A La Manufacture : Alaska version Web 2.0

VU : Alaska Forever / Philippe Boronad / La Manufacture / 16h15.

En Alaska, il se passe plus de choses que l’on imagine. Des businessmen fraîchement sortis de leur école de commerce, de marketing et de finances viennent exploiter le pétrole au détriment de cette nature encore un peu sauvage et des populations réduites à boire et à fumer. C’est une dénonciation claire et nette des dégâts du profit mondialisé par des gens sans scrupules qui oublient facilement que la planète est moribonde.

Trois comédiens incarnent les trois parties qui se confrontent : le chef d’entreprise, la nature et les médias. Tom joué par François Cottrelle est ce chef d’entreprise qui dirige une multinationale et qui doit gérer une catastrophe écologique du fait de sa négligence. Il est alors interrogé par un amuseur public intrusif qui veut savoir ce qui se passe dans la tête d’un exploitant qui a tout pour réussir. Tour à tour, ils apparaissent et se croisent. Par des écrans de toute part, la vérité de l’impuissance est filmée de près et de loin sous fond de chants très lointains parfaitement maîtrisés par la comédienne Karine Triper.

Alaska Forever suit un pitch halluciné au coeur de notre modernité. Très multimedia, l’oeuvre joue avec les artifices des nouvelles technologies, pour décrire un monde sans états d’âme, où les forces du pouvoir tiraillent et épuisent l’homme, qui ne se retrouve plus vraiment au coeur de l’Histoire en marche. Une marche à grand pas, dévastatrice, et irréductible.

Même s’il reste un truc générationnel, peut-être un peu trop construit à l’intention d’un certain public, Alaska Forever est de bonne tenue. A voir, donc.

Yaël Granier

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Comments
One Response to “A La Manufacture : Alaska version Web 2.0”
  1. trrregz dit :

    c’est quoi, un truc générationnel ?!