LE GUIDE DU OFF 2021 : 50 SPECTACLES INDISPENSABLES

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LE GUIDE DU OFF 2021® : NOTRE SELECTION DES 50 SPECTACLES A VOIR EN PRIORITE

Un peu plus de 1000 spectacles proposés dans cette édition 2021 ressuscitée, et toujours la même illisibilité et le même casse-tête pour les spectateurs du OFF, bien souvent lâchés à eux mêmes et déambulant hagards à la recherche des quelques spectacles qu’ils pourront s’offrir lors de leur très court (de plus en plus court d’ailleurs) séjour à Avignon. Et ce n’est pas le catalogue édité par AF&C qui les aidera à établir objectivement leurs choix, ce dernier n’étant que la recension des communiqués de presse des compagnies accompagnés d’extraits de presse -vrais ou bidonnés- forcément dithyrambiques…

D’où notre volonté de créer le GUIDE DU OFF®, qui aurait dû initialement prendre une forme papier, distribué gratuitement sur tout le OFF d’Avignon… Mais pandémie oblige, incertitudes et flou artistique volontairement distillés par l’Etat jusqu’à la mi-mai en auront décidé autrement… Ce n’est que partie remise pour 2022…

En voici donc une version numérique, allégée, dont cette sélection des 50 spectacles que nos collaborateurs ont jugé indispensables. 50 spectacles à voir en priorité, d’autant plus si, cher festivalier, la durée de votre séjour à Avignon est réduite à sa portion congrue. Excellent festival à toutes et tous, et que la fête soit magique !

NOS 50 SPECTACLES SELECTIONNES :

– Partez Devant (théâtre) – Cie Le Grand cerf bleu – La Manufacture
« T’as jamais eu une idée que finalement tu as abandonnée parce que t’osais pas ou parce que t’avais pas le temps ? ». Cette page de vie quotidienne des post-ados moyens est bouleversante et vraie. L’humour sarcastique est à tous les coins de phrases, comme savent le faire les auteurs anglais caustiques et grinçants, un peu à la Pinter… Clara et Simon sont donc le double de notre société qui paient leurs loyers mais cherchent à gruger les assedics… De quoi sont-ils fiers ? à voir sans hésiter… (Inferno)
– OPA(théâtre) – Mélina Martin –  Le Train Bleu
D’Hélène de Troie, on connaît la beauté – légendaire – qui déclencha la guerre. Mais qu’a-t-on retenu de son histoire ? Peut-on affirmer qu’elle a succombé au charme de Pâris sans considérer la possibilité qu’elle ait pu être enlevée ? Mêlant mythe et réalité, grec et français, Mélina Martin ramène la plus belle femme du monde dans un présent troublant, où les échos de l’Antiquité se teintent d’une étonnante modernité.
– Normalito(Jeune public et grands) – Pauline Sales – Le 11 Gilgamesh
Nous on aime bien Pauline Sales. Ici une fable, pour petits et grands, sur la normalité et la différence, où nous abordons la tolérance, l’empathie. Ne sommes nous pas tous différents et tous semblables ?
– Logos suivi de Abysses(danse) -Compagnie Le scribe – Théâtre Golovine
Deux œuvres percutantes qui résonnent avec notre société. Largement salué par la critique, « Logos » est un solo qui traite de la radicalisation avec virtuosité. « Abysses » est une pièce saisissante, un duo qui met en lumière les couches les plus profondes de la personnalité humaine ; porté par deux interprètes aux corps engagés et puissants, ce spectacle est une véritable immersion dans les mécanismes du comportement humain.
– Histoire de la violence(théâtre) – Cie Anima Motrix – La Manufacture
« Mon histoire est à la fois ce à quoi je tiens le plus et ce qui me paraît le plus étranger. »— Edouard Louis
– Incandescences (théâtre) – Ahmed Madani – Théâtre des Halles
Dans le sillage de « Illumination(s) » et de « F(l)ammes », « Incandescences », dernier chapitre de la trilogie « Face à leur destin », met en scène des jeunes gens nés de parents ayant vécu l’exil et résidant dans des quartiers populaires. Une nouvelle aventure pour faire entendre la voix d’une jeunesse rarement entendue, amener d’autres corps, d’autres visages, d’autres histoires, poussée par un vent de liberté, de joie et d’espérance.
– Chto(théâtre-danse) – Sonia Chiambretto/Écrire un Mouvement – Le Train Bleu
« Chto interdit aux moins de 15 ans », écrit par Sonia Chiambretto, une auteure que l’on aime et suit depuis longtemps, livre la fuite d’une jeune tchétchène jusqu’à Marseille, en passant par la Russie et l’Ingouchie, lors de la seconde guerre en Tchétchénie. Ce texte suit l’itinéraire de Sveta au travers de fragments de récits, de cris poétiques, de chants et de blancs que l’on cherche en vain à recoudre. Si en tant que citoyenne, Sonia Chiambretto écrit un texte politique, c’est comme auteure qu’elle le formalise.
-The Kindly Ones(événement, 2 jours seulement) – Elli Papakonstantinou – La Manufacture
« The Kindly Ones » est un manifeste contre les montées des extrémismes identitaires en Europe. Il invite le public sur des sites mémoriels de la seconde guerre mondiale. La création réunit entre autres des textes de I. Kambanellis écrivain grec interné au camp de Mauthausen et honore les univers des artistes-peintres internés au Camp des Milles, Max Ernst, H. Bellmer et de l’écrivain L. Feuchtwanger. Le projet mêle dans un juste équilibre performance, chœur de personnes âgées du territoire, musique live, lecture de textes témoignages de prisonniers internés.
– Sosies(théâtre) – Alain Timar – Théâtre des Halles
Exister à travers quelqu’un d’autre ? Quelle meilleure façon de parler d’identité ? Il y a sans doute une part drolatique à montrer des acteurs déguisés en Johnny, Gainsbourg et affublés de surnoms grotesques. Mais il est profondément émouvant de rêver pour soi d’une vie plus grande malgré l’évidence de la vie sordide. Une mise en scène d’Alain Timar dont c’est la création 2021, sur un texte de Rémi De Vos.
– Work (performance) – Claudio Stellato – Contre-courant
Entre cirque et arts plastiques, l’artiste italien Claudio Stellato ouvre son atelier de bricolage fantastique. Des clous, du bois, de la peinture, quelques outils et des gestes banals du quotidien donnent forme à une performance délirante, non pas pour le résultat de l’action, mais pour les mouvements qu’ils induisent et la musicalité qu’ils créent. Ici, les efforts physiques sont poussés jusqu’à l’épuisement pour un résultat parfois absurde. Avec Work, Claudio Stellato approfondit sa recherche entre le corps et la matière, entre le cirque et les arts plastiques, dans un spectacle drôle et décalé.
L’homme qui tua Mouammar Kadhafi (Théâtre) – Superamas – Le 11 Gilgamesh
Un ancien officier de renseignement de la DGSE révèle à visage découvert, ce qu’il sait des véritables causes de la mort de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Interviewé en direct par le journaliste politique Alexis Poulin, avec la complicité du collectif artistique Superamas, son témoignage exceptionnel jette une lumière nouvelle sur l’un des plus grands scandales d’Etat de ce début de 21ème siècle. C’est du Superamas, c’est forcément super ! Une plongée glaçante dans les eaux troubles de la géopolitique contemporaine !
Parc (théâtre) – collectif La Station – Théâtre des Doms
Un cauchemar à l’odeur de sang et de chlore, une comédie noire qui exhume les désenchantements de la génération “Sauvez Willy”. C’est depuis les coulisses d’un parc aquatique – où les shows avec les otaries, les dauphins et les orques se succèdent – que Le Collectif La Station nous invite à observer de plus près une fine équipe de dresseurs d’animaux marins.
Vero 1ère, reine d’Angleterre – (transdisciplinaire) 26000 couverts – Villeneuve en Scène
Après un Shakespeare décoiffant et un « Idéal Club » hilarant, les 26000 se lancent dans le mélodrame !
Avec le clan Stutman, une des dernières familles du théâtre forain, ils vous présentent l’extraordinaire destin de Véro, qui n’osait se rêver gérante de Franprix, et finit pourtant Reine d’Angleterre ! Une fable aussi morale que perverse. Il y aura des larmes, du sang, de la magie et des merveilles. Frissons, stupeur et crises de rires garantis. « Je vous promets une flopée de coups de théâtre. J’en ai mis autant qu’il est humainement possible de le faire. Il y a même une scène où il y en a quasiment plus que de mots. » (l’Auteur). 100% 26000 couverts !
– Et Dieu ne pesait pas lourd(théâtre) – Dieudonné Niangouna / Frédéric R. Fisbach – Le 11 Gilgamesh
Sous nos yeux, Anton, qui se dit acteur, raconte sa vie rocambolesque. Invente-t-il ? Anton brouille les pistes, commente abondamment la marche de l’humanité, fait le clown. Il cherche à sauver sa peau en baratinant brillamment ses geôliers, djihadistes ou services secrets américains. Ce monologue a été écrit par Dieudonné Niangouna pour Frédéric Fisbach à sa demande. Adresse vertigineuse, échevelée, poétique et insolente au monde contemporain.
– The Hidden Garden(danse) – JC Movement Production / Jill Crovisier – Théâtre Golovine
« The Hidden Garden » est un monde intermédiaire, un endroit mystérieux où le réel et le fantastique s’entremêlent. Dans un espace délimité par un carré de pelouse synthétique, une étrange créature évolue. Entre imaginaire et rituels contemporains, apparaissent des visions fugitives. Une chorégraphie inspirée par les nouvelles gothiques, la littérature fantastique et les us & coutumes de notre société actuelle. Ce solo à la forte charge visuelle, non dénué d’humour, flirte avec la performance et les arts plastiques.
– Être fantastique (jeune public) – Cie Semaphore & Teatro all’improvoso- Le Totem
Ils sont trois sur scène à mettre en place leur atelier artistique. Un peintre italien, une conteuse française, une musicienne japonaise. Des pinceaux, des livres, des baguettes de percussionniste. Et puis, d’un coup d’un seul, tout un univers se met en mouvement, où tout s’invente, apparaît à la manière d’un Être Fantastique et disparaît sur un air de musique, une histoire en suspens, une couleur qui s’étiole.
Madame Van Gogh (théâtre) – Cliff Paillé – Le Transversal
Van Gogh est absent de la pièce. Cela permet d’explorer sa vie avec distance, jubilation, épaisseur. Débarrassé de l’incarnation physique de Van Gogh, on peut se balader en son âme, sur la trace de sa vraie personnalité, trop souvent déformée pour y dénicher le scandale et l’excès. Un échange souriant et sensible, pavé de désaccords et de complicités, s’installe progressivement. De celui-ci naît la rencontre avec un Van Gogh différent de celui que beaucoup s’imaginent.
Nu  (théâtre) – David Gauchard – La Manufacture
La vulnérabilité du modèle ne vient pas de sa nudité mais de son immobilité » prononce l’un des comédiens présent sur scène, en même temps qu’un modèle vivant au visage absent, le prénom projeté sur un écran noir, formule pour lui cette phrase qui condense à mes yeux la plupart des thématiques abordées par le spectacle. La question de la limite par exemple : quand s’arrêter ? L’immobilité du nu n’est pas celle du dormeur, il habite une pose de statue qui l’épuise peu à peu et exige pour son corps d’autres pauses. (Le Bruit du Off)
– The End (danse) – Bert & Nasi – La Manufacture
The END est un spectacle drôle et émouvant qui nous invite à confronter nos espoirs et nos peurs quant au futur, de manière légère et désinvolte.
– Home(danse) – Magrit Coulon – Théâtre des Doms
Chorégraphie poétique dans un EHPAD comme un autre. Dans un dispositif étonnant, de très jeunes comédien·ne·s incarnent nos aîné·e·s avec justesse et pertinence. Les corps se transforment dans un geste de pure théâtralité, sobre et respectueux de l’enquête qu’a menée la metteuse en scène dans ces lieux. Une première œuvre sans concession, qui fera rire et pleurer, tant, le réel dans ce cas, nous touche dans notre condition d’humain, inexorablement vieillissant.
– Angel(s) in America (théâtre) – Cie Philippe Saire – La Manufacture
Dans l’Amérique reaganiste des années 1980, le SIDA éclate dans les communautés homosexuelles. Les trajectoires de vie s’entrecroisent dans cette pièce chorale où, tout en humour et en allégories, les personnages se confrontent à la stigmatisation et à la politisation de l’intime.
– Hamlet Machine (Théâtre-Performance) – Arturas Areima – La Manufacture
Arturas Areima pousse le spectateur à s’attarder sur les problèmes sociaux et personnels causés par les transitions socioculturelles. La performance pousse le spectateur à affronter la conscience d’un jeune homme souffrant d’anxiété et de recherche de sens tout en essayant de se comprendre à travers des expériences destructrices et limitantes
– Andy’s Gone (1 & 2)(transdisciplinaire)  – Julien Bouffier – Villeneuve en Scène
Adaptation contemporaine d’Antigone, Andy’s Gone nous conduit dans un monde technologique ou chacun porte un casque pour entendre les messages du pouvoir. Dans Andy’s Gone 1, le public apprend qu’il doit rester confiner dans les abris. La reine Régine, effondrée par la mort de son fils, décrète l’état d’urgence devant une catastrophe naturelle qui se prépare. Alison, la nièce de Régine, est désignée pour prendre sa succession. S’engage alors un face à face implacable entre deux visions irréconciliables : générosité ou repli sur soi.
– Sans effort (théâtre/performance) – Cie Snaut – Le Train Bleu
C’est une pièce qui s’est inventée en parlant et en faisant parler, et n’est imprimée nulle part ailleurs que dans nos cerveaux. Une histoire qu’on raconte, mais que personne ne pourra jamais lire. Sur scène il y a un acteur amateur qui n’est pas vraiment là, un duo d’interprètes qui disent en même temps les mêmes mots, de la musique de transe indolemment jouée sur des instruments à une seule corde et des problèmes divers… Tout un programme !
– Programme (théâtre) – groupe Merci – La Manufacture
.Si on vous proposait une sorte de programme de développement personnel vous permettant de dépasser les limites de votre horizon douillet, est-ce que vous accepteriez ? Bien-sûr, il faudrait obéir à ce vieil homme, là sur le côté, immobile sur sa plateforme, qui enchaîne les impératifs et vous enchaîne à eux. Le jeune garçon qui l’écoute en équilibre au-dessus du vide manque déjà de tomber alors qu’il tente de réaliser le premier objectif ; c’est qu’il porte tout un voyage sur son dos, une échelle, un micro-onde et tout un fatras de sacs. C’est quoi le premier objectif ? Rejoindre une autre plateforme, changer de place, concevoir l’ailleurs. (Le Bruit du Off)
– Hiboux(théâtre de rue) – Cie Les 3 points de suspension – Villeneuve en Scène
Autour d’une table ronde, trois musiciens/ comédiens et un conseiller funéraire explorent les relations qui nous unissent aux disparus. Hiboux est une messe contemporaine qui explore nos manières de faire du rite, nos représentations du deuil. Hiboux est aussi une histoire chorale qui nous raconte et nous invente. On y parle avec tendresse et humour de la mort, de croyances, de rites et de cérémonies, de spiritisme, de passé et de futur, d’immortalité et d’éternité. Ici on y explore, cherche, convoque en beauté cette part de notre humanité, on réinvente du rite comme on réinvente du théâtre.
– Guérillères ordinaires(théâtre) – Cie Les Grisettes – Artéphile
« Guérillères ordinaires » donne la parole à trois figures féminines emblématiques d’une oppression quotidienne. Que leurs bourreaux soient mari, père ou patron, qu’elles soient violées, renvoyées, forcées au régime, ou interdites d’aimer qui elles veulent, elles sont muselées. Mais face à cette violence, leur résistance donne une force insoupçonnée à nos héroïnes.
– En mode avion(Performance) – Louise Emö – La Manufacture
Toujours Louise Emö : « Ça a à voir avec monter une tragédie du trivial avec quelques outils de transmission de base : le micro, le stylo, le flow ». On adore…
– Merteuil, variations(théâtre) – Jean-François Matignon/Cie Fraction – Théâtre des Carmes
Dans « Merteuil, variation », spectacle imaginé à partir de fragments du texte de « Quartett »,, la marquise de Merteuil est jouée par un homme, David Arribe. Après « Moloch », spectacle dans lequel David incarne un Ogre imaginaire chez qui les fantômes du Boucher des Balkans et de Dracula se mêlent, s’est imposée l’idée de poursuivre avec lui l’exploration d’un territoire habité de prédateurs monstrueux, une plongée dans la nuit des corps… C’est du Matignon, pur jus… 
Caligula (théâtre) – Cie des Perspectives – La Factory
La Compagnie des Perspectives a résolument choisi de rendre cette complexité du personnage, transfiguré par la beauté de l’écriture de Camus. Mais, dans un même mouvement, rendre aussi les ombres noires qui encerclent cette vie brève et incandescente de Caligula : l’arbitraire, la terreur, la peur d’un passage sur Terre marqué par l’absurde. La compagnie a donc choisi, sans rien retrancher du texte, de l’ancrer dans une actualité brûlante où costumes, musique, lumière et scénographie nous rappellent une brutale réalité chère à Brecht : «le ventre est encore fécond d’où a jailli la bête immonde ».
– L’homme qui dormait sous mon lit(théâtre) – Pierre Notte – Théâtre des Halles
Un bon migrant est un migrant qui se suicide de lui-même, proprement, sans engager la responsabilité de la France, de l’Allemagne, ou de l’Italie. Mais on compatit, naturellement. On n’est pas des chiens. « L’homme qui dormait sous mon lit » esquisse un présent prochain où une prime d’indemnité serait allouée à ceux qui hébergent un réfugié, et à qui une récompense supplémentaire serait accordée au cas où ledit réfugié, poussé à bout, se suiciderait de lui-même, sans faire de tache.
Une goutte d’eau dans un nuage(théâtre) – Eloïse Mercier/Cie microscopique – Le Transversal
Révélation du OFF 2019, cette petite perle est un vrai bijou poétique. Eloïse Mercier susurre les mots de son voyage, tout doucement, comme à l’oreille de chaque spectateur… C’est un spectacle difficilement classable tant il est fait de petites choses qui font ces petits touts. A ne pas louper.
– Mimoun et Zatopek(théâtre) – Cie Les 3 mulets – Artéphile
Milieu des années 70. Karim, ouvrier mécanicien, occupe son usine. C’est la nuit. Il repense à sa première action militante. C’était l’année 47. L’année de ses quinze ans. L’année où, arrivé en France, il trouvait un travail dans les usines Renault, à Boulogne-Billancourt, et dormait dans les baraquements de Saint-Denis. L’année de la grande grève. L’année où Mimoun devint champion de France des 5 et 10000 mètres. L’année où Jules Moch, ministre SFIO, fit tirer sur les mineurs. L’année où Zatopek gagna sa première course internationale aux jeux interalliés de Berlin, avalant 5000 mètres en 14 minutes 31.
– L’Utopie des arbres(théâtre) – Cie Taxi-Brousse – L’entrepôt
En évoquant le monde des arbres, Alexis Louis-Lucas fait sauter l’écorce des apparences pour faire jaillir la sève poétique du Beau, du Simple, du Vrai. 1h10 baigné de lumière à creuser les sillons de sa vie dans la sciure de nos émotions, quelque part entre humour, labeur et splendeur. L’Utopie des arbres touche le public en plein coeur par le talent de son auteur-comédien. Du jeu, des personnages riches et variées, un balai, de la sciure, une scénographie lumineuse ! L’exercice théâtral est permanent : le corps, la voix, un texte, une performance !
A l’envers à l’endroit(jeune public) – Cie La bocca della luna – Totem
Et si Blanche-Neige était un garçon ? Son oppresseur, son beau-père ; sa sauveuse, une princesse sachant terrasser les dragons. Cela changerait-il quelque chose ? C’est en s’emparant d’un classique, dont elle renverse les points de vue avec malice, que la metteuse en scène Muriel Imbach s’attaque à une question des plus contemporaines : les stéréotypes de genre. Muni.e.s de casques audio, les enfants sont invité.e.s à une autre écoute du conte de Grimm, à travers une expérience à la fois immersive et interactive. Un espace où l’art de la suggestion est roi. Et les idées, larges, n’ont ni envers ni endroit.
– Jeanne et le orange et le désordre (performance-théâtre) – Louise Emö – La Manufacture
A-t-on encore une identité quand on n’a plus de définition ? Nous on aime Louise Emö, sa parole est abrupte, en tension avec l’élocution, et l’interprétation sur le fil. Fresque chorale, partition performative, Jeanne et le orange et le désordre surfe sur des citations spoken word, stand up et interprétation classique centrée autour de la façon de dire les mots.
-Une Bête ordinaire  – (théâtre) – Véronique Bellegarde – Le 11 Gilgamesh
« Une bête ordinaire » n’a rien d’ordinaire justement. A sept ans, la petite fille a déjà des seins qui poussent, une féminité qui grandit en elle comme une bête. A la fois effrayée et curieuse, elle va commencer à explorer ses nouveaux attributs, au grand dam de sa mère qui ne comprend rien à ce qui se passe (« où est passée ma môme à couettes ? »). Le brief de départ est chargé, et il faut tout le talent de l’actrice (Jade Fortineau) pour passer ce seul en scène qui navigue entre enfance et adolescence dans un texte bouleversant. (Le Bruit du Off)
– Ivanov(théâtre) – Cie L’éternel été – La Factory
Ivanov est un jeune homme d’aujourd’hui, confronté au poids d’un héritage trop lourd à gérer, d’une passion amoureuse qui s’éteint, et d’une perte de sens généralisée sur le monde qui l’entoure. «J’ai trente ans et je suis couvert de rouille.» Ivanov devient la figure d’une jeunesse qui veut s’engager dans un monde en transition dont elle hérite.
– De la sexualité des orchidées – (théâtre) – Sofia Teillet – Le Train Bleu
Sur scène Sofia Teillet nous offre, sans autres accessoires qu’un paperboard et quelques images projetées, une balade de près de 83 millions d’années avec comme seul fil conducteur l’évolution et la reproduction des orchidées depuis lors. Quelle comédienne ! À l’hésitation drolatique, à la gestuelle clownesque dans des élans d’un sérieux jubilatoire tant le texte frôle souvent le non-sens et les théories fumeuses. Excellent. (Le Bruit du Off).
– Hamlet (théâtre) – Cie Vol plané – Théâtre des Carmes
Cinq acteurs/techniciens pour raconter et jouer ce conte danois, dans un dispositif au plus proche du public. Un théâtre tantôt adressé, tantôt incarné, un théâtre partagé et généreux où le spectateur est au cœur du dispositif. Traquer la vérité en écartant toutes formes d’esthétisme et d’illusion. Dans une économie de moyens ; sans décors, ni costumes, sans effet lumière, ni effet son, le dénuement comme valeur universelle pour toucher le plus grand nombre et comme élément primitif et essentiel au théâtre : l’acteur.
– Rabudôru poupée d’amour – (théâtre) – Olivier Lopez –Théâtre des Halles
Nora et Thierry sont fébriles. Ils se préparent à devenir parents tout en s’occupant du père de Thierry, atteint de la maladie d’Alzheimer, quand l’usine de jouets qui les emploie annonce sa fermeture. Un groupe industriel japonais rachète l’entreprise et lance la fabrication de « rabudôru » (poupée d’amour), version grandeur nature de la poupée Barbie, à destination des adultes, conçue dans un souci de réalisme parfait et de passivité.
– L’homme seul (théâtre) – Seb Lanz – Théâtre des Carmes
C’est au gré de rencontres avec des SDF dans les rues de Lyon que Seb Lanz a construit peu à peu son spectacle, la vie d’un seul homme comme une synthèse de toutes ces confidences. Le texte est souvent dur et violent mais est aussi empreint d’une indéniable poésie. Une mise en scène intelligente et culottée portée par un beau travail d’écriture qui se détache du documentaire en sublimant poétiquement les maux et les tourments de ces oubliés.
– No way Veronica (Théâtre) – Armando Llamas – Le 11 Gilgamesh
« No way Veronica » est une parodie drolatique du film d’horreur « The Thing » de John Carpenter. Neuf gars sont réunis dans une base météorologique au milieu de l’Océan Antarctique. Dans cet univers hostile, ils étudient le climat et vont bientôt devoir faire face à une invasion d’un nouveau genre : chez Carpenter, c’est un extraterrestre qui prend la forme d’un chien pour les détruire ; chez Llamas, c’est Veronica, une vamp prête à tout pour les séduire.
– Barbe bleue(théâtre musical) – Sylvie Nève – Le Transversal
Filles, sœurs, mères, épouses, amies… en déployant sur scène le poème expansé de Sylvie Nève, ce Barbe bleue fait entendre la multiplicité des voix qui fondent le conte, pour dire leur complémentarité vitale face à la barbarie. De manière chorale ou en contre-point, la musique et les mots s’entremêlent et tissent la trame de cette histoire initiatique qui nous éloigne de l’enfance pour parler d’émancipation, de violence conjugale et de sororité.
– Pour un bilan raisonné de la direction d’Olivier Py (Live talk) – Collectif Impatience – Le Train Bleu
12 spectateurs/participants de « Pour un bilan raisonné de la direction d’Olivier Py » sont invités à converser avec Olivier Py lui-même durant une heure conviviale, chaleureuse, résolument “in” dans un cadre agréable, spécialement dédié à la réflexion.
-Comme un vent de noces(théâtre) – Fabrice Melquiot/P. Daniel-Lacombe – Contre-courant
« Comme un vent de Noces » est un spectacle dans lequel on s’immerge, au sens propre comme au figuré. Lorsque spectateurs et comédiens se mélangent, une question est mise en jeu. Celle de l’exercice du libre arbitre dans nos existences respectives. Avons-nous vraiment le choix ? Ne sommes-nous pas les premiers à limiter de nous-mêmes nos
libertés ? Autant de questions que l’espace reconstitué d’une noce pourra mettre à nu.
– Lampedusa Snow (théâtre) – Eleonora Romeo – Théâtre des Carmes
Après « Lampedusa Beach », voici la seconde partie d’un triptyque dédié aux migrants naufragés. Ce texte a été écrit à partir d’un fait divers : cent migrants africains ont débarqué à Lampedusa et ont été transférés vers les Alpes à mille huit cents mètres d’altitude, laissés là, dans l’attente de démarches bureaucratiques d’identification. « Lampedusa Snow » relate en quelque sorte un naufrage en montagne, tout particulièrement celui de Mohamed, peut-être le frère de Shauba – la femme de « Lampedusa Beach ».
– La Machine (danse/installation interactive) – Valérie Giuga/Jean-Philippe Hauray – Villeneuve en Scène
Objet hybride entre la borne de jeu Arcade et la machine à sous, LA MACHINE génère des mouvements sur le principe de séquences tirées au sort par un joueur. Par un système d’imitation, le joueur muni d’un casque audio, reproduit les gestes d’un danseur à l’écran et apprend un très court extrait chorégraphique. Objet créatif et ludique, LA MACHINE permet à tous de découvrir la danse contemporaine et la culture chorégraphique en traversant de courts extraits tirés de 16 oeuvres de chorégraphes célèbres et moins connus du XXème et XXIème siècles. 
-Yourte(théâtre) – Cie Les mille printemps – Théâtre des Carmes
Un soir d’été 98, alors que la France entière agite des milliers de drapeaux tricolores dans les airs, quatre enfants en protestation se font une promesse : « Un jour on vivra tous.tes ensemble dans une grande Yourte. » Quitter la ville, troquer mille supermarchés pour un potager, larguer patron.ne.s, bâtiments, voitures, ordinateurs, portables, argent, et ne viser plus qu’un seul but ensemble : la cohérence. Vingt ans plus tard, ces enfants ont grandi. Leurs rêves aussi…

* IMPORTANT : cette sélection n’est pas classée par ordre de préférence ou de priorité.

A LIRE AUSSI : La sélection des 12 lieux incontournables du OFF 2021

 

Image : Claudio Stellato, « Work », au festival Contre-courant 2021, sur l’île de la Barthelasse.

Comments
4 Responses to “LE GUIDE DU OFF 2021 : 50 SPECTACLES INDISPENSABLES”
  1. Bretin dit :

    Bonjour, dans la rubrique Le buzz du festival, vous écrivez « La preuve, la totalité des vrais et bons théâtres du OFF ferment leurs portes cette année dès le 25 juillet, date à laquelle conclut le IN : Manufacture, Train Bleu, le 11, les Doms, Théâtre des Halles, Golovine, Factory… »
    MAIS C’EST TRÈS INEXACT : à La Factory, programmation jusqu’au 31 juillet ; au Théâtre des Halles, jusqu’au 30 juillet ; Le 11 et Le Golovine, jusqu’au 29 juillet ; Le train bleu jusqu’au 26 juillet ; il n’y a que Les Doms qui s’arrête vraiment plus tôt, comme d’habitude
    Murielle

    • redaction dit :

      On a dit la plupart… On n’a pas dit tous ! Et on a dit dès le 25 juillet, ce qui veut dire à partir du 25… Exemples, La Manufacture, Le 11, Le Train Bleu, Les Carmes, Les Doms en effet, Villeneuve en Scène et des tas d’autres…

  2. Le floch dit :

    Comment avez-vous opéré cette sélection ? Spectacles déjà vus et approuvés ? Ou vous connaissez déjà les troupes et leurs spectacles précédents ? Cordialement. G et D, Festivaliers de longue date.

    • redaction dit :

      C’est exactement cela. Certains spectacles ont été déjà vus à Paris ou ailleurs, et même chroniqués. Le reste de notre sélection est fondé sur notre connaissance de la compagnie ou du metteur en scène, car on les suit depuis longtemps. Nous ouvrons aussi sur de tout jeunes créateurs en qui nous avons parfaitement confiance… Enfin, les lieux où ces spectacles se produisent sont aussi un gage de qualité, et nous faisons pleinement confiance à leurs directeurs-trices dont les programmations sont toujours mûries et s’inscrivent dans une ligne esthétique solide… Merci à vous pour votre fidélité et excellent festival !

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