CIE ET LOUNDA : RESSEMBLANCES… ET ENGAGEMENT

AVIGNON OFF 2012 : «Ressemblances» – Cie Et Lounda / au Théâtre l’Esperluette du 7 au 28 juillet (relâche le 16) à 22h35

Rendez-vous à 22h35 à l’Esperluette Théâtre, autrement dit devant une série de vrais garages. Quelques minutes avant les spectacles on part, nous les spectateurs, pour une mini-balade de groupe… l’entrée en salle se fait par une impasse, quelques mètres plus loin…

Surprise ! On entre -envahis par une légère fumée – dans une petite boite noire, dans ce lieu intimiste où, dès le premier instant, on aperçoit un quelque chose de mystique.

Une vidéo-installation projette les images des deux danseurs syriens qui ont participé à la création de ce spectacle. Les deux danseuses, cachées sous des longs voiles rouges, entament une danse éthérée accompagnée de musiques traditionnelles et de quelques rythmes électro.

Mosbah Karman et Ahmad Hanbaroosh Alrifai ne sont pas là, et pourtant ils auraient dû.

Ils ne sont pas là parce qu’on les empêche de sortir de Syrie. Alors on assiste, ce soir, à une performance totalement réadaptée, avec rage et amour, par Balkis Manoukian, la chorégraphe, et Léa Helmstadter, remarquable danseuse. C’est elle qui porte au plus haut toutes les émotions de la pièce.

Une danse qui n’est plus seulement ressemblance, mais un cri de soutien et d’engagement pour un pays dévasté par un pouvoir sans légitimité, et pour une culture qui mériterait toute sa place là-bas.

Une danse qui pourtant n’a pas sa place sur un plateau aussi petit, une danse qui a besoin de pouvoir s’exprimer sans privation ni imperfections.

Une danse à laquelle (malheureusement) manquent non seulement ces danseurs, mais aussi un plateau adapté.

Giulietta Romeo

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