« LA REVERENCE », THEÂTRE POLITIQUE QUI DONNE A PANSER NOTRE TEMPS

la révérence-©-Cie-Artscénicum

LEBRUITDUOFF.COM – 14 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « La Révérence » – de Philippe Chuyen et José Lenzini, avec la Cie Artscenicum et Francois Cotrelles, Morgan Defendente, Vanina Delanoy, et Therry Paul – Theâtre des Lucioles tlj sauf le 16/07.

Le début de la fin. Ce matin au théâtre des lucioles, à 10h 30, j’ai vu Massu en slip, fait une petite ballade en hélicoptère au dessus du Rhin, et plongé 50 ans en arrière dans les premiers soubresauts de la fin d’un capitalisme qui se meurt depuis trop longtemps.

Cinquante ans, que par à-coups le pouvoir subit les assauts d’une société qui n’en peut plus, n’en veut plus de ce système. Pourtant en 1968, la France est prospère, c’est à se demander pourquoi les gens se révoltent, le pouvoir a reconstruit une France d’après guerre traumatisée, pansé ses plaies, mis la France sur le droit chemin d’un capitalisme triomphant.

Mai 68 explose, et pendant six heures, au plus fort des émeutes, De Gaulle disparait. Sur le moment nul ne sait ou il s’est rendu, en quelques jours se nouent les conditions et les circonstances de son départ, de sa « révérence » aux Français.

Philippe Chuyen, José lenzini et la troupe d’Artscenicum ont reconstitué ces journées décisives, minutieusement, avec la précision que donne le recul. Chaque personnage est interprété au plus près de sa vraisemblance, une Yvonne énergique au tricot, un Charles digne, sobre, admirable dans la clairvoyance et la défaite, un Massu grassouillet, intègre et fidèle. Pompidou lui, mouton noir de l’histoire tire avec élégance son épingle du jeu, et quand à Cohn-Bendit, on mesurera pour ce personnage, la teneur des multiples vestes qu’il endossa et endosse encore et encore.

Au fur et à mesure que l’on est entrainé dans le récit, saute aux yeux un parallèle qui se construit avec notre temps et on comprend comment cet évènement s’inscrit dans les soubresauts de notre histoire et ô combien il serait savoureux de faire dialoguer De Gaulle avec un Gilet Jaune…

Mais de nos jours l’homme politique n’a pas le même charisme, la même solidité, la même prestance, et Macron auprès de ces géants parait un président minuscule. Du théâtre politique solide et documenté qui en exhumant le passé nous donne toutes les billes pour penser le présent.

Après une tournée triomphale au Congo, la compagnie Artscenicum joue aussi à guichets fermés un merveilleux spectacle qui panse les plaies des Algéries multiples dans une pièce qui agit comme un baume sur la conscience troublée des pieds noirs, des harkis, et ex colonisés de tout poil : « Les pieds tanqués » à 19h 15 (boulodrome de l’ile Piot, relâche les mardis.)

Claire Denieul

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