OFF 2011 : Un Electre novateur et inspiré…

VU : Electre / Cie Théâtre de l’Enfumeraie / Présence Pasteur / 22h30.

L’Electre que nous propose le théâtre de l’Enfumeraie, maîtrisé et novateur, propose une lecture complète du mythe d’Electre. la scénographie inspirée, les costumes magnifiques et les huit comédiennes en parfaite connivence concourent à un objet séduisant et particulièrement abouti.

Cet Electre-là renoue avec les origines du théâtre antique, en mêlant théâtre, chant, danse et musique. Un chœur, de vierges ou d’Erinyes selon le masque, scande autour d’Electre l’histoire du meurtre de son père par sa mère Clytemnestre et son amant, Egisthe.

Semblables aux démons qui habitent la jeune fille assoiffée de vengeance, ces femmes l’entourent, l’encouragent, la menacent. Le texte devient partition quand il donne à entendre ses modulations diverses sur un seul rythme. Sans cesse en interaction, ces femmes sont semblables aux membres d’un même corps, articulé par leur soin.

Les changements de rôles sont aussi fluides que l’ouverture des portes du palais à la japonaise, dont la transparence des battants permet de jouer avec les ombres et de démultiplier les personnages de cette tragédie avec grâce et précision.

La musique et le chant viennent soutenir les moments d’intensité dramatique, accompagnant Electre dans son deuil. C’est Oreste qu’elle attend pour venger son père, c’est en lui que sont placés tous ses espoirs et qui seul peut mettre fin à ses gémissements, à son incapacité de vivre dans le palais de la mère régicide et adultère.

Electre est tiraillée entre l’amour d’un père et la haine d’une mère, son mal-être ne peut se résoudre que dans les retrouvailles avec le frère, et dans le meurtre de celle qui a tué. Là seulement, une vie nouvelle pourra être envisagée. Le choeur sert sa quête identitaire et lui donne une portée plus large.

La performance rend hommage au mythe à travers un florilège de textes (Sophocle et Hofmannsthal essentiellement) et d’influences. L’histoire d’Electre est ainsi restituée dans toute son universalité. Une version pertinente du mythe et un objet théâtral d’excellente tenue.


Floriane Toussaint

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Comments
2 Responses to “OFF 2011 : Un Electre novateur et inspiré…”
  1. Dany B dit :

    Super beau travail, je l’ai vu deux fois ! Comme quoi, en effet, il faut de tout pour faire un monde… Bravo à toute l’équipe…

  2. doudou mariolo dit :

    Faust de tout pour faire un monde disait Mémé pas trop ma tasse de guiness ce style , tout en reconnaissant qu’il y a un gros travail pour monter cette Œuvre !