AVIGNON OFF : LA PITIE DANGEREUSE, TRES BONNE ADAPTATION AU PETIT LOUVRE

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LEBRUITDUOFF.COM / 13 juillet 2013

AVIGNON OFF 2013 : La Pitié dangereuse / Le Petit Louvre (Templiers) / du 6 au 29 juillet – durée 1h20

L’adaptation de romans pour le théâtre, une tendance actuelle semble-t-il, donne lieu à des résultats très inégaux qui font parfois regretter de ne pas lire le livre dans un bon fauteuil plutôt que de voir, assis sur des gradins improbables, le même sujet appauvri et dénaturé sur une scène. Dans le cas présent, l’adaptation de l’émouvant roman de Stefan Zweig par Elodie Menant est une totale réussite.

En 1913 dans une ville de garnison autrichienne, Edith, une jeune infirme, fille d’un riche propriétaire juif, tombe éperdument amoureuse d’Anton, un jeune officier qui éprouve pour elle sympathie et compassion. Malmené par un père aimant et un médecin machiavélique prêts à tout pour guérir Edith et qui voient dans l’amour le seul remède possible, Anton est culpabilisé, écartelé entre son désir de liberté et un engagement amoureux qui pourrait faire renaître Edith à la vie.

Les costumes et les décors, peut-être un peu trop classiques et réalistes, ont toutefois le mérite de nous plonger dans l’atmosphère bourgeoise, antisémite et compassée de l’Autriche d’avant-guerre.

La distribution est homogène et de qualité. On retiendra la prestation éblouissante, émouvante et tout en finesse d’Elodie Menant dans le rôle d’Edith, éclairée par le désir de vivre, qui cherche désespérément à percevoir un sentiment amoureux dans les paroles et les yeux d’Anton et qui, au moindre mot, passe d’un enthousiasme passionné à un profond désespoir.

Les malentendus, les non-dits, les hésitations d’Anton, la force de conviction du père et du médecin et la sensibilité à fleur de peau d’Edith sont parfaitement transmis par les acteurs qui traduisent bien dans leur jeu la complexité des sentiments.

L’émotion est au rendez-vous. Les effets dévastateurs que peut générer la pitié sont parfaitement analysés par Sweig et bien rendus dans la pièce.

Le fin est inéluctable, tragique. On peut méditer la dernière phrase qui taraudera Anton le reste de sa vie : « Aucune faute ne s’efface tant que la conscience s’en souvient ».

JLB

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Comments
One Response to “AVIGNON OFF : LA PITIE DANGEREUSE, TRES BONNE ADAPTATION AU PETIT LOUVRE”
  1. Guerrin dit :

    Comment peut-on écrire, de cette adaptation calamiteuse à la scène de « La Pitié dangereuse » , qu’elle est une totale réussite?
    Ce spectacle est l’un des pires qu’on puisse voir – et qu’il faut éviter à tout prix – au Off 2013.
    Dénaturation totale de l’œuvre de Zweig, réduite à de l’anecdotique, mise en scène ringarde. Le seule mérite qu’on puisse lui concéder c’est d’avoir « escamoté » la scène initiale de la méprise (l’invitation à la danse faite par l’officier à la jeune fille paralytique).
    Mais tout le reste est d’une indigence et d’une sottise à pleurer.
    L’interprétation est homogène dans la médiocrité, Elodie Menant à peine au-dessus du lot.
    A ce compte, autant aller voir les crétineries du Palace ; au moins, il n’y a pas tromperie sur la marchandise !