« GEORGE SAND, MA VIE, SON OEUVRE » : (RE)DÉCOUVRIR DEUX FEMMES PASSIONNANTES

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LEBRUITDUOFF.COM – 24 juillet 2015

« Georges Sand, ma vie, son oeuvre » – Théâtre au Coin de la Lune – du 4 au 26 juillet – 11h15 – Durée : 1h10

Nous sommes dans la salle d’une maison de province, une maison d’enfance, de celles qui ont une âme, une histoire, une certaine chaleur, où on se sent bien immédiatement. En ce milieu d’après-midi ensoleillé nous ne sommes pas si nombreux à être venus ici chercher un peu de fraîcheur et de culture. C’est bien dommage. La fraîcheur est dans la salle mais elle l’est aussi dans le double récit que nous fait Caroline Loeb pendant un peu plus d’une heure.

Accompagnée d’un musicien, Jérémie Pontier, qui se devine discrètement derrière le voile de fond de scène, c’est en parole et en chansons que la comédienne et chanteuse nous parle de femmes, celles d’aujourd’hui et celles du passé.

Il y a George Sand, la grande amoureuse, l’égérie de Musset et de Chopin mais aussi, et on le sait moins, muse de la révolution de 1848. Femme amoureuse, femme passionnée, femme de lettres et femme militante. Tous ces livres au sol et autour des fauteuils, écrit par George Sand ou biographies, autant de piles de savoir dans lequel la comédienne cherche la sève de ce spectacle qu’elle doit créer à la commande de son producteur. Mais l’inspiration tarde à venir. Car si Caroline s’est isolée pour se plonger dans la création le monde réelle et les femmes de sa vie n’arrêtent pas de se manifester : sa mère à nouveau amoureuse et sa fille à la crise adolescente tardive. Ceci sans oublier ce producteur qui réclame un projet et l’avance qui fond comme neige au soleil et l’argent qui commence à manquer.

Naviguant entre les femmes de sa vie et du présent, et le passé où Sand mena cette vie foisonnante, elle qui aimait jouer avec l’ambiguïté et la provocation ou la digression, transgressant inlassablement tous les tabous de la société du 19ème siècle, Caroline s’interroge sur la place des femmes dans le monde, sur ce qui a changé, ou pas, depuis l’époque où une femme osait s’habiller en pantalon et fumer des cigares, mais aussi sur la difficulté de la création et d’être femme et artiste.

La mise en scène d’Alex Lutz créé une atmosphère intimiste, propice à la proximité, à la confidence. Les costumes de Jean-Paul Gaultier jouent aussi sur l’ambiguïté et le mélange des époques.

Et il y a surtout dans ce spectacle beaucoup d’amour, de douceur, d’humour, la féminité montrée dans ce quel a de force et de fragilité. Entremêlé de chansons qui vous trottent dans la tête bien après la sortie du spectacle, ce petit bijou permet de redécouvrir deux femmes aux multiples facettes, dont les vies se font écho au travers des siècles.

On sort de la salle enrichi de cette bienveillance et de ce nouveau savoir, des airs doux flottant dans la tête et avec l’envie de se (re)plonger dans les nombreux écrits de George SAND pour partager encore plus sur celle qui aura tant marqué son époque mais que les manuels scolaires ont oubliée et dont l’acte de décès mentionna « sans profession » tant les hommes furent impuissants à l’enfermer dans une case qui leur conviendrait.

En bref : un petit bijou de fraîcheur pour (re)découvrir deux femmes aux parcours croisés. Une réflexion en douceur, texte et chansons sur la création et les femmes. C’est drôle, fin et captivant.

Christine Eouzan

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