« RUMBA », PARKING DE L’HUMANITÉ 

lebruitduoff.com – 14 juillet 2026

RUMBA – David Murgia – Texte Adriano Celestini – Les Doms – 4 au 25 juillet 19h45 – Relâche les 15 et 22.

Rumba. Dont le titre complet est « l’âne et le bœuf de la crèche de St François sur le parking du supermarché. Vaste programme ! 

Alors ce serait une route quelque part entre Avignon et La Ciotat. Noël dans l’hiver des étoiles qu’on n’arrive pas à compter. Ce serait aussi le chemin de François. François d’Assise. Fils de noblesse italienne. Il parlait aux oiseaux. Pauvre parmi les pauvres après son renoncement total à une vie de tous les plaisirs. 

Un parking de supermarché. Triste et glauque. Un acteur et un musicien en mal de public. Fauchés comme des blés pas mûris. Alors si les pèlerins pouvaient ! Le spectacle pourrait… Et toutes ces étoiles qu’il faudrait arriver à compter. 

Le récit coule. Long fleuve de mots. Qui dansent qui dansent. Incessants. Enveloppants. Captivants. Et tous ces noms de la Bible qui viennent traîner par là ! Job. Illettré magnifique qui déchiffre le mot toilettes du bout des doigts avant d’aller y mourir. Superbe image. Joseph. Venu d’Afrique. Ex fossoyeur et clochard céleste s’il en est. Miraculé de la mer. Où d’autres, tellement d’autres sont à jamais coulés. La putain comme une Marie-Madeleine. Le gitan si suspect. La vieille à la tête embrouillée. Et d’autres. Et le récit qui se fait. François comme un guide des paumés. Des derniers de cordée. Des cassés pour compte. Toute la marge du monde. Qui défile royale devant ce rideau rouge de théâtre. De fierté. Devant cette fresque de François naïve et pleine de foi humaine. Ponctuée des musiques de Philippe Orivel. Des destinées de pauvres. Et des rejetés du monde. Cocasses et cassés. Le chemin est long. Tortueux. L’histoire se multiplie. Démultiplie. David Murgia est sidérant. Les mots l’emplissent tout entier tandis qu’il nous les offre. Avec talent. Bonheur. Généreux. Avec humour et tendresse. Avec des cris parfois. Dire la haine sans haine. 

Alors pour survivre il faut s’inventer des religiosités. Et dire l’aujourd’hui en passant. Alerter semblant de rien. Comme un amuseur planqué sur un parking de supermarché. Et qui compterait les étoiles. C’est beau. Puissant. Émouvant. Et drôle. L’envie soudain d’un combat pour un monde plus étoilé encore. Plus juste. Plus équitable. Plus humain. Plus. Alors se perdre dans cette Rumba fantastique. Sur le parking. Il n’y aura pas de pèlerins au spectacle. Il y aura une crèche. Un âne. Un bœuf. Noël. Sans d’où un peu de lumière dans la nuit.

Arthur Lefebvre 

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