« ANGELS IN AMERICA », LA PART DOULOUREUSE DES ANGES

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lebruitduoff.com – 23 juillet 2021

AVIGNON OFF 2021. « Angels in America » – m.e.s. : Philippe Saire – à La Manufacture (patinoire) jusqu’au 25 juillet 2021 – durée 2h30.

L’Amérique des années 80 sous Reagan, mais surtout le début du SIDA faisant son apparition dans la population homosexuelle, les vies des personnages s’entrecroisent où chacun tente de se sortir au mieux de sa situation amoureuse délicate.

Dans le texte de Tony Kushner, plusieurs histoires amoureuses sont présentées, le héros Prior Walter, séropositif, visité par ses anges et son compagnon Louis qui le quitte par peur de la maladie, Harper en permanence sous valium pour anesthésier un mariage convenu avec Joe qui est homosexuel, l’avocat Roy Cohn impliqué dans des scandales politiques et financiers est homophobe, Belize lui est un infirmier noir et drag-queeen. Tous ces personnages souffrent d’une situation amoureuse désespérée.

Sur scène, de grands panneaux de bois peints en noir tels de hauts buildings qui s’écartent au rythme des scènes de la pièce. C’est donc en bord de plateau que l’avocat démarre le spectacle, entouré de nombreux téléphones qui ne cessent de sonner. Magouilleur, il ne sait plus où il en est dans ses mensonges, son assistant Joe ira ensuite rejoindre sa femme qui l’attend tous les soirs pendant des heures. Pour ce couple mormon chacun a trouvé son échappatoire pour fuir la vie à deux, il est homosexuel et ne peut satisfaire sa femme alors elle se tourne vers le valium afin de cesser de souffrir de cette situation. En même temps sur scène, Prior Walter annonce à son compagnon Louis qu’il est atteint du SIDA, le couple se sépare et Prior va devoir affronter sa maladie seul. Nous assistons au déclin lent de ce séropositif qui fera de nombreux séjours à l’hôpital, assommé par le traitement, rêvant ses anges lui rendant visite.

Cette version de « Angels in America » donnée par le danseur chorégraphe suisse Philippe Saire qui signe sa première mise en scène théâtrale, propose un rythme cadencé et une certaine légèreté, tout en n’occultant pas les parties tragiques où le dialogue est poignant et acerbe. Les personnages passent de l’étreinte au rejet de l’autre, chacun d’entre aux doit faire face aux passages de solitude sombres, à une remise en question de la société dans laquelle il évolue, celle des années reaganiennes marquées par les inégalités croissantes, alors que sa politique tend vers le renouveau. Cette situation oppose les parties qui face au SIDA voudraient revenir aux anciennes traditions.

Philippe Saire, offre une première partie où les personnages vont se rejeter la faute mutuellement, puis dans la seconde faire des compromis pour vivre ensemble et accepter les différences de tous genres.

Une très belle réussite pour ce spectacle joué par une troupe pleine d’énergie pendant ces 2h30.  Le visuel prend une part importante face au texte percutant où les comédiens n’ont de cesse de surprendre et d’envouter.

Béatrice Stopin

Photo Philippe Weissbrodt

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