« ON NE VOYAIT QUE LE BONHEUR », LE PARDON EST-IL TOUJOURS POSSIBLE ?

LEBRUITDUOFF.COM – 16 juillet 2017.

ON NE VOYAIT QUE LE BONHEUR – Théâtre Actuel – Rue Guillaume Puy – du 6 au 30 juillet – 10h15

Le pardon est-il toujours possible ?

Une atmosphère zen règne dans la salle lorsque l’on entre. Chants d’oiseau et bruit du ressac, rideau blanc agité par une légère brise. Sentiment de calme et de sérénité également dans le pas de deux de Gregory Baquet et Muriel Huet des Aunay

Antoine, la quarantaine, est expert en assurance. Il fixe le prix d’un vie pour les victimes d’accident de voiture, le montant de l’indemnité. cynisme. Il dresse de lui-même un portrait peu valorisant : un être lâche, sans consistance, père de famille, trompé par sa femme qui a une situation meilleure que la sienne. Un jour il laisse parler son empathie pour une victime de vol de voiture et remet un rapport falsifié. Il est licencié. Un raté. Mais cela lui permet de passer plus de temps avec ses enfants. Las d’être lui-même pris pour un imbécile il se retourne sur sa vie, se demande ce qu’elle vaut vraiment.

Cette adaptation du roman de Grégoire Delacourt qui raconte toute l’horreur d’une tragédie familiale, met l’accent sur l’adolescence, moment important de la construction de soi. Elle est explorée au travers de deux personnages : Joséphine, et Antoine. sans reprendre complètement la trame du livre, la pièce entremêle le récit d’Antoine et celui de Joséphine. Gregory Baquet donne à antoine sa sensibilité. sa fragilité. dans une première partie il raconte une vie de misère affective, de mensonges, de non-dits, de lâcheté, sa souffrance d’avoir reproduit le schéma de son enfance. sa descente en enfer jusqu’à son geste irréparable, est entrecoupée d’interventions de Joséphine. on suit son évolution du drame jusqu’à la réconciliation. Muriel Huet des Aunay est éblouissante.

Le duo de comédiens et la mise en scène fluide rendent toute l’intensité dramatique du texte. Pas d’artifice pour sombrer dans le mélo. Une adaptation sensible d’un drame du manque d’amour et du manque de démonstration affective. Muriel Huet des Aunay et Grégory Baquet sont éclatants, bouleversants. Ils touchent au coeur dans ces parcours vers le pardon et la réconciliation, parsemés de colère, de rage, de doutes, de désespoir, de remords.Ssans complaisance c’est une réflexion introspective qui prend de la distance par rapport à la violence du drame, laissant le spectateur secoué par des émotions contradictoires. Une adaptation sensible et bouleversante.

Christine Eouzan

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One Response to “« ON NE VOYAIT QUE LE BONHEUR », LE PARDON EST-IL TOUJOURS POSSIBLE ?”
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  1. […] Il semblerait qu’en Avignon, le bonheur ait deux noms. Murielle Huet des Aunay. Et Grégori Baquet. Quel bonheur ! https://lebruitduoff.com/2017/07/16/on-ne-voyait-que-le-bonheur-le-pardon-est-il-toujours-possible/ […]



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