FAUST : La délirante beauté du Diable


VU : Faust / Murnau – Ponce – Marcon / Cartoun Sardines / Collège de la Salle / 16h15

C’est une toute nouvelle approche du « Faust » de Murnau qu’offre le Cartoun Sardines Théâtre. Là où le maître expressionniste s’appuyait sur la musique de Gustav Holst pour renforcer l’aspect dramatique de son œuvre, la compagnie marseillaise en propose une sonorisation originale et drôle.

Pour replanter le décor, rappelons que le docteur Faust, à la recherche d’une science universelle qu’il n’atteindra jamais et aux prises avec une épidémie de lèpre, vend son âme au Diable pour obtenir une seconde chance. Rien de bien joyeux, donc…

Créant le paradoxe entre cadrages serrés et intensité des contrastes, entre ombre et lumière, suggérant ainsi la tragédie, ce Faust utilise les trucs de l’esthétique expressionnniste, si chère au réalisateur allemand, et ses interprètes, Patrick Ponce en tête, posent sur ces images un texte léger et plein d’humour, brillamment accompagné par les mélodies de Pierre Marcon.

La gestuelle, parfaitement maîtrisée, conduit l’œil de l’écran au plateau dans un aller-retour étourdissant. Le spectacle est partout.

Sautant d’une voix à l’autre avec vivacité Patrick Ponce rejoue le film, réinterprétant tous les rôles, y compris la foule ou le feu. Accompagné de ses deux partenaires musiciens, il recompose une bande-son complète, doublant les voix aussi bien que les bruits et les ambiances.

On est très loin de l’œuvre originale, pourtant bien présente, tant le sens de la dérision y est constant et en allège le propos. Sorti un an avant la sortie du premier film parlant, on peut s’interroger sur ce qu’aurait donné ce film un an plus tard. Le Cartoun Sardines Théâtre propose sa réponse et on se revoit coupant le son du téléviseur familial pour parodier un épisode de Star Treck ou de Starsky et Hutch.

Franck Glatigny

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