« LA DIVERSITE EST-ELLE UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT… » : QUI N’EST PAS COMME LES AUTRES ?

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lebruitduoff.com – 26 juillet 2022

AVIGNON OFF 2022. La diversité est-elle une variable d’ajustement… – Métie Navajo / Amine Adjina / Gustave Akakpo – Le 11 Avignon – Jusqu’au 29 juillet.

QUI N’EST PAS COMME LES AUTRES ?

Dans le OFF d’Avignon, il y a toujours des surprises…

La première, c’est lorsque qu’une/un chargé(e) de diffusion, de presse… dans la/lequel on a confiance vous dit : « mais tu n’as pas encore vu tel spectacle ou tel autre », qu’on finit par y aller et que c’est un de ces bons moments dont on se dit : si je ne l’avais pas écouté(e), je l’aurais loupé !

L’autre surprise possible, c’est la forme du spectacle… Il y a les classiques avec, comme le disait dans un message facebook post festival Phia Ménard, un début, un milieu une fin, et puis ceux qui proposent des formes originales… Avec « La diversité est-elle une variable d’ajustement », on est dans la seconde catégorie, à savoir très originale puisque les trois artistes Métie Navajo, Amine Adjina, Gustave Akakpo reconstituent une tribune, celle des grands messes politiques ou des conférences internationales, ou des procès staliniens (allez savoir ? !), avec cette longue table où sont posés micros et réglettes avec les noms des personnes qui vont intervenir… Il n’y a pas donc pas de décor chatoyant et de chevaux sur scène… On sait donc qu’on va avoir le droit à quelque chose de sérieux puisque, au lointain, sur un cyclo blanc, il y a un message « la diversité est-elle une variable d’ajustement pour un nouveau langage théâtral non genré multiple et unitaire »… si c’est ce n’est pas un programme, alors qu’est-ce que c’est ?

Surprise encore, les interprètes sont « le plus » de tous les spectacles et on a vu, au 11 aussi, de très bons textes sabotés par un/des comédiennes/diens peu inspiré(e)s… Là, ce sont carrément les/des auteurs qui jouent leur/des texte(s) et ils sont très bons…

Je vous vois venir, vous vous dites, une tribune, un slogan : ça va être chiant… raté, c’est passionnant et plein d’humour car, non contents d’être de très bons comédienne et diens, l’amérindienne Métie Navajo, le franco-algérien Amine Adjina, et le réfugié Togolais Gustave Akakpo savent manier l’humour, la dérision et les lieux communs dont, on ne doute pas, vu leurs couleurs et/ou leurs origines, qu’ils en ont souffert…

Donc « La diversité » est au cœur de leur écriture, mais aussi de leurs préoccupations et ce trajet douloureux jusqu’à la reconnaissance de leurs pairs, ils en parlent avec lucidité, sans ménager nos susceptibilités.

Et les questions fusent : auteur(e/s) français, africains, musulmans, étrangers ? Auteurs. Point, répondent-ils mais aussi français et Amine Adjina de dire qu’il est Français depuis de nombreuses générations puisque depuis 1830, l’Algérie est française et le sera jusqu’à son indépendance en 1962… ça fait réfléchir… ça fait réfléchir aussi lorsqu’il raconte qu’un membre de sa famille était ami avec le père d’un certain Eric Z, lui-même venu d’Algérie et qui craint le grand remplacement… Schizophrénie, quand tu nous tiens…

Les trois artistes posent calmement de bonnes questions, loin des tv et des réseaux sociaux et rien que pour cela, qu’ils soient remerciés de leur initiative ce d’autant plus que, sans céder à une mode, mais pour le simple besoin de clarifier leurs propos, le spectacle est interactif et même, comme chez Robert Hossein naguère, on vote…

Et de se dire qu’à un moment donné ce geste simple et ce mécanisme ancien qui s’appelle la démocratie permet de savoir et de déterminer « ce qui fait communauté ».

Les trois artistes réalisent une agora contemporaine, en reprenant les fondamentaux de nos ancêtres gréco-romains et font la démonstration de l’utilité de ce processus sans que les partis, en l’occurrence, politiques ne s’en mêlent… Ils décrivent les déviances d’un modèle qui laisse de plus en plus la place au médiatique et au sensationnel…

Quelques lieux communs démontés, on repense à ce spectacle et à cette maxime africaine que Gustave Akakpo nous livre : « le soleil ne saute pas un village parce qu’il est petit… » Le message est passé et la question de comment « toucher l’autre, sentir l’autre le révéler » est posée et laissera quelques traces dans la mémoire des spectateurs qui y seront allés, on espère pour vous que vous en serez…

Emmanuel Serafini

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