« JE N’AI PAS TOUJOURS DANSE COMME CELA », LA VIE DEVANT SOI…

pas-toujours-danse-ok-web

LEBRUITDUOFF.COM – 23 juillet 2019

AVIGNON OFF 19. « Je n’ai pas toujours dansé comme cela » – Bouba Landrille Tchouda – 16h05 à La Manufacture (St Chamand, jusqu’au 25 seulement.

Bouba Landrille Tchouda est un habitué du OFF. Assez vite, après la création de sa compagnie en 2001, comme l’un des représentants de la nouvelle génération de danseur-chorégraphe Hip-Hop en France, il est venu y présenter ses pièces dont sa création avec des danseurs brésiliens issus de la capoeira « Meia Lua » en 2010 notamment. Depuis, il est l’un des piliers de la programmation de La chapelle du Verbe incarné, théâtre entièrement consacré aux artistes des territoires d’outre-mer à Avignon et cette année il a fait coup double en investissant aussi La Manufacture avec sa nouvelle création « Des air(e)s d’anges » un quatuor vif qui a pris fin le 21 juillet pour laisser place pour la dernière semaine du OFF à un solo émouvant « je n’ai pas toujours dansé comme ça ».

Contrairement à « Autobiography » de Wayne McGregor présenté dans le Festival, Bouba Landrille Tchouda propose un vrai retour sur son passé, passé d’ailleurs que peu connaissent et qu’on découvre dans cette pièce où le danseur d’origine camerounaise décrit son parcours et renseigne sur ses origines comme sur les sources de sa danse, et c’est là que ce solo est particulièrement passionnant, comme une des multiples histoires de la grande Histoire de la danse hip-hop en France.

Avec une sensibilité touchante, un engagement physique qui annonce que le chorégraphe n’a rien perdu de ses qualités de danseur de Battle, déployant sur scène à l’occasion de ce solo une énergie admirable dans la chaleur suffocante de la canicule avignonnaise, Bouba Landrille Touchda décrit sa vie qui se trouve correspondre en tous points au développement d’une danse qui s’impose non seulement comme un art mais comme une communauté dans le monde, et qui forme un vrai réseau dont le chorégraphe arrivé frigorifié du Cameroun fait partie intégrante : le hip-hop…

En montrant toute l’évolution de sa danse, en s’appuyant aussi sur les personnages qui ont marqué sa vie tels Colette, Henri et Jean-Claude (Gallotta), il fait mouche et touche avec des mots justes qu’il livre avec une aisance inattendu, comme un comédien, sauf que là, c’est sa vie, se sont ses forces et ses faiblesses qu’il livre…

Sorte de conférence dansée de sa vie et de son art, Bouba Landrille Tchouda ne tombe pas dans le pathos et on suit le fil narratif animé et la danse engagée qui en découle avec empathie.

Cette petite heure avec le chorégraphe nous permet de mieux le connaître et d’être encore plus sensible à ce choix de mixité de danse qui caractérise son travail et qui le porte dans le monde entier… Ne le ratez pas, vous ne le comprendrez que mieux !

Emmanuel Serafini

Publicités

Attention, nos commentaires sont modérés : pas d'auto-promo ou de pub déguisée, ça ne passera pas. Pas plus bien sûr que les insultes. Merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • J’Y VAIS / JE FUIS

  • LE BRUIT DE LA BOUCHE

  • mots-clefs / tags

  • Chercher par artiste ou catégorie