Professionnels de la Culture : encore un effort !

. Hier, la manifestation organisée par le SYNDEAC n’a pas vraiment fait le plein. Dommage. Le petit millier de personnes qui a suivi le défilé n’est pas représentatif de la capacité de mobilisation d’une profession, dans une ville qui accueille le Festival, avec plus de 800 compagnies présentes, des milliers de techniciens du spectacle, les producteurs et diffuseurs, attachés de presse etc…, sans compter les artistes, du In comme du Off. Et pourtant, la politique budgétaire du ministère les concerne tous. A terme, ce seront moins de contrats signés par les scènes nationales (70 en France), les théâtres publics, les théâtres conventionnés et subventionnés, les festivals… donc des tournées en moins pour les compagnies, moins de techniciens employés.. Moins de manifestations également. Tout le monde a à y perdre, chacun va en pâtir, les compagnies, les artistes, les théâtres, tous les intermittents déjà bien essorés par les nouvelles modalités d’obtention du sésame…

Il est regrettable que les professionnels se mobilisent si peu. Un peu de volontarisme et d’engagement peuvent faire plier le ministère, on l’a déjà vu. Or, le monde la Culture se révèle apathique, frileux et fataliste, péchés habituels dans un milieu forcément autocentré, qui compte nombre d’égos peu désireux de la jouer collectif. Pourtant quelques uns, et pas des moindres, ont conscience du danger qui guette l’ensemble du Spectacle Vivant. Certains s’engagent, ouvrent leur gueule. Dans le défilé hier, Ludovic Lagarde, Olivier Cadiot, artiste associé au 64e Festival d’Avignon, Stanislas Nordey… ici, les patrons de certaines Scènes d’Avignon s’engagent également, comme Gérard Gélas qui n’a jamais hésité à clamer ses désaccords avec la politique des DRAC ou du Ministère…

Allez, encore un effort. Il faut réellement que tout le monde s’y mette, que tous les professionnels se bougent. Il y va de l’avenir du Spectacle Vivant, du Théâtre, de la Culture en général. Il y va de l’avenir professionnel et créatif des artistes. Et que le public, les spectateurs, la Presse culturelle, s’y associent. Ensemble, nous pouvons influer sur notre avenir.

E.Z. ce 16 juillet

Publicités
Comments
2 Responses to “Professionnels de la Culture : encore un effort !”
  1. besniard dit :

    J aimerai donner un grand coup de pouce à toute la programmation du Théâtre de la Porte st Lazare 185 rue Carreterie. En effet ces 8 compagnies sont en auto-gestion devant l incompétence du Directeur actuel,
    à 1OH3O, le spectacle assez magique de Kamel « Les Pas sages d un fou ou quelques aventures de Nasredine Hodja  » que j ai vu 2 fois tellement j ai aimé…ses merveilleux contes orientaux traditionnels, un très agréable voyage. 12h3o, du Jazz Manouche bien tonique…
    Ensuite les Déplacés à 14h15 qui affichent parfois complet….
    15h3o « Chemins d errance » la nostalgie tellement délicate des chansons et poèmes de Michèle Barbier et sa guitare, l histoire d une ancienne jeune fille française obligée de quitter l’ Algérie sa terre natale pour venir à Paris…. J ai raffolé de Tata ou l’ Education qui a lieu à 18h, très acidulée cette pièce mi figue mi raisin… 2Oh les 2 très sympathiques franco-canadiens bien rigolos..
    Enfin 21h3o un bijou d écriture bien déjantée comme on aime aussi….. « Time is monay » présenté par une jeune troupe très très prometteuse …..

  2. Pierre dit :

    Je n’étais même pas au courant !! Pour ce type d’action il me semble qu’un affichage important dans tous les théâtres est un minimum mais peut être la plupart des loueurs n’y voient ils pas d’intérêt ? Par contre les troupes qui ont louées leurs créneaux ne peuvent pas perdre un jour et je comprends cela au vu des tarifs pratiqués. Il suffirait que les loueurs pour ces actions reversent la somme perdue aux troupes (style 50/50) …. Désolé un léger delirium !
    Effectivement les spectateurs doivent aussi participer, s’ils y sont invités, et pour peu qu’ils se sentent concernés, pas sur en plein festival et en short ou en panama. Comment espérer une culture autonome sans subvention ? J’ai longtemps pensé qu’une culture trop dépendante des subventions perdait en liberté mais il s’avère, de fait, que c’est le contraire qui se passe. Une grande partie des théâtres privés se vautrent dans la consommation et la facilité et leur nombre n’est pas touché par la décroissance (oups .. je veux dire la croissance négative).
    Après le passage des usagers aux clients, des patients à la patientelle (si si) faut il inventer un nouveau mot plus commercialement correct pour les spectateurs avides de culture ?