AVIGNON OFF / « L’HOMME QUI RIT » PAR LE COLLECTIF 8

LE BRUIT DU OFF / 9 juillet

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« L’homme qui rit » Cie Collectif 8 – Chêne Noir 13h15, jusqu’au 27 juillet

Collectif 8, compagnie Antiboise s’empare du roman philosophique de Victor Hugo « L’homme qui rit », cette compagnie se définit elle-même comme un vivier de création dans lequel chacun s’attache à proposer une lecture originale et poétique de l’œuvre au service d’un projet artistique. Leur travail porte donc sur l’utilisation de toutes les formes théâtrales, vidéo et musiques originales.

« L’homme qui rit » conte l’histoire d’un enfant de Lord abandonné pour raison d’état aux mains des Comprachicos, vendeur d’enfants monstrueux pour les foires. Les Comprachicos le mutile d’une cicatrice le faisant rire éternellement. Il deviendra Gwynplaine « L’homme qui rit » …

S’attaquer à « l’Homme qui rit » et tenter de le proposer au Festival Off d’Avignon n’est pas chose aisée à moins de posséder un créneau de 4h et tel n’est pas le cas de ce spectacle, le collectif 8 a donc la lourde tâche de proposer un spectacle d’une heure tiré d’un énorme pavé de 800 pages.

Gaële Boghossian met en scène cette œuvre au sein du collectif et il devient difficile de ne parler que de sa mise en scène tant le travail collectif semble évident. On capte toutes les interactions créatives entre le jeu de scène, la musique et la vidéo ; le point fort de ce travail consiste justement à ce que chacun propose sa vision de l’œuvre : un fonctionnement collégial particulièrement efficace donc !

Tous ces axes créatifs sont tournés vers le même objectif : proposer une lecture très poétique de l’œuvre et c’est bien là que se pose le problème très pragmatique du créneau du Off d’Avignon. Le collectif a dû couper … et quoi de plus naturel que de couper les silences, hors il n’est pas de texte sans silence, il n’est pas de poésie sans respiration et voilà bien les deux ingrédients qui manquent à ce spectacle. Nous avons assisté à la deuxième et nul doute que l’équipe trouvera ses marques et opérera quelques retouches.

N’empêche comment passer si vite sur l’amour d’Ursus pour son « fils » et « sa fille », comment offrir toute la poésie de la mort de Déa quand on l’aborde tambour battant ? Couper le discours de Gwynplaine devant la chambre des Lords ou s’attacher à respecter les temps de respiration ? Voilà le défi de ce beau collectif pour ces quelques premiers jours de ce Off, faire un choix, cornélien soit, mais obligatoire pour le « format » Avignon.

Pierre Salles

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