« RADIEUSE VERMINE », DAVID MERCATALI, DEFERLEMENT TRASH ET HUMOUR NOIR

LEBRUITDUOFF.COM – 11 juillet 2017
Spectacle recommandé

« Radieuse vermine » – Mes : David Mercatali au Chêne Noir à 20h45 – (relâches les lundis 10,17,24)

Qui n’a pas rêvé de se voir offrir une maison ? Telle est l’idée de départ de la comédie de Philip Ridley mise en scène par David Mercatali. Olive et Fleur s’aiment depuis l’adolescence et vivent maintenant dans leur petit appartement de ce quartier mal fréquenté, jusqu’au jour où ils vont recevoir par la poste cette formidable proposition : la ville leur offre la maison de leur rêve… Le deal ? Ils rénovent cette maison dans un quartier à l’abandon et nul doute que cette belle maison rénovée attirera de nouveaux propriétaires et relancera ce quartier déserté. Fleur est enceinte et, désirant le mieux pour sa famille, ne peut résister à cette alléchante proposition…

Avec des looks de « premier de la classe » comment s’attendre à un tel déferlement trash et glauque dans ce petit bijou d’humour noir ? Les trois comédiens triturent la bienséance et n’ont de cesse de nous mettre sur de fausses routes.

Joséphine Berry dans le rôle de cette mère prête à tout pour le bonheur de sa famille et Louis Bernard, se découvrant des talents insoupçonnés en tant que père passé maître dans l’art de la tuerie de masse, nous délectent par tant de talent à faire passer des actes odieux pour de simples parcours de santé en famille. Famille dans laquelle, par « nécessité » puis peu à peu par goût, l’assassinat est préféré à la ballade VTT du dimanche. Mais tout n’est pas que comédie dans cette satire de notre société dans laquelle l’appât du gain facile et l’envie d’immédiateté gomme bien des remords et des regrets.

Tout va très vite dans ce spectacle virevoltant qui démontre une fois encore que le théâtre n’a besoin que de talents pour faire vivre aux spectateurs les situations les plus improbables. Ici nul accessoire, nul décor ou artifice, seuls l’excellent jeu des comédiens et une mise en scène au cordeau et au tempo irréprochable nous permettent de plonger la tête la première dans ce conte noir, loufoque et fantastique.

Pierre Salles

Radieuse-Vermine © Jessica-Forde

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Comments
4 Responses to “« RADIEUSE VERMINE », DAVID MERCATALI, DEFERLEMENT TRASH ET HUMOUR NOIR”
  1. Mathieu dit :

    Cette pièce est ce que j’ai vu de plus mauvais à Avignon cette année! La religieuse, néant, as four step, … sont de très bons spectacles où je suis allé sur vos conseils mais alors celui-ci est pour moi un gros point d’incompréhension et de mauvais gout!

    • Thibaut dit :

      L’incompréhension se trouve surtout dans votre commentaire ! Je sors à l’instant du spectacle, et j’ai trouvé les acteurs géniaux, nous embarquant dans cette histoire surréaliste !! Si vous n’aimez pas l’humour noir, lisez les script avant d’aller voir un spectacle, ça évitera à de bons acteurs d’avoir des critiques comme la votre…

  2. dugue dit :

    vous recommandez cette pièce et cela ne me donne pas envie de lire vos autres critiques.
    en effet , j’ai vu ce spectacle hier soir, car le thème me paraissait intéressant.
    je ne sais pas si la pièce originale a été fidèlement traduite dans sa version française , mais le résultat est catastrophique, surtout la scène finale interminable ou les deux acteurs essaient de faire vivre dans le plus parfait désordre tous les personnages invités à la fete des voisins.
    .c’est réussi , on ne comprend rien. texte inaudible, excitation à son comble.
    par politesse , je suis resté jusqu’au bout, mais pour moi ce n’est pas du théatre
    dans le genre déjanté , je préfère 1000 fois éric métayer ( clinic ). au moins il ne fait pas croire qu’il y a du texte

    • Vous avez le droit de ne pas aimer… Ce n’est pas l’avis de notre chroniqueur, pourtant plutôt affûté. Mais, bon, chacun son truc… En même temps, comparer avec Eric Métayer (sic!) ce spectacle superbement bien écrit, construit et abouti, c’est quand même être un peu à côté de la plaque, non ? Et surtout fait preuve d’un « goût » et d’une culture théâtrale pour le moins approximatifs… Mais chacun -surtout quand il n’a d’autres références théâtrales que celle-ci (Eric M.)- est libre de préférer l’à-peu-près franchouillard à l’excellence tout court…

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.

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