LE BRUIT DE LA COURGETTE (#01) : AUJOURD’HUI ON RASE GRATIS

Le Bruit des gens autour

LEBRUITDUOFF.COM / 21 juillet 2013

LE BRUIT DE LA COURGETTE, la chronique d’Amélie Ask.

Quand l’on dit on rase, il faut entendre le terme dans son usage étendu, non à l’objet habituellement utilisé par les messieurs pour se dégager les joues de ce parasite pileux qui leur mange la figure, mais bien dans cette version un tantinet triviale, généralement employée lorsque l’on sort d’un très mauvais spectacle, où la paupière lourde, nous nous sommes endormis devant un monument de vacuité. « Rasoir », dit-on alors, pour désigner ce pensum soporifique qui nous a engourdi les neuronnes…

« Rasoir », c’est bien hélas souvent le cas de ces « objets » non identifiables que l’on voit envahir les salles -très- obscures du Off, ovnis autrement et prétentieusement intitulés « pièce de théÂÂÂtre » qui suscitent déjà inmanquablement à leur seul prononcé le bâillement irrépressible.

Et de ces « rasoirs »-là, le Off d’Avignon n’en manque guère, hélas. C’est même devenu un jeu entre chroniqueurs, établir la « Top list » des morceaux les plus « rasoirs » du festival, dans une compétition sympathique et joyeuse qui nous repose de ces puits de viduité et de prétention que l’on aime à fréquenter dans ces garages surchauffés, tels qu’il en pullule par exemple rue des Teinturiers…

Le pire, c’est que ce sont généralement ces mêmes pensums imbitables que l’on vous offre, afin de remplir ces « salles » désespérément vides : « pour une place achetée, la seconde offerte », entend-on ainsi toute la journée dans la même rue des Teinturiers, harangués par un tracteur suant et épuisé, qui entend vous rapatrier ainsi vers ses cochonneries…

Bref, dans ce Off 2013 décidément généreux, l’on rase gratis, et l’on aurait tort de dédaigner ces offres désintéressées, à haute valeur artistique ajoutée. A moins que l’on ne préfère fuir ce chaudron insupportable pour se réfugier dans l’un ou l’autre des très bons festivals du voisinage : à la Roque d’Anthéron, par exemple, à l’ombre de ramures centenaires, ou encore à Arles, où la photographie en nombre et en qualité nous reposera de ce trop-plein de sollicitations incongrues et inutiles, qui nous fatiguent déjà avant même de les avoir goûtées…

La Courgette
(Amélie Ask)

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