« UNE CHOSE VRAIE » : DINGDINGDONG…

Lebruitduoff.com – 18 juillet 2025

AVIGNON OFF 25. « UNE CHOSE VRAIE » – Romain Gneouchev – Au Train Bleu à 15H05 – Jours impairs seulement.

Dingdingdong…

Des lais de cyclos blancs sont posés sur toute la surface du plateau partant d’une perche suspendue jusqu’au sol. Une chaise noire est au centre. On aperçoit une boite à thé, un livre, un objet étrange sur trois pieds à l’avant-scène, des balles des tennis, une chaussure de rollers, une petite boite dont on apprendra qu’elle est en porcelaine, d’autres objets indéfinissables. La comédienne Ysanis Padonou fait son entrée. C’est une jeune femme métisse. Elle a un micro-cravate près de la bouche, mais aussi une oreillette… Et elle déclare qu’elle est atteinte d’une forme précoce et héréditaire de la maladie d’Alzheimer… Quel est le premier outil d’une comédienne : sa mémoire… Aussi, Ysanis Padonou annonce que sans son oreillette, elle ne pourrait pas jouer ce spectacle. Dès lors, c’est une montée chromatique dans l’émotion qui nous saisit.

Elle décrit les symptômes qui ont touché sa mère. Elle décrit le test qu’elle accepte de faire et qui signale qu’elle est porteuse de la maladie. Elle en est au stade 3 sur 7 de cette dégénérescence… de la maladie de Huntington qu’elle appelle pour dédramatiser la chose Dingdingdong. 

Si Ysanis Padonou raconte les symptômes de sa mère, elle nous prépare aux siens, à la manière dont elle perçoit ce qui va la toucher… Elle redit le parcours médical, les médecins avant d’en arriver aux neurologues qui prennent plus ou moins de temps pour expliquer, accompagner…

En 2011, Ysanis Padonou passe une scène pour entrer à l’école de comédiens du Théâtre National de Strasbourg. Un trou de mémoire déclenche une empathie d’une jurée qui souffle ligne à ligne le texte. La scène est bouleversante. 

Contrairement à beaucoup de spectacles tant dans le festival que dans son OFF, celui-ci est porté par un projet, sous-tendu par une démarche, une réflexion à la fois sur le texte, sur l’espace, sur le jeu et il repose sur un rythme qui mène le spectateur dans cette histoire. 

Romain Gneouchev pose tout cela dans cette 1h20 de spectacle permettant à la fois de garder le fil et de se laisser aller dans l’histoire… Il ne joue pas sur la corde sensible. Il ne laisse pas se fabriquer une empathie fausse ou facile. Il garde le cap en laissant les émotions nous arriver du plateau, mais aussi de la salle. On remarque les visages des spectateurs qui ont peut-être traversé eux-mêmes ou à travers des proches cette situation… A ce jour, c’est pour moi le plus beau spectacle du OFF que j’ai pu voir et donc, je vous le recommande…

Emmanuel Serafini

Photo Olivier Duverger-Houpert

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.

  • J’Y VAIS / JE FUIS

  • mots-clefs / tags

    AFC Avignon 2012 Avignon Festival Off avignon Le Off avignonleoff avignonleoff.com Avignon Off Avignon Off 2011 Avignon Off 2012 Avignon Off 2013 Avignon OFF 2015 Avignon Off 2016 Avignon OFF 2017 AVIGNON OFF 2018 AVIGNON OFF 2019 Avignon OFF 2021 AVIGNON OFF 2022 AVIGNON OFF 2023 AVIGNON OFF 2025 Festival d'Avignon Festival d'Avignon 2011 Festival Off d'Avignon Off 2011 Off 2012 Théâtre
  • Chercher par artiste ou catégorie