A LA MANUFACTURE : UN BAAL EN EQUILIBRE

Avignon Off 2012 : Baal / Théâtre Antigone (Courtrai, Belgique) /Théâtre National (Bruxelles, Belgique) / La Manufacture / Du 8 au 27 juillet à 20h30 Relâche le 17 juillet

Le jeune Brecht passionné de langue crue, son regard dur sur la vie, expose dans Baal son incapacité à dire ce qu’il veut. Cette langue se présente à nous comme une cascade de phrases en souffrances, de phrases qui ne trouvent pas de système. Dés lors comme leur en donner un ?

Raven Ruëll et Jos Verbist ont choisi la langue Flamande comme vecteur privilégié pour incarner Baal.Ils prouvent aussi qu’il est possible de jouer en pantoufle sur une patinoire. Assis dans des gradins le spectateur assiste à une représentation coupée par un hachoir au milieu de la scène. Malgré ces conditions les acteurs tiennent un l’équilibre pourtant précaire et ils en font quelque chose.

Certes il y eut quelques glissades mais rien qui n’a pu entâcher ce Baal dans son déroulement. Ce phénomène est sans doute lié au groupe, très soudé, qui prévient tout risque de chute. En effet, les scènes de groupes sont réussies, et tout à fait esthétiques. Egalement des trouvailles du coté de la mise en scène avec ces deux tablettes qui font à la fois clavier d’ordinateur et boites à rythme de type TR-808, en mode un peu électro. D’ailleurs Baal s’énerve sur ces tablettes et essaye de nous dire quelque chose mais pourtant ça ne vient pas jusqu’à nos oreilles. On à du mal à interpréter le message.

De toutes manières, l’esthétique reste au rendez vous. Elle porte le spectacle, peut-être trop, au détriment du sens. Car si l’on prend le parti de ne pas en afficher ostentoirement, alors faut-il qu’il n’y en ait pas du tout. Un flou regrettable et la faute à la mise en scène ? En tout cas les acteurs semblent se ronger de ne pas pouvoir nous en délivrer un peu.

Quant à ces petits moments électro et Rock qui font du bien, ils sont opportuns, mais un peu ténus. Et il faudrait quand même donner une mention spéciale à David Dermez qui joue une mère incroyablement vraisemblable. Eléna Doratiotto elle aussi apporte au spectacle des moments jouissifs, avec son énergie d’adolescente de quinze ans, elle ne peut que nous entrainer à l’intérieur de sa folie.

Quentin Margne

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