« LA VIE ET LA MORT DE J. CHIRAC », UNE PETITE PASTILLE DE FRAÎCHEUR

lebruitduoff.com – 18 juillet 2026
« La Vie et la mort de J. Chirac, roi des Français » – Texte Julien Campani et Léo Cohen-Paperman – mise en scène Léo Cohen-Paperman – Théâtre du Train Bleu – du 4 au 22 juillet 2026 à 16h05, les jours pairs – Durée : 1h30.
Après s’être attaqué à Valéry Giscard d’Estaing puis à François Mitterrand, tandis que SarkHollande est également à l’affiche de ce Off au Train Bleu, Léo Cohen-Paperman poursuit son exploration des présidents de la Ve République. Une idée simple mais redoutablement efficace : prendre les hommes qui ont occupé l’Élysée non pour les juger mais pour comprendre, à travers eux, comment se fabrique le pouvoir. Car les visages changent, les méthodes beaucoup moins.
Avec Jacques Chirac, le spectacle remonte le fil d’une carrière politique à travers ceux qui l’ont accompagné, son chauffeur, ses proches ou ses compagnons de route. Les anecdotes s’enchaînent et dessinent peu à peu une radiographie sans concession de la politique française, où ambitions personnelles, petites trahisons, coups tactiques et dose de populisme semblent constituer le prix à payer pour conquérir puis conserver le pouvoir. Au fond, qu’importe le président, les ficelles restent souvent les mêmes.
Le début peut paraître un peu linéaire tant il accumule les épisodes de cette longue vie publique. Mais il faut lui laisser le temps de s’installer. Car la dernière partie change complètement de registre. Sans renier son regard acéré sur le politique, elle s’autorise une respiration presque poétique qui apporte une émotion inattendue et donne au spectacle une autre dimension.
Les deux comédiens sont d’une justesse remarquable. Ils passent d’un personnage à l’autre avec facilité et portent un texte qui ne cherche jamais la caricature gratuite. Leur complicité fait merveille et la mise en scène accompagne intelligemment cette mécanique bien huilée et aérée.
Cette création est une petite pastille de fraîcheur… mais une fraîcheur terriblement amère dans la moiteur de ce Festival Off. Une partielle, qui comme le dit Jacques Chirac, gratte quelque peu la gorge. Un théâtre qui démonte les rouages du pouvoir, questionne notre démocratie et rappelle que les promesses d’hier ressemblent souvent étrangement à celles d’aujourd’hui. Une proposition intelligente, stimulante et à découvrir au Train Bleu.
Pierre Salles






























´pas pu le voir : c’était presque toujours Komplet’ et depuis le 16 , définitivement jusqu’à la fin …Faites les revenir en 2027 .🙏🏻