AVIGNON : LE OFF 2012, HELAS COMME D’HAB…

AVIGNON OFF 2012 / L’Humeur d’A. Héliot.

RIEN NE CHANGE SOUS LE SOLEIL D’AVIGNON…

Le OFF a réouvert. Morne et un brin poussif cette année, y compris dans la rue festivalière,  cette édition concentre hélas les mêmes errements, pour ne pas dire plus, que dans les éditions précédentes… Comme d’habitude, quoi.

Comme d’habitude, le Off affiche avec complaisance  son impuissance artistique : programmes désespérément affligeants, médiocité généralisée…

Comme d’habitude, M. Greg Germain s’affiche partout, y compris avec sa copine madame la Maire qui lui trouve certainement beaucoup de qualités personnelles…

Comme d’habitude, M. Germain, toujours lui, adopte une stratégie de communication maline et surtout très orientée : comme par hasard, les partenaires médias du Off et d’AF&C cette année sont France O et France 24 monde, soit la bonne presse audiovisuelle des « Français du grand large », que M. Germain ne cesse de promouvoir dans son propre théâtre prêté gracieusement par Madame Roig, « La Chapelle du Verbe incarné »…

Comme d’habitude,  AF&C a décerné ses fameux « Prix du Off » aux compagnies… Deux remarques : Comment fait donc AF&C pour sélectionner les spectacles primés, sachant que presque 500 dossiers sont soumis au jury constitué de ces grands experts -indépendants- du théâtre que sont Greg Germain, Daniele Ventaggioli ou encore Isabelle Decroix, spectacles qu’ils n’ont certainement pas eu le temps de voir au bout de trois jours seulement de festival ?

D’ailleurs, comment se fait-il que parmi ces chanceux spectacles sélectionnés, comme par hasard et comme l’an passé, certains sont directement liés à l’un ou l’autre des membres du jury ?…

Comme d’habitude, AF&C fait son beurre sur les cartes du Off, qui ont été augmentées cette année de 2 euros (l’inflation, sans doute), et dont il ne redistribuent (sur 650 000 euros) qu’à peine 40 000 euros à ces fameux prix décernés par le jury indépendant constitué du triumvirat plus haut cité, entre autres « experts » désintéressés…

Comme d’habitude, les commerçants -et particulièrement les restaurateurs- continuent de nous e…  grave, profitant éhontément de cette manne festivalière qui leur fournit jusqu’à 70 % de leur chiffre d’affaire annuel ! (voir l’article du Figaro, pourtant journal UMP)

Comme d’habitude, les tauliers du Off profitent des compagnies et leur offrent des conditions déplorables : spécialistes du genre, Le Collège de la Salle, Le Théâtre des Remparts, l’espace Roseau, entre autres peu scrupuleux lieux du Off.

Comme d’habitude, Greg Germain voudrait que tout le monde l’aime… Et le finance. N’empêche, il s’est vu infliger une quasi fin-de-non recevoir par la ministre Aurélie Filippetti (lui disant qu’elle n’était aucunement liée aux promesses de son prédécesseur), qu’il essayait de taper pour AF&C et le Off…

Et à juste titre, car pourquoi donc l’Etat -c’est à dire nous- devrions payer pour monsieur Germain qui avec son “organisation” philanthropique qui ne programme rien, se refuse à toute sélection, dans ce Off devenu une foire mercantiliste détestable ?

Et dont ladite association qui “coordonne” le programme fait, qui plus est,  un million d’euros de chiffre d’affaire ! Une association à but très lucratif qui n’a donc aucune vocation à être subventionnée, point.

D’ailleurs, si je puis me permettre, une petite suggestion à Madame la Ministre : si M. Germain tient tant à être subventionné, qu’il présente un vrai projet au ministère, qui ainsi lui fera part de son cahier des charges… Comme pour toute autre manifestation d’envergure subventionnée par la Culture, quoi… 😉

Bref, le Off 2012 ressemble bien au Off… Comme d’habitude, quoi.

Armand Héliot

Photo : affichage dans le Off 2012 / Photo Copyright L’Express.

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Comments
3 Responses to “AVIGNON : LE OFF 2012, HELAS COMME D’HAB…”
  1. Michel dit :

    Effectivement pour ce qui concerne l’aspect financier des choses on comprend à travers cet article pourquoi la structure actuelle a mené une guerre judiciaire sans merci pour supplanter l’ancienne association d’Alain Léonard. Tout cela pour appeler pitoyablement aus secours l’Etat. M.Germain & C. doivent laisser la place.
    PS : à titre d’exemple il en coûte 350 € aux compagnies pour apparaître dans le fameux programme du Off …!

  2. Michel Chirinian dit :

    Chère Madame Héliot ,

    rien ne peut être parfait en ce bas monde . Mais nous devons à Hortense Archambault et à Vincent Baudriller d’avoir su maintenir , contre vents et marées , le cap d’une indispensable modernité d’avoir , lors des précédentes éditions , assumé des choix courageux ( souvent très difficiles pour moi…) pour arriver à un festival 2012 plus solide et plus apaisé .
    Nous leur devons d’avoir su imposer une vision européenne et actuelle du théâtre , tournée résolument vers de nouvelles formes , et une ouverture sur le monde avec tous ces artistes venus d’ailleurs .
    Cette prise de risque et une cohérence dans le choix des artistes associés permet que NOTRE Festival d’Avignon est et restera une scène mondiale de réflexion , profond sillon qui restera pour les années à venir .

    Pour le Off je n’arrive pas à comprendre que votre colère puisse risquer de condamner tant de jeunes comédiens qui sont nombreux à être nos espoirs de demain . Tous ces comédiens qui répètent toute l’année dans des conditions souvent très difficiles ( sans salaire pour leur grande majorité , vous le savez …) , qui viennent le coeur remplit d’espoirs et de talent . Pouvons nous imaginer , un instant , ces talents qui nous viennent de l’outre mer , qui repettent souvent en plein air sans aucun moyen technique et qui nous offrent ici à Avignon , ou nous font découvrir , des textes de Cézaire ou de Glissand .

    Il y a 48h. je suis allé voir  » Monsieur AGOP  » à l’espace ALYA , rue Guillaume Puy et qui est présenté par une troupe régionale de Pertuis . C’était , pour moi et pour beaucoup de spectateurs présents , une réelle pépite du OFF 2012.

    Michel Chirinian , Avignon ce 13/07/2012

  3. Patricia dit :

    J’avoue que j’ai du mal à comprendre où vous voulez en venir… Que devrait-être le Off selon vous? Une sélection de pièces « de qualité » choisie par un jury de professionnels du théâtre? Quelle différence alors avec le In?
    Je vais depuis plusieurs années au festival d’Avignon, à la fois au In et au Off et je dois dire que je prends plus de plaisir aux pièces du Off qu’à celle du In. Pour tout vous dire lorsqu’on me demande si je vais au In je réponds toujours que oui, comme chaque année je « m’inflige » une pièce du In. Quasiment toutes les pièces du In que j’ai vu (Jeanne d’Arc, Richard III, Rouge décanté, etc.) ont selon moi une fâcheuse tendance à faire du théâtre volontairement abscons, souvent extrêmement lent et ennuyant. Ce n’est clairement pas du théâtre populaire. Alors oui je vais au In, pour voir ce qui se fait, pour essayer de comprendre le théâtre moderne, mais soyons franche, je n’y prends aucun plaisir.

    Au Off au contraire je suis comme une gamine feuilletant un catalogue de jouets de Noël lorsque je reçois le lourd programme de l’AF&C. Sur les 1100 et quelques pièces il y en a peut-être 1000 ratées mais ça veut dire 100 réussites pour qui veut bien aller les chercher. Et mêmes sur les 1000 ratées, beaucoup seront dites avec fougue et passion, pas avec dédain.
    Pour faire avancer la création théâtrale, deux modèles s’affrontent donc : l’un est basé sur la sélection par les pairs et l’autre par le foisonnement. Pourquoi les subventions ne devrait-elle aller qu’au premier, c’est-à-dire au théâtre de l’élite sélectionné et apprécié par une poignée d’initiés ? Je comprends bien qu’il est compliqué de subventionner « faire l’amour avec un Belge » mais que l’Etat participe à l’impression des programme Off ou à la tenue du village du Off ne me parait pas délirant. Cela permettrait de soulager financièrement (un peu) les compagnies du Off tout en laissant exister ce foisonnement créatif qui selon moi fait la magie du Off.