LA MARECHALE ET LE LIBERTIN : DIDEROT VERSION GUYARD AUX CARMES

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« La Maréchale et le libertin » au Théâtre des Carmes / Txt Alain Guyard / Mes François Bourcier / 13h durée 1h15 / jusqu’au 27 juillet. .

Sur une mise en scène de François Bourcier, Alain Guyard réécrit le dialogue de la Maréchale en l’adaptant à notre époque, offrant de belles réparties au Diderot philosophe ancré dans la sienne, comme insolite et décalé.

Un dialogue qui met en scène le philosophe rendant visite à un homme absent, qui décide en l’attendant d’engager la discussion avec sa femme, la Maréchale. La conversation porte sur la religion, sujet sur lequel les protagonistes s’opposent : la Maréchale est croyante, le philosophe est athée.

Le texte originel de Diderot ne servait initialement qu’à mettre en avant la pensée des lumières et de ses philosophes libertins et athées, mais les temps ont changé et cette adaptation a voulu privilégier la répartie de la Maréchale au philosophe. De fait, on la voit devenir l’égale du philosophe, souvent même en avance sur lui, portée par des années de philosophies après Diderot. Tout est question de point de vue, ce qui est justement proposé par une mise en scène mouvante, dont la vision diffère à chaque scène.

La pièce se joue dans un salon, aux meubles de style louis XV qui bougent au fil des tableaux, modifiant le point de vue du spectateur, comme pour argumenter le dialogue entre ce duo dans lequel La Maréchale s’impose au philosophe libertin. La musique de Rameau et les costumes d’époque renvoient le public à ce temps historique, une impression que le jeu des comédiens ancrés dans leurs personnages accentue.

Une troisième comédienne toute de noir vêtue campe avec talent et poésie plusieurs fantômes. Elle incarne tout à tour les fantasmes du libertin, la servante de la Maréchale, puis la Mort rodant. Dans cette réécriture de Diderot, le beau rôle est pour la Maréchale face à un philosophe qui perd peu à peu la face, jusqu’au dénouement audacieux qui raccroche le spectateur à notre temps.présent.

Béatrice Stopin

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