8 Commentaires

L’HUMEUR d’A. Héliot

Nous voici arrivés à la 3e semaine de ce Off, presque une fin déjà. Qu’en conserverons-nous pour souvenir ? Une certaine impression de défaite… Voilà résumée en un seul terme toute la “saveur” de ce Off 2011. Le mot est fort certes, mais juste : défaite du Théâtre, d’abord, puisque désormais ce Off appartient à 90 % (comme le dit tout autant que nous Willem, hier dans La Provence) à la retape la plus vulgaire qu’il soit et aux mauvais spectacles…

Défaite du public, également, puisque celui-ci boude ostensiblement les salles. Et défaite des professionnels : programmateurs et journalistes, qui repartent vite fait de ce Off 2011, sans jamais n’avoir connu le moindre frisson…

Et puis, le jeu de mots est trop tentant, nous parlerons également de dé-fête… En ce sens que la fête festivalière qui caractérisait jusqu’alors ce Off d’Avignon, qui célèbre (!) cette année ses 44 ans, cette joie palpable qui animait la rue et la nuit d’Avignon au mois de juillet, n’est plus vraiment là non plus. Défaite encore, et désertion de ce public lassé d’un niveau plus que médiocre côté spectacles, et d’un accueil plus que limite des “organisateurs” de ce Off, l’association AF&C qui ne fait rien pour en améliorer et l’image et la qualité.

Exécrable Off 2011, qui ne donne plus rien à voir que sa propre misère, artistique, intellectuelle, morale, théâtrale… et un appétit outré pour les jeux de pouvoir et de fric.

Défaite absolue, oui. Pas ou peu de découvertes réelles, très peu de très bons spectacles tout court, à l’exception des 5 ou 6 (sur 1143 !) dont nous vous avons parlé… Où est le Théâtre dans tout cela, où est l’Art ? En réalité, le Off, une si belle idée à sa naissance, est devenu, “grâce” aux petits calculs d’AF&C, une foire mercantiliste qui vire au cauchemar…

Il suffit de se balader rue de la République pour constater combien le pire du Off s’est accaparé la voie publique, avec les parades racoleuses et misérables de ces salles lamentables, que sont le Paris ou le Palace (entre autres), qui phagocytent ce Off avec leurs spectacles indignes, et avec un état d’esprit qui n’a plus rien à voir avec l’énergie première de ce Festival…

La faute aux vraies bonnes compagnies, qui désertent Avignon (mais on les comprend), aux loueurs de salles, qui accumulent les richesses sans complexes, et surtout à l’association AF&C, en la personne de son président et de ses sbires, qui ne veut pas faire le tri, et cautionne donc, de fait, cette énorme et désolante farce qui ne fait plus rire personne.

Une défaite absolue dont l’équipe dirigeante d’AF&C doit rendre compte, l’indigence artistique et les intérêts de pouvoir et d’argent les caractérisant plus que jamais. Mais cela, seuls les artistes peuvent en décider vraiment, en reprenant leur destin en mains… S’ils le veulent.

Armand Héliot

OFF 2011 : Notre sélection des spectacles Off, actualisée au 22 juillet…

1 Commentaire

On attaque la dernière semaine du Off, et jusqu’à présent du moins, rien n’est venu vraiment bouleverser nos chroniqueurs, nulle véritable découverte, même si certains spectacles sont excellents. Un Off mitigé donc, dont la qualité moyenne et la trop grande abondance, qui confine à l’absurde, ne font rien pour enthousiasmer le spectateur lambda, déjà fort morose cette année, si l’on s’en réfère à une rue sans entrain, désertée fort tôt nuitamment…

Voici donc notre nouvelle sélection, réactualisée, toujours non exhaustive et ouverte bien sûr, ce que nous vous conseillons vraiment dans cette édition 2011. Mise à jour au 22 juillet :

Au Théâtre des Halles : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Ruines vrai refuge (Théâtre Hongrois de Cluj), Que d’espoir ! (Du jour au lendemain) et peut-être le Don Juan que nous n’avons pas encore vu…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Drive In (Appel d’Air) une expérience en drive-in chorégraphique à tenter, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant…

Au Théâtre du Chêne Noir : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe, Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

A La Luna : Les Lois de la gravité (jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu (Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique…

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à Sel : On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

A la Caserne des Pompiers : La Cantatrice chauve (Solentiname)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Maman revient pauvre orphelin (Stephane Valensi), Horowitz (mis) en pièces (Les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi, sans doute : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, La Résistible ascension d’Arturo Ui (Cie Umbral / Présence Pasteur), Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur), Eloge de l’oisiveté (Doms), Coalition (Doms), Notre politique de l’amour (Girasole), Résister c’est exister (François Bourcier / Collège de la salle), Electre (Présence Pasteur) Métallos (l’Entrepôt)…

Bonne fin de festival !

Sophie Héliot ce 22 juillet 2011

Photo : La Fête du Collectif De Quark à La Manufacture

Avignon Off 2011 : Comme chaque année, arnaques, prévarications et petites magouilles sont au rendez-vous…

3 Commentaires

L’HUMEUR de a. héliot

AF&C a déjà attribué ses “Prix du Off” aux compagnies… On se demande bien comment, en huit jours à peine, ont-ils eu le temps de visionner la cinquantaine de spectacles qui s’étaient inscrits -naïvement- au “concours” de cette vaste fumisterie !

L’an passé déjà, les prix du Off furent attribués -comme par hasard- exclusivement aux spectacles, soit promus par les productions des membres du bureau d’AF&C, soit à ceux passant dans les salles appartenant aux membres de ce même bureau… Un enfumage typique de Greg Germain et de ses sbires aux commandes d’une association qu’ils ont raptée aux artistes et compagnies fondatrices du Off, à commencer par le regretté André Benedetto…. Mais on vous en reparle en détails.

Et puisqu’on parle d’éthique, soi-disant le dada du président auto-proclamé du Off, quand Messieurs Germain, Le Corff et consorts prendront t-il la décision d’exclure définitivement du programme d’AF&C, comme les statuts de l’association le prévoient en ce cas flagrant de manquement moral, ces marchands du temple qui arnaquent le spectateur en lui facturant l’appel résa au prix d’un numéro surtaxé (un 08 qui vous coûte 1,35 euros l’appel + 0,34 centimes la minute supplémentaire) ?

Je demande pour ma part l’exclusion définitive et sans appel de ces tauliers sans scrupules : à commencer par les Chevaliers du Fiel, mauvais humoristes et propriétaires de deux des trois salles les plus putassières du Off : Le Paris et Le Capitole, que le florilège de “spectacles” beaufs et avilissants, par eux-mêmes “programmés”, devrait déjà suffire à virer, et dont le misérable talent d’entrepreneurs de spectacles, si lucratif qu’il soit, n’arrivera jamais à les sauver de l’indigence artistique absolue qui est la marque de leur pratique d’amuseurs publics…

D’autant que les mêmes, déjà l’an dernier, ont bénéficié pour leur installation au Paris d’une scandaleuse subvention (70 000 euros tout de même !) attribuée généreusement sur le dos du contribuable local par Marie-José Roig, leur amie et visiblement fan inconditionnelle. Une forfaiture (il s’agit de deniers publics pour une entreprise privée) que M. Germain n’a jamais daigné dénoncer, comme il se doit…

Mais il est vrai que la mairesse est également une de ses groupies, et qu’elle lui offre libéralement, et depuis trop longtemps, la gratuité de sa salle de “la Chapelle du Verbe incarné” à l’année, qui appartient de fait à la ville et ne sert strictement à personne 11 mois sur 12…

Bref, cette année comme les précédentes, AF&C, “organisateurs” du soi-disant “plus grand théâtre du monde” (tu parles !) continuent, sur le dos des compagnies et du public, ce qu’ils ont entrepris de réaliser depuis le début de la mandature Germain : l’anéantissement pur et simple du Off sous l’ordure de la logique mercantiliste la plus abjecte…

Il faudra bien un jour qu’ils rendent des comptes : cette liquidation pure et simple du théâtre, du vrai, au nom des intérêts de quelques uns a assez duré.

A. Héliot.

Au Chêne Noir : Quand Weber fait du Weber … Que du bon !

1 Commentaire

VU : Eclats de vie / Jacques Weber / Théâtre du Chêne Noir / 19.30 h.

Jacques Weber revient donc vers nous avec ce spectacle, bric-à-brac truculent de textes d’auteurs et de ses propres réflexions. Non pas tant une véritable création qu’un aboutissement, dans cette ville qu’il aime tant, et ce lieu qu’il connaît bien pour y avoir joué, et où le theâtre est roi.

Jacques Weber ne tranche pas entre un theâtre de l’oralité, étalonné sur un Français mythique et fantasmé, et un autre, mieux ancré dans la modernité, qui serait celui du geste, physique ou performatif. En réalité, il se joue de tous les codes, sans ironie, si ce n’est celle qui consiste à franchement rire de lui et de ses frères en humanité… S’appropriant ainsi tout le Théâtre, rien que le Théâtre, dans une connivence certaine avec la salle.

Comme à son habitude le plateau paraît étroit tant le Monsieur prend de la place, son imposante carrure n’y étant pas pour rien, mais cela est surtout dû à cette générosité à l’égard de son public, à ce don à l’autre qui semblent illimités et qui sont vraiment la marque des grands comédiens…

Un Jacques Weber en intimité, d’une totale communion artistique avec ces textes classiques qu’il revisite magnifiquement, démystifiés par son seul talent de passeur… Tout alors devient accessible avec cet homme-là, et même passer du rire à l’émotion en une fraction de seconde, sur le même texte, le temps d’un soupir ou d’un silence.

Pierre Salles

* Pensez a réserver ! La salle est archi-comble. C’est Weber !

OFF 2011. Mise à jour : les spectacles que nous vous conseillons vraiment…

6 Commentaires

Au terme de cette première semaine du Off, voici une petite sélection, non exhaustive bien sûr, de ce que nous vous conseillons vraiment dans cette édition 2011. Mise à jour au 14 juillet :

A La Manufacture : Un de nos lieux préférés dans le Off pour la rigueur de sa programmation et la qualité de ses spectacles… Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Drive In (Appel d’Air)…

Au Théâtre des Halles : Une prog exigeante et un lieu superbe font de ce théâtre (scène permanente d’Avignon) un des incontournables du Festival… Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise), Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Ruines vrai refuge (Théâtre Hongrois de Cluj), Que d’espoir ! (Du jour au lendemain)…

Au Grenier à Sel : Ce lieu accueille la Région Pays de la Loire… On ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare)…

Au Théâtre du Chêne Noir : Une salle magnifique (une chapelle du XIIIe), une compagnie historique (Gérard Gelas) et une programmation de qualité font de cette scène permanente d’Avignon un des pôles du Festival : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber…

Aux Hivernales : lieu de recherche et diffusion chorégraphique, Les Hivernales sont aussi un festival éponyme en hiver, donc, et une scène permanente d’Avignon : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Ce théâtre historique d’Avignon a été fondé par André Benedetto, disparu en 2009, et qui fut également à l’origine du Off d’Avignon en 1967 avec Gérard Gelas et son Chêne Noir… Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

A la Caserne des Pompiers : Ce lieu accueille la Région Champagne-Ardennes… La Cantatrice chauve (Solentiname)

A La Condition des Soies : Dans l’ancien cirque du Mont-de-piété, ce lieu accueille une programmation diversifiée… The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe, Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Outlaw in love (Alain Guyard) le philosophe forain, auteur du superbe Sacco et Vanzetti joué par Dau et Catella l’an passé revient avec ce nouveau texte, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Maman revient pauvre orphelin (Stephane Valensi), Horowitz (mis) en pièces (Les Aléas)…

Villeneuve en Scène : la seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On ne rate pas : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé – 3 soleils) excellent, A tout va (Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, La Résistible ascension d’Arturo Ui (Cie Umbral / Présence Pasteur), Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Album (Au Bout là bas), Sortir de sa mère (Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Résister c’est exister (François Bourcier / Collège de la salle), Electre (Présence Pasteur)…

La suite d’ici quelques jours ! Bon festival !

Sophie Héliot ce 14 juillet 2011

Photo : Rhinocéros d’Alain Timar / Théâtre des Halles (photo Manuel Pascual)

LA VIE DU OFF : Un petit tour de cette édition 2011 qui démarre mollement…

3 Commentaires

LE BILLET DE SOPHIE

Voici presque une semaine que ce Off a commencé, et se profilent déjà quelques tendances. La rue, par exemple, est plutôt calme, impression générale que tout le public n’est pas encore au rendez-vous. Les salles ne sont pas vraiment pleines non plus, et même les spectacles qui devraient cartonner (style Caubère, Weber…) ne le font pas. Bon, espérons que cela soit simplement un démarrage en douceur, et que les théâtres retrouvent leur public dans les prochains jours…

Pour ce qui est du buzz de ces spectacles dont l’accumulation frise le trop-plein, l’impression, pour l’instant, est que rien ne se détache vraiment de manière aveuglante. Certes, de très bons bruits courent sur le Rhinocéros (excellent) de Timar, sur cette Grammaire des Mammifères qui se joue à La Manufacture, sur ce Demeurées à Villeneuve en Scène, sur également le beau Si Siang Ki de Gelas, ou aussi le Caubère (Urgent Crier) enlevé du Théâtre des Carmes. Mais bon, ce n’est pas encore l’hystérie !

La vie du Off, pour sa part, continue d’être ce qu’elle est chaque année : mauvaise humeur des spectateurs fort mal accueillis au Village du Off, grincements de dents des professionnels pour les mêmes raisons d’un accueil limite de la part d’AF&C ainsi que de nombreuses tracasseries, sans compter de multiples récriminations de la part de compagnies, qui se plaignent de leurs loueurs de salles… Rien que de très ordinaire, hélas, sous la mandature de M. Germain…

Et puis il y a ce scandale des standards de réservation, qu’a soulevé hier 12 juillet notre confrère Armand… Comment ces gens du Capitole, mais aussi du Paris ou du Laurette (ex-Funambule) peuvent-ils être aussi vénaux pour arnaquer le spectateur au moyen d’un numéro surtaxé ? Un petit jeu qui va leur rapporter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le dos du public !

Bref, le Off vire de plus en plus à la foire commerciale, irrégulée, absolument pas arbitrée par ceux dont ce serait pourtant le rôle et qui laissent faire, sans vergogne.

Souhaitons qu’un jour les compagnies (les vraies), les artistes (les vrais) et le public reprennent ce Off en mains, ce festival qui leur appartient, et le ramènent à un destin plus conforme à l’idée qui a présidé à sa naissance, en 1967.

Bonne continuation à tous !

Sophie Héliot

* et en plus, en ce 13 juillet, il peut à grosses gouttes sur Avignon… :(

OFF 2011 : Un Médée onirique…

2 Commentaires

VU : Médée ou l’insomnie de l’amour monstre / Diana Dobreva / Petit Louvre / 12h35

Le mythe de Médée n’est pas une histoire faite de rebondissements et de péripéties. Ce n’est pas non plus l’immobilité d’une conscience tiraillée par un dilemme insolvable. Non, Médée, c’est la passion, la folie, l’amour inconditionnel. Dans son spectacle très esthétique, Diana Dobreva met en valeur cet absolu.

Peut-ëtre faudrait-il maîtriser vraiment le mythe, avant de se laisser hypnotiser par la représentation : Médée a renoncé à tout pour l’homme qu’elle aime, Jason, et elle a trahi sa famille en lui donnant la Toison d’or. Délaissée par le perfide, elle se laisse prendre par une jalousie dévorante qui la conduit à une série de meurtres, jusqu’à celui de son propre fils.

Dans la lecture qu’en fait Dobreva, il n’est pas nécessaire de s’appesantir sur les étapes essentielles du mythe. La trame est réduite à ce qu’elle a d’essentiel. Ainsi, est-il inutile de savoir que Médée part à l’étranger, ou que l’homme tout vêtu de blanc est un précepteur. Ce qui nous est proposé réside dans la puissance de l’émotion et des sentiments.

La scénographie est dépouillée, et les costumes monochromes, larges étoffes qui circulent comme des eaux, ne perturbent pas son minimalisme. Le peu de dialogues laisse la part belle à la mise en scène et à une chorégraphie soignée. Cette grande fluidité joue sur des effets de démultiplication proche de l’illusion.

C’est la nature de magicienne de Médée qui est ainsi désignée. Ce Médée est envoûtant par sa clarté et sa précision. laissant l’impression d’assister à un rituel antique, servi par ces formules incantatoires, en réalité du Bulgare à l’envers. L’énergie circule d’un corps à un autre, des plus jeunes aux plus expérimentés.

Le sublime inhérent à l’oeuvre l’emporte sur l’envie d’en comprendre le texte. On se laisse porter à l’envi, prêts à se faire happer pour un voyage sans limite temporelle.

Floriane Toussaint

OFF 2011 : Le Off, le ministre et ses courtisans…

5 Commentaires

L’HUMEUR de a.héliot

Frédéric Mitterrand était jeudi à Avignon où il s’est fait copieusement conspué par le public du Festival et les professionnels… Mais il a l’habitude. Auparavant, il avait visité au pas de course le chapiteau du Off où le président d’AF&C l’attendait de pied ferme pour lui demander des thunes…

Greg Germain, qui selon Mitterrand est “un type formidable” (l’art rhétorique du ministre est sans limite !), voudrait des subventions… Et pour quoi faire au juste ? Le magot amassé par la vente des cartes Off, les contributions (chères) des compagnies et des théâtres au programme, les petits à-côtés… ne lui suffisent donc plus ? Pourquoi faudrait-il que le spectateur verse deux fois son écot (en tant que public, puis sur ses impôts) ?

Et pour quelle vision artistique ? Pour quel service public ? Au nom de quelle contribution au patrimoine culturel du pays ? Pour un Off, confisqué par la confrérie de loueurs de salles d’AF&C, et qui n’est plus ou presque que le réceptacle accommodant des productions du théâtre privé… Et souvent le plus mauvais, qui plus est !

Il rêve le Greg. Quant au Mitterrand, ce qu’il a promis ou pas à notre fringant président ne l’engage guère, vu qu’il sait pertinemment qu’il ne sera plus jamais ministre de la Culture d’ici quelques mois. Comme disait son oncle, les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent…

Le soi-disant futur directeur du Festival, Olivier Py, “proposé” par le ministre mais loin d’être encore officiellement nommé, ferait d’ailleurs mieux lui aussi de se méfier, même si, comme son pote Mitterrand le dit perfidement, “Il était candidat depuis longtemps” !

Bref, comme chaque année dans le Off, petites manoeuvres et grands appétits sont à l’oeuvre. Et le Théâtre, dans tout ça ? Cela, chers lecteurs, n’intéresse plus vraiment grand monde, dans ce médiocre landerneau dont les intérêts et le goût de pouvoir ont depuis longtemps chassé l’amour de l’art… Et ça va finir par se savoir.

A. Héliot

AVIGNON OFF 2011 : C’est parti !

3 Commentaires

Aujourd’hui 8 juillet ouvre donc ce Off 2011, avec plus de 1150 spectacles au compteur dont un peu plus de 700 spectacles de théâtre. Que dire devant le constat de cette démultiplication affolée ? Le fameux slogan d’AF&C, association “organisatrice” du Off, “Le plus grand théâtre du monde”, même s’il est faux factuellement (Edinburgh est bien plus important en qualité et en nombre de spectacles), à ce rythme surréaliste finira peut-être par se confirmer… d’ici quelques années.

Cela dit, le nombre ne fait pas la qualité, encore moins le bonheur du festivalier… Comment, dans cette jungle outrageusement extrapolée retrouver son chemin, comment sélectionner ses spectacles dans cette armada de propositions ? D’autant que les organisateurs et leur président, ne font rien pour en améliorer la lisibilité, laissant le show-biz et les mauvaises boites de prod envahir l’espace festivalier de leurs vulgaires productions qui n’ont rien à voir avec le théâtre, one-man shows débiles ou “comédies” racoleuses de boulevard parisien uniquement à destination des beaufs de province à casquette et bermudas…

Certes, l’intérêt de cette confrérie de loueurs de salles (je parle d’AF&C) est bien dans cette multiplication des pains, avec lesquels ils escomptent bien faire un peu plus encore de beurre chaque année…

Nous savons tous que l’Art, le Théâtre, dans ce Off d’Avignon, sont malheureusement une denrée rare, tant le marché et le lucre l’ont emporté sur toute autre considération…

lebruitduoff.com s’est justement créé l’an passé sur ce constat-là. Notre existence se justifie avec cette évidence qu’il faut, dans cet illisible déluge qui submerge tout, nous noie tous, baliser un tant soit peu cette folie festivalière… Quitte à débroussailler sans état d’âme, tailler sec dans ce millier de propositions, afin de retrouver un peu de ce qui faisait le Off à ses débuts : une certaine idée du Théâtre…

Nous le dirons autrement : une certaine idée de la Beauté.

Bon Festival 2011 à tous !

Eléonor Zastavia

AVIGNON OFF 2011 : SI SIANG KI, un classique du théâtre chinois au Chêne Noir

Commentaires Fermés

 

NOTRE CHOIX dans le Off : SI SIANG KI - VU brut de répétitions. Du 7 au 29 juillet / Théâtre du Chêne Noir - 11h.

Gérard Gelas, toujours à l’affût d’une expérimentation hors-norme ou d’une remise en question, s’est colleté pour cette édition 2011 un classique du théâtre chinois, un Mahâbhârata à la chinoise dont il a tiré un spectacle superbe, un Opéra-théâtre universel.

Invité par la prestigieuse Shanghai Theatre Academy, l’une des deux plus grandes maisons de théâtre de Chine avec l’Opéra de Pékin, à monter une mise en scène in situ avec les sociétaires de l’Académie, Gérard Gelas, plutôt que de se consacrer à l’un de ses propres textes ou à un auteur occidental, a choisi de se confronter à la culture classique de l’art théâtral chinois. Le résultat est édifiant : prenant à bras le corps la tradition tout en la modernisant, distribuant les rôles à la fleur des comédiens de l’Académie, le metteur en scène nous livre une version parfaitement contemporaine d’un des chefs-d’oeuvre de l’art théâtral du XIIIe siècle.

Ecrite en pleine période de la dynastie Yuan (XIIIe et XIVe siècles), Si Siang Ki ou la Chambre de l’Ouest est un pur blockbuster du patrimoine culturel. Conte ”moral” au sens Voltairien du terme ou histoire d’amour fou, l’oeuvre de Wang Che-Fou est un joyau de la littérature de l’époque. Sans cesse remontée depuis le XIIIe siècle, Si Siang Ki relate l’histoire éternelle d’un amour empêché (en tout cas au début) pour cause de divergence de “caste”. Son auteur, Wang Che-Fou, dont on ignore tout ou à peu près sauf qu’il naquit à Pékin, qu’il fut fonctionnaire impérial, était un fin lettré comme tous les haut-employés du vaste Etat chinois (lire les histoires du “Juge Ti” pour mieux comprendre ces périodes). Lassé par sa fonction, il finit par se rebeller contre l’ordre féodal de l’époque, abandonna son poste prestigieux pour mener une vie de poète et de libertin. On sait encore qu’il composa quatorze pièces de théâtre dont trois seulement nous sont parvenues, dont ce Si Siang Ki, grand classique du genre …

Gérard Gelas a saisi le challenge qui lui était ainsi proposé de le monter avec les acteurs chinois de l’Académie, et le résultat est impressionnant : la pièce est transfigurée par son adaptation moderne, dont le metteur en scène a extrait l’essentiel pour le confronter à sa vision personnelle. Sur le plateau dépouillé, les dix acteurs -excellents- se livrent à un ballet parfaitement réglé, qui évoque l’Opéra de Pékin et la grande tradition théâtrale chinoise, tout en étant d’une parfaite contemporanéité. Jeu des comédiens au plus juste, direction d’acteurs précise et sans pathos, le Si Siang Ki de Gelas est avant tout une pure réussite visuelle, qui doit beaucoup à la scénographie minimaliste mais très poétique, et à un jeu de couleurs, de la lumière aux costumes, tout simplement superbe. Des costumes, justement, que la créatrice de l’Académie a parfaitement réinterprétés dans une veine très actuelle, s’inspirant des mangas ou du cinéma contemporain.

Une oeuvre empreinte de ce mystère et de ce “souffle du vent” qui inspirait tant les poètes de l’époque, dont chaque geste, chaque image, renvoie à un lointain essentiel, un merveilleux de conte d’un autre âge, mais dont le sujet, éternel, nous donne à lire notre contemporanéité de la plus poétique des façons. Entièrement jouée en Chinois surtitrée en Français, Si Siang Ki ne souffre aucunement de l’exotisme de cette langue extraordinaire, tant la narration, très visuelle, nous est parfaitement limpide. Au point que l’on pourrait se passer totalement de traduction…

Un très beau travail du metteur-en-scène avignonnais qui signe là l’un de ses sommets, et dont nous présageons qu’il sera l’un des succès de ce festival 2011.

Sophie Héliot 

Photo : Manuel Pascual (répétitions du Si Siang ki)

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 53 followers