Marseille capitale culturelle 2013 ? On en rit encore…

-Marseille 2013 capitale de la culture ? Pour y vivre depuis de nombreuses années, nous savons le pitch complètement surréaliste. Marseille se meurt depuis bien longtemps, de ce point devue là en tout cas : la deuxième ville de France compte une petite poignée de librairies, certes honorables, la plupart ayant fermé leur porte devant l’inculture notoire des marseillais ; quand une ville préfère semble t-il s’enflammer devant quelques abrutis poussant un ballon rond, cela laisse peu de marge pour s’adonner au plaisir de se cultiver. Quant à « l’élite » marseillaise, il suffit d’écouter les dirigeants de cette ville, d’une vulgarité et d’une ignorance crasse sans égales. Là aussi, le Sarkosysme est passé par là, et on ne peut vraiment pas dire que ça tire les gens vers le haut. M. Gaudin, le bourgmestre raffiné de la deuxième ville de France, préfèrera toujours les petits santons de Provence ou la fête des navettes, un must dans le calendrier catho de Marseille, au programme exigeant du Merlan ou des Bernardines… Culture ? Vous riez, nous aussi. Si Marseille n’avait pas joué la retape auprès des villes voisines, Arles, Martigues, Avignon, Aix… et jusqu’à Toulon (!), dont elle a donc intégré leurs manifestations et festivals dans l’agenda marseillais, (pardon on dit labelliser) on se demande bien comment elle aurait rempli un programme d’une indigence rare, piloté de surcroit par des « pros » de l’événementiel. Là encore, on confond culture et tape-à-l’oeil, travail du sens et animation mercantile…
L’état des lieux est assez effarant : aujourd’hui, la Criée, le Théâtre National de Marseille est à l’arrêt, ou presque ; les subventions aux structures de terrains diminuent drastiquement ; le superbe bâtiment de l’architecte Rudy Ricciotti est suspendu (trop contemporain, trop visible) du fait de mauvais procès intenté par un CIQ minable qui protège l’intérêt de sa poignée d’adhérents de l’UMP ; la scène musicale ne dispose toujours pas de salles de concert dignes de sa population ; l’art contemporain en est au point mort : plus de programme au MAC ou quasi, plus de grandes expos dans les musées, telles qu’on a pu en connaître par le passé (Hopper, Basquiat, La planète affolée etc.), les galeries ferment faute de clients et de subventions… La liste serait interminable. Pendant ce temps, la mairie de Gaudin promeut des fêtes surdimentionnées, s’endette pour essayer de récupérer l’América Cup ou tel autre « événement » qu’elle n’arrive pas à attirer, et continue de considérer l’Olympique de Marseille comme un excellent investissement culturel. Sans compter sur l’aficion ringarde du maire pour toutes les fêtes chrétiennes du calendier, et le subventionnement d’associations de restaurateurs comme la très culturelle « charte de la bouillabaisse » !
Bref, pour 2013, autant s’attrendre à une gabégie incroyable de l’argent public au profit de quelques uns qui auront su placer leur « événement » bien supporté par les agences en communication et une poignée de « partenaires médias » avisés, marseillais pur jus et experts de l’information : La Provence, l’OM TV, etc. etc.
Marseille capitale culturelle en 2013 : un coup de pub malhonnête et un vaste enfumage.

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