AU GOLOVINE : BINTOU DEMBELE, « S/T/R/A/T/E/S », LA RAGE…

dembélé

LEBRUITDUOFF – 12 juillet 2016

Bintou Dembélé : S/T/R/A/T/E/S – Quartet – 8 au 26 juillet (jours pairs) – 10h45 – Théâtre Golovine

La rabia.

Même si tout n’est pas encore tout à fait limpide dans S/T/R/A/T/E/S, courrez voir cet OCNI – objet chorégraphique non identifié…

Deux cercles sont dessinés à même le sol formant comme une sorte de corridor virtuel sur la scène où l’on pressent que les gens vont passer et repasser, tourner sans en sortir. Facile mais belle métaphore de l’enfermement. La chanteuse, le musicien, les danseuses entrent. Bintou Dembélé, fidèle à sa danse, commence cette battel sans combat, vite suivie par Nach qui va déployer après elle une danse qui restera comme un des temps fort du spectacle.

Si Bintou Dembélé, figure historique du mouvement Hip-Hop en France, est connue de tous ceux qui s’intéressent à cette danse, la découverte de cette pièce est bien Anne-Marie Van (alias Nach), Krumpeuse absolument magnifique, qui arrive à exprimer avec sa danse ce qu’aucun mot ne saurait dire…

Bintou Dembélé annonce d’emblée la couleur. Elle assène dans l’air qui l’entoure un immense coup de poing.

Le spectacle prend appui sur les difficultés de communiquer entre nous, de dialoguer, de parler… si le sujet est une des tarte à la crème du spectacle vivant, il est ici magnifiquement porté par les danseuses qui, par leur seule présence, un krump enragé et un hip-hop délié, arrivent à nous communiquer une émotion rare et qui sonne juste, terriblement.

L’autre force de ce spectacle, c’est le choix de Bintou Dembélé de faire appel à la chanteuse Charlène Andjembé à la voix cristalline qui apporte une dimension humaine certaine. Mais le choc et l’autre révélation de la pièce, c’est les rifts de guitare de Charles Amblard, renversant !

Lorsqu’il rentre sur scène, on doute de lui tant son aspect est juvénile. Son entrée en scène est assez maladroite, presque comme s’il était un amateur perdu pour l’occasion sur cette scène. Mais, par sa musique, il apporte un univers qui fini de convaincre et de bouleverser, d’autant que ce spectacle n’est pas « beau », il est dérangeant car il utilise un langage chorégraphique, le Krump, qui n’est pas encore très répandu et le frappé du pied de Nach, son visage dont on croit pouvoir voir sortir des larmes, ses mouvements de lèvres sourds, nous bouleversent.

A la fin, Bintou Dembélé et toute la troupe ont le droit à une standing ovation bien méritée d’autant qu’en guise de final elle reprend en duo avec un morceau de guitare bien balancé, sa danse avec ce mouvement de bras en l’air, ce poignet relâché si caractéristique. Son visage, si particulier, tête bien ronde, cheveux ras, peau noire, nous reste gravé.

Le spectacle est là, comme une boule de nerf, comme un muscle en mouvement prêt à tout éjecter. Il y a une densité, une concentration de rage qui sort dans ces cinquante cinq minutes qui prennent aux tripes et vous accompagne.

E Spaé

Photo C. Reynaud De Lage

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