AVIGNON OFF : « MARGINALIA », POE REVISITE A L’ENTREPÔT

LEBRUITDUOFF.COM – 14 juillet 2017

AVIGNON OFF : « Marginalia » d’après Edgar Allan Poe – Mise en scène : Gaëlle Boghossian – L’Entrepôt à 13h30 (relâche les 10, 17 et 24 juillet)

Le Collectif 8, bien connu du Festival Off pour avoir présenté avec succès « L’Homme qui rit » de Victor Hugo et « La Religieuse » de Diderot au Théâtre du Chêne Noir, propose cette année de nous immerger dans l’univers vertigineux d’Edgar Allan Poe en adaptant « Double assassinat dans la rue Morgue », une nouvelle écrite en 1841, sans doute à l’origine des romans policiers modernes.

La pièce met en scène deux protagonistes, l’extraordinaire et peut-être un peu fou Chevalier Charles Auguste Dupin et son ami, narrateur de l’histoire et admiratif du Chevalier. Ce duo ne manque pas de rappeler Sherlock Holmes et le docteur Watson, bien connus du genre et vraisemblablement inspirés à Arthur Conan Doyle par les personnages d’Edgar Poe.

Dans un premier temps Dupin développe avec brio son extraordinaire esprit d’analyse, son sens de l’observation et les mécanismes de sa pensée hors du commun. Il se lance ensuite dans une démonstration talentueuse d’une précision diabolique. Le raisonnement est vif, rigoureux, impressionnant de maîtrise, à la fois intuitif et analytique et aboutit bien sûr à une élucidation brillante et incontestable du double crime. La démonstration est bluffante, le rythme soutenu de bout en bout et il faut s’accrocher pour tenter de suivre ces prouesses intellectuelles.

Les deux protagonistes évoluent dans une sorte de boîte en planches au travers desquelles filtrent des rais de lumière et qui sert de support à des projections d’images ou de vidéos du Paris de l’époque. Cet espace confiné et clos, un peu comme un écrin ou une boîte crânienne, constitue un cadre propice à la réflexion et la concentration intenses auxquelles se livre Dupin.

Comme dans les précédents spectacles du Collectif 8, la mise en scène de Gaëlle Boghossian fait appel à des moyens audiovisuels recherchés, pertinents et parfaitement maîtrisés. L’ensemble du spectacle se déroule à un rythme effréné avec une précision millimétrée, tout à fait en phase avec l’agilité intellectuelle et la précision de Dupin. Le texte est spirituel, précis, parfois drôle et poétique et, en ces temps de simplification et d’approximation du langage, on retrouve avec délice un français oublié dans lequel on n’hésite pas à recourir à l’imparfait du subjonctif pour apporter la précision nécessaire au discours du Chevalier.

L’interprétation de Fabien Grenon, l’ami admiratif, et de Paulo Correia, qui campe un virevoltant et convaincant Dupin, est tout à fait cohérente avec ce texte parfois délirant et avec les options audiovisuelles de la mise en scène. N’hésitez donc pas à franchir les remparts pour rejoindre le théâtre de l’Entrepôt afin de découvrir ce spectacle rafraichissant et faire travailler vos petites cellules grises comme dirait Hercule Poirot, digne descendant du Chevalier Dupin.

JLB

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