Festival : le moment du Dragon…

Plus que quelques jours et les deux festivals auront fermé leur portes… Du premier, du Festival d’Avignon, nous retiendrons une programmation lumineuse, avec de purs joyaux que sont ce Out of Context vu hier soir dans la Cour du Lycée St Joseph, splendide. Un moment de danse pure, une très belle pièce d’Alain Platel, remarquablement maîtrisée, qui aura, une fois de plus, enchanté cette édition. Tout comme l’on fait, chacun à leur façon, le magnifique Casa de la Fuerza, Big Bang, Der Prozess, Gardenia, l’autre Platel, ou encore L’Homme sans Qualité… Une belle série donc, qui nous fait oublier les ratés du programme de cette 64 édition qui s’achèvera demain soir.

Le Off, lui, s’éteindra samedi. D’ici là, nous nous précipiterons voir les quelques pépites qu’il nous reste à découvrir. D’une manière générale cependant, le niveau de ce Off est légèrement en-deçà de certaines années. Trop de mauvaises comédies, de solos bâclés, de Commedia à la chaîne, trop d’inepties aussi, gâchent l’affiche. Et notre plaisir. Cela-dit, le Bruit du Off pense avoir fait son boulot, et extrait de cette masse indigeste les quelques spectacles qui valaient vraiment le déplacement, en assumant ses choix, forcément sélectifs. Un parti-pris de l’exigence, de la créativité, de la qualité, que nous revendiquons.

Le Bruit n’est pas là pour chroniquer au kilomètre une quantité exponentielle de spectacles. Ni pour faire plaisir aux théâtres, aux programmateurs, ou aux compagnies, que parfois, pourtant, nous connaissons fort bien. Le Bruit n’a jamais eu vocation d’exhaustivité. Non, nous n’irons pas voir tout, et n’importe quoi. Bien au contraire, nous avons bien l’intention de ne pas verser dans cette facilité qui consiste à ne pas choisir, à essayer de satisfaire le plus grand nombre. C’est exactement ce que nous reprochons à la direction du Off, le non-choix, le consensus mou, la non-pensée. Nous ne verserons pas dans ce travers, tant pis pour ceux que cela indispose.

Mettons donc à profit ces quelques journées qui nous restent pour tâcher d’aller voir ce que nous n’avons pas pu, par manque de temps, d’énergie, ou de curiosité. Et, même si la fin approche à grand pas, ne soyons pas mélancoliques. Seuls les Dragons ont le droit de l’être…

E. Z. ce 26 juillet

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Comments
One Response to “Festival : le moment du Dragon…”
  1. Escande dit :

    Vous auriez du aller voir Les Lois de la gravité à 18 h 20 au Théâtre Alizé, incontestablement un des meilleurs spectacles du off ( j’en ai vu 40).
    C’est l’adaptation (la première semble-t-il) d’un texte de Jean Teulé. Par rapport au livre c’est très resseré, plus fort. Les 3 comédiens sont excellents dans des registres très différents ce qui est une des grande qualité de la pièce.
    Une femme a fini par tuer son mari violent, presque par hasard, 10 ans au paravent, le crime sera prescrit demain et ce soir elle vient s’en accuser au près d’un lieutenant de police qui pendant 1h20 fait tout pour l’en dissuader, le suspense n’est pas là où on l’attend. Les répliques sont souvent très drôles, les personnalités bien cernés (le 3e personnage, un policier en uniforme est formidable aussi). La bande son et les lumières sont bien travaillée ce qui était assez rare cette année.
    Mais pourquoi n’avez-vous pas vu ce spectacle que touts ceux, nombreux, que j’ai croisé ont adoré ?
    Enfin, il vous reste encore 4 jours ! Ne passons pas à côté des bonnes choses !
    Une lectrice assidue qui voit là votre seule faute !
    GE