Le Off : une certaine idée de la Presse…

Hier, présents à un débat autour de la presse sous le « magic mirror » du Off, nous entendions pérorer le modérateur du Off sur la prétendue supériorité du « papier » sur le numérique, en d’autres termes sur le soi-disant « sérieux » de la presse imprimée face à « l’irresponsabilité » des blogs, quand il ne s’agissait pas purement et simplement « d’incompétence »…

Ce discours à la hussarde nous a immédiatement renvoyés à ce qui alimente l’actualité depuis une bonne semaine, et la façon dont on traite les journalistes d’un véritable site d’information, Médiapart, accusé par les uns ou les autres de tous les maux pour avoir osé « sortir » une affaire qu’effectivement les médias traditionnels s’étaient bien gardés de couvrir…
Voilà ce qu’est la presse numérique, en effet, et voici ce qui justifie son existence : une réactivité sans égale, une liberté sans pareille, une information sans-arrière pensée puisque délivrée de la majorité des coûts qui constituent la presse papier, forcément soumise aux annonceurs et prescripteurs…

Que M. le modérateur d’AFC n’apprécie pas la presse numérique, cela, en effet n’a rien d’étonnant. En réalité, AFC n’apprécie pas la presse tout court, dès lors qu’elle ose remettre en cause certaines de ses actions, ou simplement commenter un peu vivement tel ou tel événement. Alors, les blogs culturels, voyez-vous, quelle horreur ! Ces espaces sans surveillance où s’expriment les pires anarchistes, les plus roués des commentateurs !… M. le modérateur AFC n’aime pas ces gens-là, ni ces médias-là. Evidemment, puisqu’ils ne sont pas aussi serviles que vous le souhaiteriez, qu’ils n’ont aucune envie de faire la retape pour une organisation, dont le président auto-proclamé déteste à ce point les journalistes en général qu’il ne les invite pas à ses conférences de presse !

Il se trouve, M. le modérateur, que ces blogs que vous décriez sont encore plus libres que la presse traditionnelle et qu’ils n’ont de comptes à rendre à personne. Il se trouve également que certains, pas tous, certes, sont animés par de vraies équipes professionnelles, et, ne vous en déplaise, font leur boulot avec sérieux et objectivité. Cette fameuse objectivité qui manque tant à une certaine presse traditionnelle, qui, par paresse, copinage ou lâcheté, n’osera jamais vous critiquer frontalement, en effet.

Le Bruit du Off, modestement, s’est fixé pour objectif, dans la mesure des ses moyens, de TOUT dire de la formidable agitation du Festival, y compris en allant parfois, en toute impertinence, regarder sous les dessous… Certes, cela ne fait pas plaisir à tout le monde. Mais c’est exactement ce qui fait notre raison d’être, et notre liberté. Les publications en ligne ont cette formidable légèreté qui autorise cette réactivité, cette fluidité, et, sur le fond, cette souplesse économique qui permet une totale indépendance de jugement et de commentaires…

Le Bruit du Off, M. le Modérateur, a des choses à dire et il les dira. En toute indépendance, idéologique ou économique, et en toute lucidité. Le Bruit du Off compte dans son équipe de vrais passionnés, véritables amateurs de Théâtre, et des titulaires d’une carte de presse. Soyez assuré qu’il veille à suivre les fondamentaux de la critique, de même qu’il s’attache à respecter le travail des uns ou des autres. Mais Le Bruit du Off se fait une certaine idée de la création, et du théâtre en particulier, et forcément, cela ne concorde pas tout à fait avec celle que vous vous en faîtes, ni avec les intérêts qui sont les vôtres. Le Bruit du Off n’est le « sous-marin » de personne, ni d’une quelconque organisation. La théorie paranoiaque du complot n’engage que ceux qui l’alimentent, et cela nous renvoie, on le voit, à une certaine actualité. Le Bruit du Off fait son job, c’est tout, et si par hasard nous étions amenés à tomber sur une information qui vous dérange, nous n’hésiterons pas pour autant à la publier. C’est dit.

Eléonor Zastavia ce 10 juillet

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