BLOODY SUNDAY… Si, si, on est bien là pour se faire engueuler !

VU : Les règles du savoir-vivre dans la société moderne / Noam Cadestin – Laeticia Mazzoleni / Cie On est pas là pour se faire engueuler/ Théâtre des Carmes – André Benedetto / 11h00

Lagarce… Jean-Luc Lagarce. Jardin bien balisé s’il en est, « auteur contemporain le plus joué en France » qu’il est. Huit fois sur ce seul festival dont trois fois « les règles du savoir-vivre ».

Ce texte est un bijou de décalage et de cynisme, ciselé d’arabesques, d’entrelacs de renvois et de mises en apposition. Un texte ardu qui, sans le sel et l’ironie qu’il contient, passerait pour une lecture du code civil tant la syntaxe en est rébarbative.

Une promenade de santé pour la Compagnie « On n’est pas là pour se faire engueuler » qui depuis quelques années est habituée aux créations audacieuses, de Picq à Visniec en passant par Lagarce, écrivant parfois ses propres textes et animant les hivers avignonnais autant que le festival.

Mais là, c’est l’accident… en tous cas, le créneau manqué… il est vrai qu’un dimanche matin, ce n’est jamais facile. Devant un public dont la moyenne d’âge frôlait les 80 ans puisque la marge basse avait veillé jusqu’à pas d’heure, il fallait rester prudent. Or après une ouverture douillette au son d’une berceuse espagnole, dans la lumière tamisée, voire feutrée de la scène où apparaissait un décor prometteur, la lumière ne fut pas… Problème technique ? Peut-être.

Il semble que Philippe Caubère ait connu le même hier soir. Soit. Ironie du sort ? Lui qui interpellait les régisseurs-lumière en rappelant que « si la lumière sauvait le spectacle, c’est qu’il n’y avait pas grand-chose à sauver » semble s’en être bien sorti.

Et c’est là que le bât blesse. On pourrait écouter ce texte les yeux fermés s’il le fallait ; on imaginerait Laeticia Mazzoleni énumérer ces règles de bienséance en s’amusant. Cette fois-ci, la rapidité avec laquelle a été dit le texte n’a laissé que peu de chance à la finesse et à la subtilité, et on s’épuise à en saisir le sens premier.

Peut-être qu’une introduction moins longue, quoique la berceuse soit agréable, une projection vidéo plus concise, quoique le film soit amusant (une bonne trouvaille) ou bien un final moins étendu, quoique Brel soit génial, aurait permis à la comédienne de nous laisser savourer le texte de Lagarce comme il se doit. Il n’en fut rien. Dommage…

Mais les représentations se suivent et ne se ressemblent pas. Une deuxième chance est méritée.

Franck Glatigny

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Comments
One Response to “BLOODY SUNDAY… Si, si, on est bien là pour se faire engueuler !”
  1. doudou mariolo dit :

    une deuxième chance en effet certains spectacles demandent à être vu dans diverses condition et celui là est assez intéressant pour avoir droit à un nouveau « droit de parole «