MAIS A QUOI SERT DONC AF&C ?

quatuor2

LEBRUITDUOFF – 30 juillet 2016

TRIBUNE : Mais à quoi sert donc AF&C ?

En effet, à quoi sert donc AF&C ? Censée « réguler » le OFF, l’association présidée par Raymond Yana a depuis longtemps baissé les bras devant l’ampleur de la tâche, complètement dépassée par l’hypertrophie de ce OFF qui ne cesse d’enfler d’année en année, avec tous les problèmes que cela entraine…

Prenons par exemple le catalogue, qu’AF&C appelle « programme ». Ce machin d’un kg est devenu totalement illisible. Nous plaignons les pauvres festivaliers qui essaient d’y retrouver leurs petits : les textes sont des promo-rédactionnels -donc absolument pas fiables-, la mise en page confuse, et de toutes manières arriver à repérer un choix cohérent parmi 1400 propositions relève carrément de l’exploit ! Sans compter la praticité à trimbaler cette « bible » bodybuildée dans tout Avignon et sous la chaleur, qui confine au masochisme !

Toujours au sujet de ce fameux catalogue, d’ailleurs, plusieurs lecteurs nous ont signalé ce qu’ils considèrent comme une arnaque, ayant commandé ledit objet pour le recevoir à la maison et tranquillement le potasser avant le début des hostilités… Et ne l’ayant jamais reçu ! Au OFF, on leur a dit que c’était faute à La Poste. Circulez, il n’y a rien à voir.

Autre exemple de dysfonctionnement, la fameuse carte du OFF. Et bien, mieux ne vaut pas la perdre ! Plusieurs lecteurs nous ont signalé qu’ayant égaré leur carte -nominative, avec photo, rappelons-le- ils n’ont jamais pu obtenir d’AF&C qu’elle leur en délivre un duplicata, leur suggérant plutôt de présenter le ticket CB comme récépissé de paiement de ladite carte (!) à l’entrée des spectacles. Du coup, ceux-là ont renoncé et ont soit payé plein pot, soit sont partis sous d’autres cieux… Bien joué, AF&C !

D’ailleurs cette carte du OFF frise l’escroquerie. Ce sont les compagnies déjà pressurées par leurs tauliers qui supportent le manque à gagner qu’AF&C consent royalement en réduction à ses acquéreurs. Et l’argent va directement dans les caisses de l’association, sans restitution ou compensation aucune vers les compagnies. Et la collecte n’est pas anodine ! Du propre aveu d’AF&C, c’est plus de 750 000 euros qu’elle engrange ainsi chaque année. Pour en faire quoi exactement ? Personne n’est jamais arrivé clairement à le savoir.

Cette manne s’ajoute donc à la recette du « catalogue », puisque ce sont les compagnies et les salles qui paient elles-mêmes leurs insertions. Soit près de 400 000 euros (sans compter la recette publicitaire), qui devraient largement suffire à payer et la rédaction, et la maquette, et l’impression et la distribution de ce monstre de papier. A moins peut-être d’imprimer en France, ce qui n’est pas le cas…

A quoi sert donc AF&C ? Sinon à laisser croître le monstre OFF sans jamais tenter de le réduire. Ce qui a pour les compagnies de lourdes conséquences, à commencer par une visibilité médiatique forcément réduite.

Lorsque l’on sait que nos confrères de la PQR, la Provence et Vaucluse-Matin, malgré toute leur bonne volonté et l’embauche de stagiaires et autres petites mains pour la période, couvrent environ chacun 200 spectacles, souvent les mêmes d’ailleurs… Et que nous mêmes en chroniquons une belle centaine, même si nous en voyons bien plus… Ajoutons-y ceux relayés par les sites web spécialisés et ceux sur la multitude de blogs individuels plus ou moins suivis qui pullulent sur ce OFF et nous n’arriverons de toutes façons jamais à ne serait-ce qu’approcher les 1400 propositions de l’édition 2016.

Les chances pour qu’une compagnie voit donc son spectacle chroniqué dans la presse ou sur les sites sont extrêmement minces. Déficit de visibilité, déficit d’image, conduisant souvent au déficit tout court !

Et puis la « manne » des spectateurs n’est pas extensible à l’infini ! Grosso-modo d’ailleurs, c’est chaque année le même nombre de festivaliers qui fréquente les salles, et ce chiffre ne gonfle pas, lui. Il serait même légèrement en déflation. Et de surcroît, la durée de séjour du spectateur a drastiquement chuté : on est passé de 5 à 7 jours en moyenne dans les années 2000 encore, à plutôt 3 à 5 jours en 2016. De quoi faire reculer la fréquentation… et le bouche-à-oreilles !

Voilà pourquoi, entre autres raisons, il est urgent de réguler le nombre de spectacles et contrôler les prétendants : salles qui s’ouvrent sans licence de spectacle, travail dissimulé, conditions d’accueil des compagnies ou du public assez souvent catastrophiques… Il faut contrôler et réguler, et surtout abaisser drastiquement le nombre de propositions -dont beaucoup d’ailleurs sont dispensables- refuser les compagnies amateur, exiger licences et conformité en matière d’accueil. Oui, n’en déplaise aux rêveurs qui ne voient pas que ce marché est le pire produit du capitalisme sauvage, il faut réguler et tailler dans le gras. Il en va de la survie du OFF et qui d’autre serait mieux placée que l’association AF&C pour le faire ?

A croire que l’avenir du OFF n’intéresse que très modérément ceux-là mêmes qui s’en auto-intitulent ses « protecteurs ».

Martin Zell

Image : « Quatuor », à La Manufacture en 2015

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