DROIT DE REPONSE DU PREFET DE VAUCLUSE : « L’AFFAIRE » 11-GILGAMESH

LEBRUITDUOFF.COM – 21 juillet 2018.

A la demande du Préfet de Vaucluse, et comme la législation en matière de droit de réponse, l’exige, nous publions ce droit de réponse de M. le Préfet Bertrand Gaume :

« Madame, Monsieur,

Dans un article publié hier sur lebruitduoff.com, vous laissez entendre qu’un « arrangement » a été trouvé, le vendredi 20 juillet, entre la préfecture de Vaucluse et le théâtre 11 Gilgamesh Belleville pour que ce dernier puisse continuer à ouvrir malgré l’avis défavorable de la commission de sécurité qui a motivé un arrêté de fermeture de la mairie d’Avignon. Ces propos sont inexacts et appellent de notre part l’exercice d’un droit de réponse.

J’ai tenu hier, vendredi 20 juillet, une conférence de presse au cours de laquelle j’ai expliqué que le Gilgamesh est ouvert depuis le 6 juillet sans autorisation, que les trois premières commissions de sécurité qui se sont réunies ont rendu à chaque fois un avis défavorable, justifiant un premier arrêté de fermeture pris par la maire d’Avignon, qu’une quatrième commission de sécurité s’est réunie jeudi 19 juillet, rendant un avis défavorable pour l’ouverture de la salle 1, ce qui a amené la mairie d’Avignon à prendre un nouvel arrêté n’autorisant l’ouverture que des salles 2 et 3, la salle 1 devant rester fermée.

Samedi 21 juillet, les exploitants du Gilgamesh ont pris la décision de passer outre ce nouvel arrêté et de poursuivre l’ouverture au public de la salle 1, au mépris d’une part de la réglementation relative aux établissements recevant du public (ERP), d’autre part de la décision administrative de fermeture de la salle 1 prise par la mairie. Cet acte constitue un délit sanctionné par l’article L. 123-4 du code de la construction et de l’habitation et passible d’une amende de 3 750 euros, à laquelle s’ajouteront les contraventions de cinquième classe (jusqu’à 1 500 euros par jour) prévues par les articles R. 152-6 et R. 152-7 du même code en cas d’ouverture sans autorisation administrative d’un ERP.

Une procédure judiciaire est actuellement en cours, dirigée contre les exploitants du Gilgamesh, sur le fondement de ces textes à la suite d’une saisine du parquet d’Avignon sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale. En aucune manière, un quelconque « arrangement » n’a été trouvé entre les gestionnaires du théâtre et le préfet de Vaucluse. L’ouverture au public de la salle 1 du Gilgamesh est illégale depuis le 6 juillet 2018 et le demeure. Les exploitants qui agissent au mépris de la règlementation et des décisions administratives, mettant en danger les artistes et les spectateurs, ont été avisés des procédures en cours. Ils engagent leur responsabilité pénale et auront à répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes. »

Bertrand GAUME
Préfet de Vaucluse

Notre commentaire : Il arrive que la réalité dépasse la fiction. Il semble donc que cela soit effectivement le cas ici . Dans notre billet, nous anticipions une future dérive concernant le respect ou non des injonctions préfectorales en matière de sécurité des salles de spectacles du OFF. C’est exactament en réalité ce qui se passe déjà ici, s’agissant du 11-Gilgamesh. Les directeurs de ce théâtre ont donc choisi délibérément, de manière parfaitement irresponsable, de passer outre l’avis de la commission de sécurité et l’injonction préfectorale à fermer la salle 1 de leur théâtre, non conforme devant la loi.
Ce comportement est indigne d’une grande salle telle que le 11-Gilgamesh. Outre le fait qu’il met en danger la vie du public que la salle 1 accueille, rappelons qu’en cas d’accident (et dans un théâtre, l’accident, du plus petit au plus funeste, est fréquent), ni le public, ni les artistes et techniciens ne seront couverts par les assurances.
Le 11- Gilgamesh a visiblement privilégié, en ouvrant à tout prix (sous le fallacieux prétexte de « soutenir » les 7 compagnies que sa salle 1 accueille), un calcul financier à court terme des plus hasardeux : effectivement, une dizaine de jours sous amendes et pénalités ne dépassera guère les 20 000 euros, au lieu d’une somme au minimum 10 fois supérieure s’il avait fallu dédommager les compagnies…
Mais à long terme, ce mauvais calcul se retournera fatalement contre le théâtre : au-delà de la réputation désastreuse de celui-ci après un tel comportement, en cas de condamnation par la justice le 11 risque purement et simplement, outre le retrait de ses licences de spectacle, la fermeture définitive du théâtre.
La rédaction.

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Comments
2 Responses to “DROIT DE REPONSE DU PREFET DE VAUCLUSE : « L’AFFAIRE » 11-GILGAMESH”
  1. Galet-Lalande dit :

    Il serait intéressant de donner un droit de réponse aux compagnies qui y jouent, concernant ces « soit-disant problèmes de sécurité ». Intéressant que Monsieur le Prefet et Madame la Mairesse se déplacent pour voir de leurs yeux la salle 1, qui est, sans comparaison possible, la plus belle salle du OFF en terme d’equipement et d’accueil public. Intéressant que ces derniers aillent faire un tour dans d’autres lieux, tels les théâtres de la rue des Teinturiers mais il y en a des dizaines d’autres, les salles de spectacle improvisées dans des caves, des garages ou des restaurants dans le seul but de réunir un bon petit pactole en alignant au hasard n’importe quel production à la chaîne, au mépris évidemment des conditions d’accueil et de sécurité. Intéressant d’arrêter cet acharnement absurde, en pinaillant sur quelques dizaines de centimètres a propos d’une trappe de désenfumage alors que des agents de protection incendie sont présents tout au long de la journée, ce dont aucun autre théâtre du OFF ne peut se vanter. Arrêtons cette surenchère des « règles de sécurité » qui deviennent si absurdes et impossibles à appliquer que l’on en finit par ne plus pouvoir prendre d’initiative sans craindre d’en passer par les fourches caudines du contrôle sécurité et de ses couperets.
    Redonnons au 11 • Gilgamesh ses lettres de noblesse et saluons ce lieu où le théâtre, l’engagement, l’avant-garde, la fraternité et les valeurs humaines existent encore. C’est suffisamment rare pour ne pas être mis en valeur et clamé haut et fort.

    • Cela n’empêche rien à leur obligation à respecter la Loi. Nous nous battons depuis 2010 pour que le OFF s’assainisse. 11-Gilgamesh ou pas, les salles du OFF doivent se conformer aux avis de sécurité et aux injonctions préfectorales, que ça leur plaise ou non, que ça leur fasse perdre du fric ou pas. On s’en fiche : la Loi est faite pour être respectée, sans exception. Ce type de comportement, celui du 11-Gilgamesh, est inadmissible et injustifiable, et envoie un très mauvais signal aux autres salles du OFF. De toutes manières, quoique vous en pensiez, le 11 est Hors la Loi. Et fait prendre des risques inconsidérés à ses spectateurs (en cas d’accident, même minime, ils ne seront pas couverts par les assurances : Qui paiera ? Le Théâtre ? En tout cas il sera tenu pénalement responsable)… Quant aux compagnies, ns les avons bien sûr sollicitées, mais il semble -par calcul ou intérêt ?- qu’elles approuvent aveuglément le comportement illégal, immoral et irresponsable de leur loueur de créneau. Tant pis pour la morale. Tant pis pour elles. Personne n’en sortira glorieux de cette histoire, pas plus le théâtre que ses « supporters ».

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