« JOYAUX LOURDEMENT SOUS-ESTIMÉS » : L’ÉTREINTE DU DÉSIR

*lebruitduoff.com – 11 juillet 2026
JOYAUX LOURDEMENT SOUS-ESTIMÉS – Compagnie Bast Hippocrate – La Scierie – 10 au 20 juillet à 19h15 – Durée 50 min. – relâche le 15 – Sélection suisse en Avignon (SCH)
Deux. Deux hommes au centre. Dans la brume des fumigènes. Dans la musique déjà. Langueur. Lenteur. Ils sont là. Si proches. Serrés. Serrés . Sur une minuscule plateforme circulaire qui tournera. Dans un mouvement peut-être infini.
Offerts à tous les regards. Spectateurs en quadrifrontal. Et l’espace autour d’eux. Qui semble si vaste.
Eux sur leur îlot. D’abord la main. Les mains qui se prennent. Puis un peu le visage. La main qui passe sur le crâne. Caresse. Douceur du geste. Main cuisse. Main ventre. Dos. Torse. Exploration sensible. Déployer le corps collé. Lenteur du temps. Hypnotique. Et pencher doucement la tête. Longer le cou. Caresse. Équilibre fragile. Corps peints dans le brut du laser. Acide. Tournoyant. Enveloppant. Voile de lumière pour y baigner les corps. Frôlements imperceptible. Et puis soudain. Le corps décollé. Piéta et le corps porté comme un branchage. Regard vers le ciel. Extase et le silence.
Au loin des voix à peine audibles. Des cris. Peut-être des appels. Une autre rive. Le fleuve des corps homonyme. Coulés. Et puis brutale la lumière crue. Blanche. Et le chant qui monte à nouveau. Rauque. Corps séparés. Qui se cherchent. Se prennent et se cognent. À même le sol. Claquements sourds. Comme une violence un désir une passion un combat. Unir les corps pour des chevauchées folles. Désirs tendus. Arc-boutés. Fauves-rois sauvages et libres. Dialogue infini des corps. Comme un geste d’amour. De désir et d’envie. De vie.
Bast Hippocrate, et William Cardoso performent avec brio. Un propos charnel dansé avec une force sensible. Un éclat de vie. Lente / vivo. Le mouvement de la vie. Moment de poésie. Quand aimer devient une aventure. Une exploration de l’inconnu toujours renouvelée.
Arthur Lefebvre





























