« KENNEDY », LADISLAS CHOLLAT, CHÊNE NOIR

kennedy

LEBRUITDUOFF – 19 juillet 2016

Kennedy – Texte de Thierry Debroux – Mise en scène : Ladislas Chollat – Théâtre du Chêne Noir à 15 h.

« Kennedy » sur un fond de bannière étoilée ! L’affiche de la pièce laisse augurer une énième étude biographique sur JFK, une tranche d’histoire des Etats-Unis peut-être un peu austère… Il n’en est rien !

C’est l’anniversaire de JFK, surnommé Jack, un grand rassemblement démocrate de précampagne au cours duquel une Marilyn imprévisible et sensuelle chante, devant le Parti et la télévision, un « Happy Birthday » lascif et évocateur qui ne laisse guère de doutes sur ses rapports avec le Président.

La pièce commence par un huis-clos entre Jack et son frère Bobby dans la suite d’un hôtel.

Bobby, inquiet, pressent le scandale, il ne faut pas écorner l’image d’un Président exemplaire, bon mari et bon père de famille. Le deuxième mandat ne doit pas lui échapper. Jack fait tout pour préserver l’image d’un Président jeune et vigoureux mais il souffre profondément d’une grave maladie. Il a besoin de drogues et de sexe pour tenir le coup et va d’une femme à l’autre. Pour lui, il ne trompe pas Jackie, il se soigne…

Bobby rappelle avec pragmatisme que Jackie, charmeuse et reine des médias, est indispensable à sa réélection. Et il ne faut pas décevoir ce père omniprésent qui tire les ficelles depuis leur enfance, ce père qui a programmé l’avenir de ses fils pour atteindre le plus haut niveau, quitte à magouiller avec la Presse et la Mafia pour parvenir à ses fins.

Le réalisme de la première scène laisse rapidement la place à un univers onirique, surnaturel. La pièce prend une autre dimension.

Ce rêve, ou plutôt ce cauchemar, apparaît tout au long de la pièce sous les traits d’une femme mystérieuse, irréelle mais prégnante. C’est d’abord une amante qui paraît bien connaître Jack et son besoin de sexe irrépressible. C’est enfin une cassandre qui annonce ce destin inexorable, la malédiction qui va encore et toujours toucher la famille Kennedy.

Cette femme inquiétante hante les deux frères qui pressentent ce sombre avenir.

Mais il faut tenir ! Un Kennedy ne se plaint pas, ne pleure pas. Il faut sauvegarder cette image montée de toutes pièces que soutiennent des médias complaisants, ne pas décevoir le Père et gagner ce deuxième mandat.
Et puis Jack a un rêve secret, sans doute aussi personnel que politique : serrer la main de l’homme qui aura marché sur la Lune…

Alain Leempoel incarne un Jack souffrant, volontaire, qui sait conserver une apparente et nécessaire prestance, mais fragile et incapable de résister à ses démons intérieurs et à un destin tracé pour lui depuis longtemps.
Bobby est interprété par Dominique Rongvaux, inquiet, fragile et sensible, mais pragmatique et conscient du devoir familial.

La mise en scène est subtile et, dans un décor réaliste et froid, nous fait passer successivement de la réalité, illustrée par des images d’archives, au rêve en nous immergeant dans un univers prémonitoire.
La pièce repose sur une documentation solide et l’Histoire de ces années soixante est omniprésente, mais elle nous plonge au cœur de la vérité et de l’intimité de ces personnages mythiques.

JLB
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