« KATSUJIN KEN », LE SABRE QUI DONNE LA VIE

lebruitduoff.com – 15 juillet 2026
KATSUJIN KEN – Yan Allegret et Stéphane Facco – Compagnie (&) So Weiter – Théâtre Transversal – Du 4 au 25 juillet à 14h00. 1h20 – Relâche les mercredis.
Un dojo blanc. Deux sabres japonais et une branche. Fichés dans des plots. Blancs aussi. Une scène de théâtre. Les deux à la fois. Voyage entre deux mondes : le théâtre et l’aïkido. Deux espaces « quand l’humanité choisit la représentation de la violence par l’art du jeu et du combat, plutôt que de laisser cours à la guerre et à la sauvagerie ». C’est le parti-pris de Yan Allegret qui nous accueille dans son parcours en toute simplicité et bienveillance. Partagé entre ces deux passions, il va de l’un à l’autre au fil du récit. Avec simplicité. Humour et légèreté. Parfois un peu bavard dans ce désir de transmettre un art et une philosophie. Un art qui peut être aussi « violent » mais jamais « brutal. » Différence fondamentale de vocabulaire énoncée par Jean Genet figure notoire du théâtre. Que Yan Allegret nous précise au passage. D’autres grandes figures du théâtre et des arts de combat viendront se glisser dans le récit. De Bruce Lee au grand metteur en scène Claude Régy. De Mike Tison à Valérie Dréville (merveilleuse actrice par ailleurs présente au festival In). Curieux cousins d’une même aventure commencée tout enfant, poursuivie au long des années lycée. Le fil des années court jusqu’aux voyages au Japon. Ses découvertes et ses fulgurances. Quand le sabre devient l’objet de cette infinie passion. Quand la passion se raconte sur une scène de théâtre. Avec ce rapport au public direct. Tutoiement compris. Une sorte de dialogue improvisé. Un jeu pour dire la force d’un art. Martial en l’occurrence. Jouer c’est aussi jouer avec le public dans des exercices peut-être un peu trop longs.
Bokken en main, douceur de voix et pédagogue, nous cheminons avec lui dans ce voyage du sabre. Sobrement mis en scène. En espace devrait-on dire. Quand le sabre vibre dans le silence. Comme un souffle de vie. C’est beau. Et puissant. « Une forme de liberté inaliénable de l’humain » pour ce généreux acteur-aïkidoka. Généreux il l’est aussi quand il invite Manon Soavi à nous rejoindre. Un dernier moment dans le geste martial pour parfaire ce sensible voyage au pays du sabre. Du sage devrait-on peut-être ajouter.
Arthur Lefebvre
Photo François Loupien





























