UN AUTRE REGARD sur le programme du 65e FESTIVAL D’AVIGNON

Un regard curieux dans les plis et interstices d’un programme…

Bien sûr, et comme chaque année, il y dans ce 65e Festival d’Avignon les incontournables, monstres sacrés du Théâtre contemporain que sont Romeo Castellucci, Guy Cassiers, Angélica Liddell ou encore dans une certaine mesure les Fisbach, Rambert, Pineau, Chéreau ou Mouawad… sur lesquels pas un spectateur ne voudrait faire l’impasse… Ce sont de grosses « pointures » dont le remarquable travail n’est plus à démontrer, et qui assurent au Festival sa juste renommée internationale…

Mais ces arbres-là cachent souvent la forêt des découvertes et des expériences qu’il faut pourtant ne pas manquer, et qui irriguent largement de leur vitalité et de leur diversité le formidable foisonnement du Festival.

Outre l’indispensable Vincent Macaigne, jeune metteur en scène en pleine ascension, et son Au moins j’aurai laissé un beau cadavre qui revisite Hamlet de la plus tonitruante des façons, outre Christophe Fiat, poète trash et performer agité et sa Madame Wagner au Tinel de la Chartreuse, le Sun planant de Cyril Teste ou tanbien le remuant Marcial Di Fonzo Bo et sa Paranoïa SF et métaphysique, il y a, dans les marges et les interstices de cette programmation 2011, de véritables perles qu’il ne faudra surtout pas négliger, au risque de passer à côté de pures jubilations.

Ainsi de ces « petits » programmes, tels la 25e heure, toujours riche de belles surprises, ou encore cette année l’invitation faite à Lucien Attoun, maître de Théâtre Ouvert, qui pour fêter ses quarante ans d’activisme théâtral, renouvellera ses « mises en espaces » en invitant pour cela un bel aréopage de metteurs en scène « historiques », comme Jean-Pierre Vincent ou Alain Françon… Un programme que nous vous engageons à surveiller de près, et la garantie d’une expérience de spectateur particulièrement stimulante…

Quant à la 25e heure, justement, nous y avons relevé, entre autres, trois courts programmes de Sophie Perez et Xavier Boussiron, avec notamment cet Oncle Gourdin (photo), théâtre en performance, inclassable et souvent loufoque, que nous aurons la curiosité d’aller voir vers minuit à l’Ecole d’Art… Ou encore cette Gonzo Conference de Fanny de Chaillé, diablerie théâtralo-rock expérimentale et performative qu’il faudra goûter au gymnase du Lycée Saint-Joseph…

Dans ce même esprit curieux, nous irons déguster les Sujets à vif, en partenariat avec la SACD, et en particulier : trente-trois tours, de David lescot, Contes tordus de la chorégraphe Julie Nioche ou bien Sous les feux, de Pedro Pauwels…

Et puis, Avignon sans la Danse contemporaine ne serait pas Avignon. Cette année particulièrement, où l’invitation faite à Boris Charmatz promet quelques moments intéressants… Bien sûr, il y a l’impressionnante Anne Teresa de Keersmaeker dans la Cour d’Honneur qu’il ne faudra pas rater. Bien sûr, l’excellent Xavier Le Roy et sa danse qui s’interroge et nous questionne. Ses Low pieces sont un pur bonheur. Mais il faudra suivre de près le Cabaret discrépant d’Olivia Grandville d’après le perturbé Isodore isou et ses Lettristes, le grand William Forsythe et son Unwort aux Célestins, ou encore le Violet de Meg Stuart

Et ne pas oublier les installations et expositions qui jalonnent ce 65e programme, particulièrement l’instal/performance de Tino Seghal, This situation, à la salle Franchet, ou la sculpture Land-Art de Richard Long à la Chapelle St Charles…

Bref, de quoi réellement se sustenter de belles découvertes et de moments délicieux… Une autre respiration dans ce Festival 2011 qui s’annonce prometteur…

Marc Roudier ce 2 juillet 2011

Photo : Oncle Gourdin de Sophie Perez et Xavier Boussiron

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