« MALGRÉ LA DISTANCE QUI NOUS SÉPARE », L’AMOUR FILIAL EN MAJESTÉ

lebruitduoff.com – 16 juillet 2026

« Malgré la distance qui nous sépare » – Ecriture et Interprètation Frédérique Roudier -Mise en scène Camille Prioul – Le Transversal – du 4 au 25 juillet 2026 – 12h20 durée 1h15 – relâche les mercredis 15 et 22 juillet.

C’est dans une ambiance feutrée et intimiste que se déroule ce seule-en-scène. Frédérique Roudier y raconte l’histoire de son père et de leur relation profondément fusionnelle. Directeur de théâtre dans sa petite ville, cet homme libre, passionné et aimé de tous est, pour elle, un véritable héros. Puis survient l’AVC, mais est-on un jour prêt à voir celui que l’on aime disparaître si brutalement alors même que son corps est toujours là ?

Pour seul accessoire, un cube suffit à faire naître les différents lieux de cette traversée. La comédienne s’approprie pleinement l’espace et fait revivre les souvenirs heureux comme les étapes les plus douloureuses de ce parcours, du service de réanimation aux week-ends passés chez sa fille, jusqu’à l’entrée en EHPAD. Dans une mise en scène sobre et intimiste, chacun de ses gestes accompagne le récit et prolonge les mots, renforçant l’immersion du spectateur dans ce récit intime.

Avec une grande sensibilité, Frédérique Roudier raconte ce paradoxe déchirant de continuer à rendre visite à un père qui ne reconnaît plus sa fille, jusqu’à devoir accepter de prendre de la distance avec celui qui est devenu un inconnu. Une décision douloureuse, mais nécessaire pour continuer à avancer. Pourtant, il demeure présent autrement, à travers les valeurs qu’il lui a transmises, son éducation et les souvenirs qui continuent de l’accompagner malgré la distance.

Frédérique Roudier impressionne par la justesse de son interprétation. Sans jamais chercher à forcer l’émotion, elle fait revivre chaque étape de ce parcours avec une délicatesse qui touche profondément. Au-delà de la réflexion sur la fin de vie, Malgré la distance qui nous sépare est avant tout une magnifique déclaration d’amour d’une fille à son père. Porté par une interprétation d’une grande sincérité, ce seule-en-scène ouvre avec délicatesse un débat nécessaire et mérite pleinement d’être découvert. L’émotion qui traverse la salle naît avant tout de cet amour immense qui rappelle que certains liens demeurent intacts, même lorsque la maladie semble avoir tout emporté.

Béatrice Stopin

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