OFF 2011 : Une Pitié dangereuse que Zweig ne renierait pas

VU : La Pitié dangereuse / d’après Zweig / Compagnie Carinae / théâtre de l’Oulle / 13h55

Pour ce spectacle de la Compagnie Carinae, on peut enfin parler de véritable adaptation ! Le roman de Zweig est illustré avec simplicité, à partir de dialogues et d’interactions corporelles. La tension progressive jusqu’à la fin tragique de l’héroïne paralysée, Edith, se fait avec souplesse, grâce à une succession limpide de tableaux.

La première scène est silencieuse. À la description romanesque se substitue le mime et l’expressivité des comédiens. Une fois le cadre posé, le bras de fer entre l’Officier Anton et la famille Kekesfalva peut s’engager.

Mettre en valeur les dialogues du roman, c’est insister sur les phénomènes de séduction et d’attendrissement qui régissent les rapports humains à demi-mots. L’attraction irrésistible de la fameuse pitié qu’explore Zweig est ici montrée avec subtilité et délicatesse.

L’espace est recomposé par le fauteuil imposant et mouvant d’Edith autour de qui tout se joue. La scène sied particulièrement au roman qui se déroule en huis clos ou presque, et dont la temporalité est relativement ramassée.

Un ensemble intense, émouvant, sans toutefois tomber dans le sentimentalisme banal.

Floriane Toussaint

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