« LE BRUIT DU OFF », MEDIA ENGAGE, COLLABORATIF ET « DECROISSANT »

LEBRUITDUOFF.COM – 13 juillet 2017.

LE BRUIT DU OFF, MEDIA ENGAGE, COLLABORATIF ET « DECROISSANT »

Ben oui. Voilà 8 saisons, 8 années, chers lecteurs, que vous suivez assidûment Le Bruit Du Off, et visiblement en appréciez ses critiques, ses coups de gueule, ses états d’âme, son « combat » incessant pour tenter d’apaiser ce OFF, le sortir de son état insupportable de simple « marché » de théâtre dans ce qu’il a de plus insupportablement néo-libéral… mais finalement vous n’en connaissez que peu sa réalité objective, « notre » réalité éditoriale et économique.

Présentons-nous : Le Bruit du Off est un média indépendant et collégial, né en 2010 de la volonté de quelques-uns – journalistes culturels, professionnels, « consommateurs » de culture, amateurs du OFF et du théâtre en général- de proposer une vision critique et exigeante du OFF d’Avignon, de ses spectacles, de ses institutions, à commencer par évidemment « l’organisation » de ce festival dévolue (hélas) à une association peu ou prou élue « démocratiquement » (AF&C), mais qui n’a de cesse depuis au moins une décennie de « liquider » purement et simplement les valeurs fondatrices du OFF avignonnais, voulu en 1967 rappelons-le, par le poète écorché et metteur en scène André Benedetto, rejoint très vite par l’auteur et metteur en scène Gérard Gelas. Cela pour l’histoire. Ces deux-là d’ailleurs soutenus très vite par le fondateur du Festival d’Avignon lui-même, le mythique Jean Vilar.

Le OFF était alors en ses débuts un territoire d’exploration artistique, un véritable laboratoire d’expérimentations théâtrales en tous sens, foutraque, désorganisé, inventif et libre. Autant dire que l’on s’est fort éloigné -et depuis bien longtemps- de ce qui présida à la naissance du OFF d’Avignon. Les dérives mercantilistes et la soif de pouvoir de l’ancien président d’AF&C, l’ouverture sous ses mandatures au n’importe quoi des pires boîtes de production venues chaque année fourguer leurs « coucous » vulgaires et retapeurs, l’acceptation du toujours plus de spectacles sous le prétexte d’enfler démesurement et de se prendre pour le « plus grand festival du monde » -ce qui n’est pas vrai, le Fringe d’Edimbourg comptant 4000 spectacles- en dépit du risque assumé de trahir les fondements philosophiques et politiques du OFF, ont transformé radicalement l’esprit alternatif et anar de ce festival dans le Festival, pour le transmuter en un immense marché putassier et racoleur, où le plus fort règne au détriment des « petits », où tout le monde se sert grassement et sans vergogne : loueurs de créneaux, producteurs, diffuseurs, « journaux » publirédactionnels gratuits diffusés en masse, commerçants… jusqu’aux Avignonnais lambdas eux-mêmes qui même s’ils râlent contre le festival, n’en n’oublient néanmoins pas de sous-louer leurs apparts à des prix prohibitifs. Bref tout le monde s’engraisse sur le dos des compagnies, pour lesquelles à 90 % le OFF d’Avignon est un véritable gouffre financier et les prémices d’une faillite certaine. Et sur le dos de l’art.

Voici pourquoi, entre autres, le Bruit du Off est né. Voici ce contre quoi nous nous élevons -un peu désespérément, faut-il dire- depuis tant d’années. Cette marque « BDO », ce qui le caractérise et le qualifie et dont nous sommes si fiers, c’est certainement cette volonté farouche de ne rien laisser passer, de ne rien lâcher. Comme dit plus haut, nous sommes indépendants, absolument, vis à vis de tous et de tout : entreprises, institutions, collectivités, professionnels du spectacles, publicité… Nous n’avons ni « amis » à qui faire plaisir, ni intérêts directs ou indirects à servir. Juste la volonté de nommer les choses pour ce qu’elles sont, en bien ou en mal, bonnes ou mauvaises. C’est ce qui fait notre force, notre liberté absolue.

Et cette liberté de tout dire, sans fard, sans calcul est inexpugnable. Nos critiques sont sans concession, car nous n’avons aucun intérêt à en faire. Ni l’amitié, ni un quelconque calcul financier ou de pouvoir ne nous baillonneront, pour la simple raison que le BDO n’a besoin de personne ni de rien pour exister. De rien, oui, de zéro euro. Le BDO a d’emblée développé une véritable économie autonome et « décroissante » : Le Bruit du Off ne coûte rien, c’est un média exclusivement en ligne, il n’a pas de bureaux, n’a aucun frais de fonctionnement. Ses chroniqueurs ont tout de suite accepté de « piger » gracieusement, de manière entièrement bénévole, y compris ceux dont c’est le métier. En fait le BDO ne coûte rien, et ne produit aucune « richesse » capitalistique, aucune plus-value. C’est notre secret et c’est notre force. Le BDO ne vaut rien sur le « marché » des médias. Il est résolument « décroissant », sa rédaction est entièrement collégiale, son fonctionnement définitivement coopératif.

La preuve que l’on peut exister et se développer -vous êtes plus de 280 000 lecteurs à nous suivre chaque mois de juillet- sans verser dans de sordides considérations néo-libérales, ni donner dans les jeux de pouvoir qu’affectionnent tant les milieux culturels, institutionnels ou non. En deux mots, on peut être sereins, car libres sans limites. Il ne peut rien nous arriver. Personne ni rien ne nous fera renoncer à notre « mission »…

Nous en sommes très heureux et plus forts, grâce à vous. Nous vous remercions infiniment, chers lecteurs, de votre fidélité et de votre assiduité qui nous portent depuis tant d’années.

Excellent festival 2017 à vous,

La rédaction.

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