Des chiffres ou des Lettres (le billet de f. glatigny)

Nous l’avons vu, avec le mistral est arrivée l’heure des bilans. Et oui, déjà ! Ce qui peut aisément se comprendre pour le « In » ne laisse pas de surprendre pour le « Off » tant le décalage entre les chiffres avancés et la réalité semble impossible à combler en une semaine. Le Bruit du Off s’en est déjà fait l’écho mais poursuit ses recherches et devant l’absence d’information fiable venant d’AF&C (peut-être n’en aurons-nous jamais), il se devait de creuser un peu auprès des théâtres mais aussi et surtout, des compagnies. En effet, celles-ci gèrent elles-mêmes leur billetterie et les premiers se satisfont d’une file d’attente à peu près conséquente à l’œil nu. Le bar est ouvert. Par ailleurs, avec huit créneaux par salle et par jour pour un total de 1080 spectacles, certains créneaux étant partagés entre jours pairs ou impairs, inutile de dire que les entrées sont plus qu’inégales d’un spectacle à l’autre, d’autant que la jauge varie elle aussi.

Alors, quoi ? Comment justifier un tel « bilan » ? Comment tordre la vérité pour parvenir à ce qu’on aimerait qu’elle soit ? C’est un exercice périlleux que l’extrapolation, elle laisse un arrière-goût amer aux laissés pour compte, ceux qui voient leur situation ignorée au bénéfice d’une gloriole déplacée tant elle est injustifiée. Avec cette dernière semaine, le vent a emporté son lot de festivaliers ainsi que les espoirs de nombre de compagnies, nos rues encartonnées se vidant un peu plus chaque jour. Elles n’y reviendront plus…mais cela n’a pas d’importance, n’est-ce pas ? D’autres les remplaceront ! Peut-être même que cette fois, on arrivera à en caser 2000 ?! Pour plus de profit à court terme, bien sûr, nous ne sommes pas éternels…

Et la qualité dans tout ça? Qu’en sera-t-il par la suite ? Qu’en sera-t-il dans dix ans ? Des créneaux encore réduits voire divisés par deux ? Assisterons-nous à des « bandes-annonces » de spectacles où les comédiens devront donner des morceaux choisis ou des « courts » ? Souhaitons que les remparts de la ville nous gardent d’une telle déchéance car le festival n’y survivrait pas.

Alors en attendant le mois d’Août et tant que le cygne chante encore, profitons du temps qu’il nous reste et du désencombrement pour voler (un peu plus vite) de salle en salle à la poursuite du plaisir. Pour ma part, et comme le temps presse, je vous suggère « le tour d’écrou » à 16h45 au théâtre de l’Albatros, « Ce soir, j’ai commencé à midi » à 22h45 au Laurette (ex-Funambule), et pour commencer la journée pas trop tôt, « Dis-moi », un conte initiatique contemporain porté par Philippe Altier à voir en famille. Un peu de poésie dans le tumulte, mais j’y reviendrai…

Franck Glatigny

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