FESTIVAL D’AVIGNON 2012 : CONFERENCE SOUS LES PLATANES

Conférence de presse du Festival d’Avignon avec William Kentridge et Simon McBurney / 6 juillet 2012.

Après onze mois d’attente, c’est au Cloître Saint-Louis ce vendredi 6 juillet que la conférence de presse d’ouverture du 66e Festival d’Avignon 2012 s’est tenue annonçant des formes nouvelles et un regard neuf sur le théâtre. Ce festival tant rêvé, désiré, accueille comme artiste associé cette année Simon McBurney, répondant à l’exigence d’un regard théâtral différent, ouvrant à la découverte d’espaces inconnus, des terres inexplorées.

C’est donc avec Simon McBurney que nous partons à l’aventure ! Comme l’a souligné Hortense Archambault c’est à travers l’espoir, la liberté et enfin le courage que va se révéler petit à petit entre artistes et spectateurs ce nouveau chemin. L’espoir, seule solution actuelle pour McBurney permettant de partager des moments dans une société de plus en plus cloisonnée.

Et lorsque Simon McBurney parle de ses intentions dans Le maître et marguerite, il évoque le voyage entre acteurs et public comme la forme d’une certaine résistance à une réalité qui nous domine entièrement, dans laquelle nous sommes englués. Ainsi pour échapper à la réalité lourde, traversée par les crises, McBurney nous propose d’entrer dans un monde fictionnel, un monde où les histoires s’emboitent les unes dans les autres à la manière des poupées russe et cela de manière infinie. Alors l’effet produit est la perte totale de réalité. En effet, le spectateur ne sera plus où elle se trouve, ni si celle-ci existe vraiment, laissant place à l’espace du rêve comme la possibilité de partager une expérience.

Le 66e Festival d’Avignon sera l’occasion également de célébrer le centième anniversaire de Jean Vilar né en 1912 à Sète. Ainsi l’esprit d’origine, les idées défendues par Jean Vilar, ne cesseront d’être à l’arrière plan de ce Festival avec cette intuition d’un nouveau théâtre et la recherche d’une nouvelle forme de rapport au spectateur mais surtout cette quête incessante d’ouverture. Le Festival d’Avignon visant l’adéquation entre d’un coté le risque artistique et de l’autre l’ouverture au plus grand nombre pour tendre vers des formes nouvelles et renouveler en permanence le questionnement des arts de la scène.

Festival ouvert donc à l’interrogation, tourné vers la littérature avec des pièces comme Six personnages en quête… de Stéphane Braunschweig, La mouette d’Arthur Nauzyciel, Le maître et marguerite de Simon Mcburney. Théâtre de la performance avec des expériences sensibles fortes comme The four seasons restaurant de Romeo Castellucci, ou encore Conte d’amour de Markus Öhrn.

La conférence de presse nous à permis d’entendre également les intentions de William Kentridge dans La négation du temps. Partant du constat qu’on ne peut résister au temps car celui-ci nous blesse minute après minute, William Kentridge tente de comprendre dans ce monde qui se détruit pour se regenérer sans cesse la cohérence du monde dans lequel nous vivons. Cette question qui fait écho à la destination mortelle de l’homme et sa place dans le monde. Ainsi le problème central soulevé par cette reflexion est donc de savoir jusqu’où peut-on rapprocher des choses différentes ?

Toujours dans le Festival, s’ouvrent aujourd’hui l’exposition de Sophie Calle RACHEL, MONIQUE à l’Eglise des Célestins, ainsi que DA CAPO une instalation de William Kentridge à la Chapelle du Miracle.

Quentin Margne

Festival d’Avignon / Du 7 au 28 juillet 2012.

Photos : Simon McBurney (c) Festival d’Avignon

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