AVIGNON OFF : « SALIR », FAIRE APPARAÎTRE LE CORPS AMOUREUX

LEBRUITDUOFF.COM – 7 juillet 2018

AVIGNON OFF 18. « SALIR… smear, frottis, sbavatura, abstrich… » – Chorégraphe, metteurs en scène, interprètes : Clara Prieur, Corinne Spitalier – Théâtre les Hauts-plateaux (Manutention) – A 19h45 du 6 au 29 juillet – Relâches : 11, 18, 25 juillet.
Spectacle recommandé

En fond de scène, sur un écran blanc, l’ambiance d’une discothèque propice à la danse, l’alcoolisation, la rencontre. Sur scène, une jeune femme s’agite fébrilement au son de la musique.

C’est comme une pulsation désordonnée qui s’empare de cette femme. On se doute bien qu’il s’est passé quelque chose…mais quoi. L’introduction d’une deuxième personne va, progressivement, amener un peu plus de sérénité, jusqu’à être quasiment copie conforme avec la chorégraphie discordance de l’une d’elle.
Ont-elles quelques choses en commun?

Ces deux femmes semblent se tenir à l’opposé de la position de la victime, celle à qui on doit toujours quelque chose au nom de la souffrance passée, de l’indicible, et qui ne peut jamais en sortir car il y aurait trop à perdre.
A l’adolescence, c’est entre filles violées qu’on se parle…mais les comptines qu’elles se rabâchent, à l’envie, ne sont que pis aller…ce n’est pas toujours aussi facile……

Souffrir d’avoir souffert, non.
Une entraide, de faits, une même connivence, vont les lier inexorablement. Le corps de l’une est devenue indispensable au corps de l’autre . Lier leurs destins communs, à tout jamais.

Leurs corps en mouvement tentent de restituer, de désamorcer la haine, celle précisément qui tenaille le corps. Faire apparaître un corps « amoureux » dans l’assomption de soi et le dévouement à l’autre.

La chorégraphie et la mise en scène nous font découvrir la figurabilité modifiable du corps, c’est à dire rendre visible les différentes variantes de la difficulté de témoigner après le traumatisme, y compris lutter, incessamment, contre l’amnésie défensive afin de se réapproprier ce qu’on leur a pris…une partie de soi même à jamais volée…

La partition musicale de Othmane Laraki, le montage vidéo, mettent en exergue et soulignent la complexité de renouer avec les différents langages du corps.

Deux comédiennes, Clara Prieur, Corinne Spitalier, se livrent dans une performance de haute tenue. Formées à la danse contemporaine, au jazz, etc… la liste de leur qualité est très, très, longue. A voir, à revoir…

André Michel Pouly

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