LA VIE DU OFF : Une édition 2011 plutôt paradoxale…

En effet, rien ne semble réellement marcher comme d’habitude dans ce Off 2011 : depuis la météo capricieuse jusqu’à la fréquentation des salles, cette édition est décidément très bizarre.

En premier lieu, ces spectacles dont aucun ne se détache vraiment. Certes, le buzz a peu le temps de prendre, considérant les séjours de plus en plus brefs des festivaliers. Mais de l’avis de tous les professionnels, diffuseurs, tourneurs, journalistes… aucune véritable découverte ne vient marquer ce Off plutôt morne, dont la qualité est plutôt moyenne. Très peu de ces réels coups de coeur indiscutables et unanimes, travaux inédits de compagnies dont ce serait le premier Off, et qui viendraient enrichir un quelconque palmarès des découvertes.

Certes, de très bons spectacles abondent cette édition, et le bruit du Off les a relayés : On citera, pour mémoire, ce Keyman à la Condition des Soies, le Rhinocéros d’Alain Timar (mais il a été créé en 2010), le Si Siang Ki de Gérard Gelas, la Grammaire des mammifères, sans doute (puisque nous n’avons pas encore pu le voir), qui se joue à La Manufacture, tout comme La Fête, excellente petite forme que nous avons appréciée, le Médée de Diana Dobreva au Petit Louvre (même si un peu esthétisant), Le Forever Young couillu de Jean-François Matignon à La Manutention ou encore La Mastication des morts au Théâtre des Halles, Alaska Forever à La Manufacture, Urgent crier (Caubère) au Théâtre des Carmes, le Songe d’une nuit d’été à La Fabrik Théâtre…

Mais ce sont là pour la plupart des valeurs sûres, ou au moins des travaux que l’on suit et dont les metteurs en scène nous sont connus. Mais de véritables découvertes, cette petite perle inconnue encore que l’on aime à repérer chaque année dans ce fatras de spectacles médiocres et d’inutilités, point encore ! Espérons que nos chroniqueurs, qui arpentent ce Off l’oeil aiguisé et l’oreille à l’écoute, finissent par y parvenir…

Pour ce qui est de la fréquentation des salles, même impression mitigée : certaines marchent très fort, et ce ne sont pas forcément les meilleures, ni les programmes les plus représentatifs. D’autres rament sévère alors que le buzz sur leurs spectacles est excellent. On le voit, ce Off 2011 est décidément très paradoxal.

Et même la rue, de l’avis de tous, est assez morne. Certes la rue des Teinturiers le soir est envahie de badauds et d’artistes, mais plutôt moins que les autres années. Ces badauds, justement, qui squattent les trottoirs de la rue de la Ré, mais ne mettront jamais les pieds dans une salle de théâtre.

Ainsi va ce Off 2011, sans grand enthousiasme, sans l’esprit de la fête qui caractérisait les éditions précédentes… Peut-être la crise est-elle passée par là, peut-être aussi le public est-il lassé de cette foire illisible et de ces mauvais spectacles qui phagocytent chaque année un peu plus ce Off d’Avignon… Tout comme les compagnies dont le travail de recherche n’est plus adapté à ce Off commercial, et qui du coup le boudent sans complexe. Un constat que partagent tous les professionnels et les festivaliers avisés, regrettant cette débauche mercantiliste d’où le Théâtre est bien trop souvent absent.

Sophie Héliot ce 20 juillet.

Photo : Collectif De Quark : La Fête à La Manufacture

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Comments
One Response to “LA VIE DU OFF : Une édition 2011 plutôt paradoxale…”
  1. doudou mariolo dit :

    Une critique qui me plait bien , une bonne analyse ! ne pas oublier qu’il y a un paquet de gens dans le stress en ce moment ! alors ils ont du mal a faire décoller les zygomatiques ! et en effet au milieu de cet Avignon land ! il y a qui sait un spectacle qui vous a échappé ! ou pas !
    je vais de pas rejoindre un tout petit festival des Arts Tsiganes à Montricoux vers Montauban sur le quel je vais Bonimenter , conter ! et tournicoter la manivelle ,je vous lirai au retour vers le 25 ! bon courage : Latcho drom
    « doudou mariolo Nomade de la tribu des Saltimbanques «