Ce soir, j’ai commencé à midi


Ce soir, j’ai commencé à midi ms Lylian Jolliot – Laurette Théâtre (ex-Funambule), à 22h45.

C’est dans un bar sombre que nous accueille la compagnie Nestor Kouca. On y pénètre à vue de comédiens figés, seule la voix de Nick Cave nous reliant encore à l’extérieur. Est-ce déjà commencé ? Est-ce une musique d’accueil ? C’est délicieusement déstabilisant et l’œil cherche un appui, le moindre mouvement, un sourire, un regard. Puis la musique cède le champ au texte de Fani Carenco et l’on glisse doucement dans l’univers désenchanté et nourri de tant d’espoirs déçus de ces paumés du bar du coin ; pas les paumés du petit matin, hagards à la sortie des boîtes, non, ceux qui se sont perdus dans leur vie et qui, sans trop y croire, se recherchent encore au fond d’un toujours dernier verre sans jamais se trouver. On oscille entre lucidité cynique et naïveté cruelle, au gré des amours sans lendemains autres que ceux qui déchantent, bonheurs improbables plus qu’hypothétiques et abandon de la lutte. C’est poignant, c’est déchirant.
La mise en scène plus qu’épurée de Lylian Jolliot laisse la part belle à un texte fort, porté par des comédiens convaincants (on notera la performance de Aurèle Dauverchain dans ses éclats) et une lumière minimaliste mais efficace.

F. G.

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Comments
One Response to “Ce soir, j’ai commencé à midi”
  1. guillaume dit :

    La plume est réellement intéressante et nous donne envie d’en voir plus !
    Et puis Nick Cave quoi…

    Après le problème reste cette envie d’en lire plus donc au taf bro !
    on continue les chroniques de FG, celle-ci avait un arrière goût de reviens-y