« VOYAGE EN ATAXIE », HYPOCONDRIAQUES S’ABSTENIR…

lebruitduoff.com – 13 juillet 2026
« Voyage en Ataxie » – Texte de Gilles Ostrowsky – Mise en scène Sophie Cusset et Gilles Ostrowsky – Compagnie OCTAVIO – Le 11 – du 4 au 23 juillet – Relâche les 10 et 17 juillet – 17h10 durée 1h05 .
Peut-on rire d’une maladie neurodégénérative ? Oui, à condition que ce soit celui qui la traverse qui nous y invite. Avec Voyage en Ataxie, Gilles Ostrowsky transforme son propre combat contre l’ataxie en un irrésistible terrain de jeu théâtral où le burlesque prend systématiquement le pas sur le pathos.
D’immenses matelas gonflables Intex envahissent le plateau et deviennent tour à tour terrain de jeu, support de projections ou espace d’acrobaties. Deux comédiens, vêtus d’élégants costumes à petits carreaux d’inspiration britannique, brouillent d’emblée les repères. Thomas Blanchard incarne Gilles Ostrowsky tandis que Grégoire Œstermann endosse une galerie de personnages – médecins, neurologue, psychologue ou magnétiseur – qui jalonnent ce parcours médical aussi déroutant que cocasse. Le parcours médical est raconté avec une précision presque clinique, ce cheminement est aussitôt bousculé par un humour irrésistible qui désamorce toute tentation de pathos.
Jusqu’alors porté par le duo formé par Thomas Blanchard et Grégoire Œstermann, le spectacle prend un virage inattendu avec l’entrée en scène de Léon Ostrowsky. Dès lors, le trio entraîne le spectateur dans un univers résolument déjanté où surgissent des personnages improbables, des créatures fantasques et un imaginaire qui prend progressivement le pas sur le réalisme. Le récit autobiographique se transforme alors en une véritable aventure théâtrale où l’absurde, le clown et le burlesque deviennent une irrésistible manière de défier la maladie.
Les trois comédiens déploient une énergie jubilatoire. Tout semble d’une grande fluidité, les personnages se succèdent à un rythme effréné, les changements de registre s’enchaînent sans rupture et chaque apparition réserve son lot de surprises. Le clown, le cabaret et l’absurde s’invitent sans prévenir, déclenchant des éclats de rire là où l’on s’attendait à l’émotion. C’est sans doute là que réside la plus grande réussite du spectacle, faire rire du parcours de la maladie sans jamais rire de la maladie elle-même.
Co-mis en scène par Gilles Ostrowsky, disparu l’an dernier, Voyage en Ataxie laisse le souvenir d’un spectacle où l’humour devient une véritable force de vie. Derrière cette fantaisie jubilatoire se dessine aussi le parcours souvent chaotique des personnes atteintes de maladies rares, confrontées à l’errance diagnostique, aux réponses parfois contradictoires et à des pratiques qui continuent d’interroger. Un voyage aussi déjanté que profondément humain, dont on ressort le sourire aux lèvres.
Béatrice Stopin






























spectacle génial d’inventivité . Le « jonglage » avec ces grands lits gonflables légers explose l’espace scénique et Grégoire Œstermann nous livre un festival de personnages secondaires . Courez-y !