AVIGNON OFF 2012 : UNE GALEJADE QUI GAGNERAIT A ETRE UN PEU PLUS RELEVEE

OFF 2012 : Le pays des galéjeurs / Les Carboni / Théâtre du Chêne Noir / 13h30.

D’après l’opérette «Au pays du Soleil», la troupe marseillaise «Les Carboni» présente une version dans la lignée d’«Un de la Canebière» (plus de 200 représentations et quelque 25000 spectateurs). Le pitch, on ne peut plus simple, met en scène Titin qui aime Miette, qui elle doit épouser le riche Bouffetranche…

Il est évident que l’on ne peut aller voir ce type de spectacle par amour du texte, ni encore pour y chercher une quelconque explication métaphysique à l’utilité des quarks dans notre univers. Cependant Frédéric Muhl Valentin propose une mise en scène agréable, légère et tirée au cordeau, malgré quelques légères hésitations de début de festival, erreurs brillamment rattrapées, et d’une salle trop froide, s’entend les spectateurs. Le courant passe bon gré mal gré. Dommage que la mayonnaise, pardon l’aïoli, ne prenne pas ou ne soit pas assez aillée. Les spectateurs présents ne sont pas encore assez «dedans» pour ce premier jour de Off. Les applaudissements se font tendus et discrets, et le spectateur s’il peut sentir que tout va pour le mieux, voit bien que tout ce beau monde est encore en tour de chauffe, presque sur ses gardes.

Les comédiens, tous très au point, font leur boulot : une mention toujours spéciale à Marc Pistolesi (Chichois) qui mène tambour battant cette belle troupe. Lui aussi tente avec toute sa force et sa bonne humeur communicative de mettre le public dans sa poche, voire quelquefois d’entrainer un peu plus loin ses camarades de jeu, mais rien n’y fait, ou pas assez. Un peu comme si les personnes présentes restaient avares de légèreté ou de sourires : crise oblige, il faut du temps pour se relâcher.

En somme, un beau décor, de bons acteurs, une mise en scène soignée, de beaux costumes, mais une représentation somme toute assez froide qui n’augure en rien du succès que pourraient avoir ces Galéjeurs dans la folie du festival d’ici quelques jours, pour peu que les spectateurs s’emparent de la salle et consentent à offrir un peu de leur folie aux acteurs qui se démènent sur scène, et que ceux-ci «aillent» un peu plus leur bouillabaisse.

C’est bien sûr une opérette de Sarvil et Scotto, donc légère, que vous l’on peut découvrir en famille, comme on dit. Une belle troupe rafraîchissante, peut être à se faire entre un Médée et un Claudel, juste histoire de se dégourdir l’esprit. Une sorte d’entracte lyrique, ensoleillé et enjoué. Espérons seulement que ce binôme Troupe-Spectateurs saura trouver son «La» dans les prochains jours. Voilà une pièce qui ne peut vivre sans.

Pierre Salles

Publicités

Commentaires fermés