OUVERTURE DU 67e FESTIVAL D’AVIGNON

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FESTIVAL D’AVIGNON 2013 :  67e édition / Notre sélection / du 5 au 26 juillet 2013.

La 67e édition du Festival d’Avignon débute aujourd’hui 5 juillet. Pour en fêter l’ouverture, le groupe F proposera un spectacle pyrothechnique à la fabricA, le tout nouveau lieu de répétitions et de résidence du Festival.

Cette 67e édition est la dernière pour Vincent Baudriller et Hortense Archambault, qui seront donc remplacés en 2014 par Olivier Py. Cette année, les deux artistes associés sont Stanislas Nordey et Dieudonné Niangouna. Cette édition est très marquée  par un retour du théâtre engagé, et fait une belle place à l’Afrique et les nombreux artistes du continent.

Jérôme Bel donnera sa création pour le Festival intitulée « Cour d’Honneur », judicieusement présentée dans ladite Cour,qui laisse parole aux spectateurs et interroge cette notion même de spectateur de théâtre…

La très bonne nouvelle de cette édition est le retour de l’immense Angélica Liddell avec une création « Todo el cielo sobre la tierra » , ainsi qu’un second spectacle « Ping Pang Qiu », deux oeuvres qui, n’en doutons pas, imprimeront de leur force cette 67e édition. On se souvient des passages remarqués de l’artiste madrilène, dont cette puissante « Casa de la Fuerza » donnée en 2010 dans le Cloître des Carmes…

Philippe Quesne et son Vivarium Studio sont eux aussi de retour, et c’est tant mieux. Leur création « Swamp club » est très  attendue. Quesne produit une oeuvre fascinante, inclassable et perturbante. On se souviendra du formidable Big Bang donné  au Festival il y a quelques années…

Krzysztof Warlikowski présente lui son « Kabaret Warzawski « , soit une oeuvre montée spécialement pour l’ouverture de son nouveau lieu de travail et de spectacle à Varsovie « Le Garage ». Après « Apollonia » présentée au Festival en 2011, Warlikowski reprend la forme libre du cabaret et plonge dans deux événements majeurs qui auront bousculé notre début de siècle et le précédent, Septembre 2001 et la montée du nazisme sous le IIIe Reich. Deux événements qu’il relie à la résurgence d’une droite dure et xénophobe, et d’un nationalisme virulent… D’actualité.

Jan Lauwers est là aussi, qui monte en première en France « Place du Marché 76 » au Cloître des Carmes. Comme il ne faut surtout pas non plus rater Falk Richter qui propose son « Rausch » au Lycée saint-Joseph, deux spectacles incontournables.

L’excellent Faustin Linyekula propose son « Drums and Digging » au Cloître des Célestins et Nicolas Truong met en scène son « Projet Luciole » autour du rapport qu’entretient la philosophie avec le théâtre et vice-versa. Une fertile interrogation, très attendue, donnée en la Chapelle des Pénitents Blancs.

C’est à Stanislas Nordey que revient le redoutable honneur d’ouvrir ce 67e Festival dans la Cour d’Honneur, avec une création d’après Peter Handke… « Par les Villages » est un théâtre « ouvrier » selon les voeux de Nordey… En attendant d’aller le voir comme acteur dans « L’Argent »,   d’Anne Théron sur un texte du lumineux et regretté Christophe Tarkos, ce grand poète qui nous manque.

Pour cette dernière programmation, les directeurs du Festival ont  convié les artistes associés des précédentes éditions, en tout cas ceux qui le pouvaient, à venir pour un « one shot » d’une soirée à Avignon, qui pour une lecture ou une rencontre, qui pour une oeuvre donnée un soir seulement. Cela se passe à l’Opéra-Théâtre et nous aurons, entre autres, le plaisir de revoir Romeo Castellucci dans un duo avec Valérie Dréville, Jan Fabre, Thomas Ostermeier pour un film « Hamlet en Palestine », Josef Nadj, Pippo Delbono ou  Alain Platel et son superbe « Out of Context » donné en 2011 au Festival…  Ces créateurs exceptionnels qui auront littéralement enchanté Avignon ces dernière années. Des soirées-événements, dont on se souviendra certainement…

Moins de danse que d’habitude, mais on remarquera l’excellent Christian Rizzo qui propose au Lycée Aubanel une création intitulée « D’après une histoire vraie », dont on peut s’attendre à ce qu’elle colle au fil rouge de cette édition… Ou la non moins formidable Sasha Waltz qui fait un one shot à l’Opéra théâtre le 7 juillet avec son « Dialogue 20-13″…  Et encore bien sûr De Keersmaeker qui avec Boris Charmatz montent leur « Partita 2 » dans la Cour d’Honneur dès le 23 juillet.

Katie Mitchell est là elle-aussi, son « Voyage au travers de la nuit » devrait être une curiosité, tout comme Peter Brook qui s’exprime sur son travail, dans une intervention unique toujours à l’Opéra le 12 juillet.

La présence d’artistes africains nous permet de découvrir, entre autres, Milau Rau,  avec sa pièce « Hate Radio » qui se retourne sur la « radio génocidaire » qui appelait au meurtre quotidiennement au Rwanda lors de la guerre civile, ou encore Rimini Protokol,  qui présente son « Lagos Business Angels »…

Enfin Dieudonné Niangouna donne sa création « Shéda » à la Carrière de Boulbon, et nous ne doutons pas que ce lieu magique pour le théâtre révéle l’oeuvre de Nianguna, qui nous a habitués à de fort belles choses…

la rédaction,

avec INFERNO Magazine

Visuel : La FabricA, nouvelle salle de répétitions et de résidences du Festival d’Avignon.

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