« Mon ennemi, c’est la finance » (Lettre ouverte à Raymond Yana)

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LEBRUITDUOFF.COM – 5 juillet 2016

LE BILLET DU JOUR : « Mon ennemi, c’est la finance » (Lettre ouverte à Raymond Yana)

Cette célèbre injonction de notre François Hollande national -pas vraiment vérifiée depuis, encore moins mise en application hélas, c’est le moins que l’on puisse dire- devrait présider (nous militons pour, depuis 2010) à ce OFF devenu un immonde marché ultra-lucratif pour ces investisseurs immobiliers qui, sans vergogne ni même une once de retenue, chaque année un peu plus construisent, restaurent, achètent à qui mieux mieux et à tour de bras le moindre immeuble intra-muros pour le transformer en juteux commerce de location saisonnière, auxquels de naïves compagnies vierges de Off succombent en cascade…

Ces animaux-là -les bailleurs & autres investisseurs « théâtraux »- mériteraient vraiment le mât sur lequel on devrait les pendre haut-et-court, ce qui ne manquera pas d’arriver tôt ou tard. Ces nuisibles ont transformé en quelques années et avec la complicité d’AF&C et des minables boîtes de productions boulevardières (parisiennes of course) une fête de l’art en un désolant et puant cloaque, dans lequel s’abîme chaque année une nuée vibrionnante de compagnies, grugées par le « rêve » du « plus grand théâtre du monde », (terme inventé par le délicieux ex-président d’AF&C qui sait bien de quoi nous parlons) devenu un immense carnage, où les jeunes compagnies, saignées à blanc financièrement quand elles ne sont pas purement arnaquées, se crashent dans le vacarme étourdissant de « la fête » vantée sans faillir par l’association AF&C et ses très intéressés dirigeants.

Une folie. Ce OFF est devenu le pire exemple de la folie mercantiliste des hommes. Un bourbier puant dans lequel prolifèrent toutes les espèces de charognards : loueurs de créneaux, loueurs d’appartements, commerçants, productions parisiennes du pire du One man ou du Seul-en-scène vulgaire et quasi-pornographique… Ce Off est devenu pornographique.

Que compte faire Raymond Yana pour redresser la barre, si tant est que cela soit encore possible ? Et en a t-il vraiment envie, ou va t-il se contenter de perpétuer l’odieux petit commerce de celui (on ne le nommera plus) auquel il a succédé ?

Nous comptons bien, au Bruit du Off, qu’il nous y réponde. Nos colonnes lui sont ouvertes, mais attention à la langue de bois, aux approximations et aux mensonges, trop souvent usités par son illustre prédécesseur…

La rédaction

Image copyright Ai Weiwei 2016

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Comments
One Response to “« Mon ennemi, c’est la finance » (Lettre ouverte à Raymond Yana)”
  1. OETTLY Marc dit :

    j’ai assisté lundi 4 à la grande messe d’accueil des troupes dans la salle de la mairie. Le nouveau président a pris la parole avec un ton très volontariste, présentant sa nouvelle équipe.
    Il y avait Monsieur… Monsieur…. Monsieur… disons une dizaine de Messieurs. Ah ! si il y avait une dame, la mairesse d’Avignon.
    La parité n’est pas présente dans l’équipe du OFF c’est le moins que l’on puisse dire.
    Pour réguler le nombre de spectacle, ne serait il pas opportun de faire une sélection par lieu plutôt que par spectacle, c’est à dire en priorité les salles qui sont permanentes et ensuite sur des critères d’accueil des troupes et du public selon une charte bien définie ?
    Aux directeurs de salle de faire leur programmation et au public de choisir.
    Marco